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AFP. Tous droits réservés.
Date de publication: 25 Janvier 2002.
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LIBREVILLE, 25 jan (AFP) - 17h46 - Le gouvernement gabonais, excédé par une grève "illimitée" des enseignants du supérieur, dont il affirme avoir satisfait les revendications, a ordonné la fermeture "jusqu'à nouvel ordre" et "l'évacuation des campus" des deux pôles universitaires du Gabon.
Ces mesures concernent l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville et l'Université des Sciences et techniques de Masuku (USTM), située à Franceville (sud-est), qui comptent 627 étudiants pour plus de 12.000 étudiants, selon le communiqué final d'un Conseil des ministres rendu public vendredi matin.
Outre leur fermeture et leur évacuation, le gouvernement a ordonné "l'acheminement des étudiants dans leurs localités", à l'issue d'un Conseil des ministres présidé jeudi par le chef de l'Etat, Omar Bongo.
La plupart des étudiants de la capitale encore présents sur le campus de l'UOB ont commencé, vendredi matin, à libérer leurs chambres et emporter leur effets, sans incident notable, a constaté un journaliste de l'AFP.
Un important détachement de gendarmes en tenues anti-émeute a pris position aux abords de l'Université de Libreville.
Mardi, la gendarmerie avait dispersé aux gaz lacrymogènes une manifestation d'étudiants qui avaient riposté par des jets de pierres.
Ces derniers protestaient contre les risques d'"année blanche" que leur fait encourir la "grève illimitée" de leurs professeurs qui réclament de meilleurs conditions de travail.
Le Collectif des enseignants et chercheurs des deux pôles universitaires du Gabon avait appelé le 20 janvier à la poursuite du mouvement, rejetant un appel des autorités au patriotisme et à la reprise immédiate des cours.
Le gouvernement gabonais, qui a présenté vendredi midi sa démission, prévue par la Constitution au lendemain d'élections législatives, a motivé ses décisions draconiennes par une "grave situation de blocage, de nature à aggraver les dysfonctionnements de nos universités et à nuire à leur crédibilité nationale et internationale".
Il a rappelé qu'entre autres mesures, il avait procédé à "la régularisation, au plan administratif, de chaque enseignant", et augmenté un certain nombre de primes de "manière substantielle".
Il a également souligné, qu'il y a deux ans, lors de la dernière grève des enseignants, il avait satisfait leur principale revendication, "le maintien de l'élection des chefs d'établissements".
Tapant du poing sur la table, le gouvernement gabonais a fait machine arrière jeudi soir en instituant la nomination par décret des présidents d'Université.
Il a également intimé aux enseignants et chercheurs de signer de nouveaux contrats de recrutement dans un délai d'un mois, "faute de quoi, ils seront considérés comme démissionnaires".
"Le gouvernement ne discutera plus qu'avec les syndicats et partenaires sociaux légalement constitués", et "tous les collectifs existants sont dissous", a-t-il encore tranché.
La fermeture des universités est "un acte grave" derrière lequel "on verra surtout la volonté du gouvernement de revenir sur l'élection comme mode de désignation des chefs d'établissement", a réagi le président du collectif des enseignants du supérieur.
Dénonçant la "reprise en main" du contrôle des Universités par le gouvernement, Jean-Rémy Yama a démenti que les revendications des enseignants aient été satisfaites et a accusé les autorités d'avoir quitté la table des négociations le 18 janvier.
Les années universitaires sont régulièrement perturbées au Gabon par des mouvements sociaux.
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