Section: Economie
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La Lettre du Continent. Tous droits réservés.
Date de publication: 2 Octobre 1997.
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(La Lettre du Continent, n°290 du 02/10/97) - Elaboré depuis 1994 par une équipe de près de trente experts, le rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté au Gabon, qui vient tout juste d'être publié, est sévère. Les profondes distorsions sociales sont impitoyablement révélées avec des statistiques fiables qui n'admettent aucun débat et encore moins d'excuses. L'un des pays les plus riches d'Afrique, d'à peine un million d'habitants avec un PIB par personne de 4 975 $ (à comparer avec 2 530 $ en Afrique du Sud et 750 $ en Côte d'Ivoire), arrive quasiment en queue de peloton pour l'espérance de vie (53 ans contre 62 en Afrique du Sud), l'éducation et l'accès à l'eau et à l'électricité. Près de 20% de la population de Libreville et de Port-Gentil (soit 96 000 personnes) vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue avec 29 000 F CFA (environ 58 $) par personne et par mois.
Les inégalités entre les régions proches des centres urbains (Estuaire avec Libreville, Ogooué Maritime avec Port-Gentil et Haut Ogooué avec Franceville et Moanda) et les autres provinces, en particulier la Ngounié, la Nyanga, l'Ogooué Ivindo et l'Ogooué Lolo, sont encore énormes. Par exemple l'illettrisme, qui est sur l'ensemble du pays de 28% pour les hommes et de 50% pour les femmes, approche les 50% dans la Nyanga, la Ngounié et l'Ogooué Lolo. Un tiers de la population n'a jamais été à l'école. Dans ces mêmes régions, près de 80% des habitants n'ont pas l'eau courante contre 34% pour la moyenne nationale (15% à Libreville et 46% à Port-Gentil).
Sur les causes de cette pauvreté, les experts de la Banque mondiale expliquent que l'économie gabonaise est duale avec un retour en capital plus important que celui sur la productivité du travail. Ils préconisent un programme de diversification de l'économie, le développement du secteur privé avec une révision du code des investissements pour développer de nouvelles régions, l'assistance d'ONG pour développer des micro-projets, une nouvelle stratégie dans le secteur éducatif et tout un train de mesures dans le secteur de la santé. Bref, l'an 01 d'un développement équilibré.
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