Le gouvernement gabonais a fermé à compter de vendredi et jusqu'à nouvel ordre le plus grand lycée du Gabon, le lycée technique national Omar Bongo (LTNOB), en vue de mettre fin à quatre jours de violences entre les établissements scolaires qui agitent Libreville depuis lundi."La principale décision qui a été prise a été de fermer cet établissement (le LTNOB, ndlr) pour une durée indéterminée", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement gabonais, René Ndemezo' Obiang, à l'issue d'une réunion ministérielle autour du Premier ministre, Jean François Ntoutoume Emane, jeudi, tard dans la soirée.
"La réouverture dépendra de l'attitude des élèves de cet établissement", qui en compte près de 6.000, a-t-il précisé, avertissant qu'instruction avait été "donnée aux forces de sécurité (...) de faire régner l'ordre" et que tout attroupement serait dispersé.
Vendredi dans la capitale gabonaise, aucun regroupement d'élèves n'a été constaté ou rapporté.
Le calme régnait dans les principaux établissements secondaires de Libreville, et la circulation sur la voie express, perturbée depuis quatre jours par les lycéens du LTNOB, était fluide, a constaté une journaliste de l'AFP, qui n'a pas remarqué de déploiement particulièrement massif de forces de l'ordre.
"Depuis les mesures arrêtées par le gouvernement, la situation est calme sur l'ensemble de la ville (...) il n'y a pas de regroupement", a confirmé le porte-parole du gouvernement, René Ndemezo'Obiang, à l'AFP.
"Ce (vendredi) matin, les bus en direction d'Owendo (commune de Libreville sur laquelle est située le LTNOB) ont été systématiquement fouillés (...) et les élèves du lycée technique qui y ont été trouvés ont été priés de regagner leur domicile", a-t-il expliqué.
Les endroits susceptibles de devenir des lieux de regroupement sont "particulièrement surveillés" et un dispositif "discret" a également été mis en place autour des établissements secondaires de Libreville, a-t-il confié.
Les violences avaient commencé le 19 janvier avec une descente musclée, ayant pour origine probable une rixe entre élèves des deux établissements, de plus d'une centaine d'élèves du LTNOB sur le collège évangélique de Melenkm à l'est de Libreville), au cours de laquelle ils avaient agressé des collégiens et saccagé du matériel, notamment des ordinateurs.
Les jours suivants, empêchés de retourner à Melen par les forces de l'ordre, les lycéens avaient envahi la voie express de Libreville et bloqué la circulation, avant de vandaliser un autre établissement, l'Ecole professionnelle d'informatique (EPI), située en bordure de route.
Plusieurs "marcheurs" étaient porteurs de gourdins ou barres de fer, et certains d'entre eux ne portaient pas la chemise bleu ciel, uniforme du lycée technique, selon des témoignages concordants.
Le lendemain, les forces de l'ordre en s'interposant avaient empêché de justesse une bataille rangée, les élèves de l'EPI ayant tendu, en représailles, un guet-apens sur la voie express à leur homologues du LTNOB.
Au moins onze élèves ont été blessés au cours de ces quatre jours.
Outre de multiples échauffourées entre élèves, des policiers ont été également blessés, des passants agressés et sept bus de la Société publique gabonaise de transports Sogatra ont été "gravement endommagés", selon le gouvernement.
Le ministre de l'Education nationale, Daniel Ona Ondo, entamera vendredi après-midi une série de réunions avec les responsables du lycée technique et les chefs de classe (représentants des élèves) pour "savoir comment la mesure est perçue, l'expliquer, et évaluer selon l'état d'esprit des élèves, la durée prévisible de la fermeture", a expliqué M. Ndemezo'Obiang.
"On peut rouvrir dans une semaine comme dans plusieurs", a-t-il indiqué, qualifiant de "scénario-catastrophe", mais n'excluant pas, une fermeture de plusieurs mois.