Section: Divers
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AFP. Tous droits réservés.
Date de publication: 25 Janvier 2002.
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LIBREVILLE, 25 jan (AFP) - 16h53 - De l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, encerclée par un imposant dispositif de gendarmerie, sortent des files de véhicules chargés jusqu'au toit des affaires des étudiants qui, sur ordre du gouvernement, évacuent leur établissement.
Devant les murs défraîchis des bâtiments de la cité universitaire s'amoncellent meubles, vaisselle, réfrigérateurs, télés, ventilateurs, que les étudiants empilent tant bien que mal dans des voitures de parents ou des taxis.
La plupart se sont résignés à respecter la décision adoptée jeudi soir par le Conseil des ministres, ordonnant la fermeture des deux universités du Gabon et leur évacuation, en raison d'un conflit persistant entre le gouvernement et les professeurs du supérieur.
"On part. On n'est pas d'accord, mais on est obligés", explique Pierre, 29 ans, étudiant en maîtrise de droit. Après avoir appris la nouvelle dans la matinée, il a commencé, comme les autres, à vider sa chambre pour regagner son domicile. Mais tous n'ont pas cette possibilité.
"Moi, je suis dans une situation délicate, je suis de Mekambo (500 km à l'est de Libreville)", explique Kaas, en maîtrise de sociologie, quand on lui demande s'il part. "Je n'ai pas la force de plier mes affaires. Pour les emmener où?"
Si la décision du gouvernement prévoit "l'acheminement des étudiants dans leurs localités", pour l'instant rien n'a été organisé pour ceux qui ne sont pas originaires de la capitale.
Un étudiant natif de Mimongo (330 km au sud-est de Libreville), contraint lui aussi de rester, s'inquiète: "Le restau U est fermé, on n'a pas reçu les bourses, on fait comment?"
La situation des étudiants étrangers est particulièrement critique. Des Comoriens, dont le pays n'a pas d'ambassade au Gabon, sont livrés à eux-mêmes. Ils disent avoir reçu des gendarmes l'assurance qu'ils pourront rester, mais ils emmènent tout de même leurs biens de valeur chez des amis librevillois.
D'autres étudiants, regroupés devant un bâtiment, ont volontairement choisi de rester: "On ne peut pas abdiquer comme ça, on ne capitule pas, on va se défendre", assure Paul, 26 ans, étudiant en droit, concédant que la majorité plie bagage.
"Il devient difficile de mobiliser les étudiants; Ils sont plus préoccupés par leur déménagement que par autre chose", regrette Guy-Roger Nghogo, membre de FORCE (Fraction organisée pour la restauration de la contestation étudiante), qui dénonce un "climat de psychose et d'intimidation".
Un important dispositif de gendarmes en tenue anti-émeutes, matraque à la main et kalachnikov en bandoulière, est déployé à l'entrée du campus. Selon la rumeur, ils ont donné jusqu'à midi pour évacuer. "De l'intimidation", estiment certains, rappelant que le gouvernement n'a fixé aucun délai.
Au milieu des résignés, certains affichent leur colère, n'hésitant pas à critiquer le président Omar Bongo, qui fait "10 fois le mandat américain" et un "système (qui) ne fonctionne plus".
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