Un homme grièvement blessé est resté au moins une demi-journée gisant dans la rue, à l'entrée du Centre hospitalier de Libreville (CHL), sans que le personnel hospitalier ou un passant ne lui vienne en aide, a rapporté le quotidien L'Union vendredi.
Selon le quotidien qui publie des photos, l'homme d'une trentaine d'années gisait jeudi à demi-conscient dans le caniveau, porteur de blessures à la tête vraisemblablement consécutives à des coups.
L'homme, dépourvu de pièces d'identité, était probablement là depuis tôt dans la matinée et, à la mi-journée, son sort n'avait "pas suscité la commisération de la part du personnel médical du CHL", écrit le journaliste de l'Union qui s'est déplacé sur les lieux.
De nombreux badauds étaient pourtant rassemblés autour de lui à l'entrée de l'hôpital, selon le quotidien gouvernemental.
"Nos services ont été alertés par des passants. Ils ont été surpris, parce qu'ils ne savaient pas ce qu'il y avait. C'est à la suite de cela qu'ils sont intervenus" en début d'après-midi, a expliqué vendredi le ministre gabonais de la Santé, Faustin Boukoubi, à l'AFP.
"Il n'y a pas eu de dysfonctionnement", a-t-il assuré, estimant que cette affaire "n'était pas imputable au personnel" du CHL.
Selon L'Union, l'homme était soit victime d'une agression, soit un voleur "puni" de manière expéditive comme cela est courant dans les grandes villes d'Afrique.
Aucun responsable du CHL n'a pu être joint vendredi pour commenter cette affaire ou donner des nouvelles sur l'état de santé de cet homme.
Le CHL, plus important hôpital du Gabon, jouit d'une réputation peu flatteuse, plusieurs témoignages faisant état de cas d'urgence non pris en charge car les patients ne pouvaient avancer d'argent pour leurs soins.
"C'est faux. Quand un patient arrive avec une urgence avérée, il est pris en charge avant toute chose", a démenti le ministre de la Santé à ce sujet.