LES Gabonais ont constaté que l'actualité politique de la semaine écoulée aura été essentiellement marquée par le dépôt du rapport général de la Cour des comptes sur le contrôle de l'exécution des lois de finances, exercice 2001. Il faut rappeler lu 'il y en a eu deux. La loi de finances initiale et la loi- de finances rectificative. Le premier président de la Cour des comptes, Gilbert Ngoulakia, a remis ledit rapport au président de l'Assemblée nationale et à son homologue du Sénat, mardi.
On retiendra que les"juges financiers ont émis des réserves par rapport à la déclaration de conformité entre le compte du comptable supérieur de l'État et le compte général administratif. Ce qui peut être considéré comme un refus de quitus a la gestion de l'équipe du gouvernement "Jean-François Ntoutoume Emane 1 " en 2001.
La Cour des comptes reproche plusieurs choses dans la manière dont le ministre Émile Doumba et ses collaborateurs ont exécuté le budget 2001. S'agissant des autorisations budgétaires notamment, Gilbert Ngoulakia et ses collègues dénoncent la persistance de certains manquements déjà indexés par la juridiction financière dans ses précédents rapports. La Cour des comptes déplore qu'à ceux-là soient venus s'ajouter d'autres catégories d'irrégularités "tout aussi constitutives de fautes de gestion et qui se matérialisent notamment par l'imputation des dépenses étrangères à cette rubrique relative au remboursement de la dette publique, l'inobservation de certaines dispositions du code des marchés publics; et l'inobservation de la réglementation en matière d'institution des régies d'avance, les montants consentis à certaines administrations au titre desdites régies ayant été supérieurs au plafond fixé par les dispositions législatives et réglementaires en la matière... L'autre information c'est que l'exécution des lois de finances 2001 présente un résultat budgétaire déficitaire de 204 923 469 301 FCFA.
Le rapport de la Cour des comptes nous inspire plusieurs réflexions. Et pas des moindres. Parce que, finalement, aucun Gabonais ne comprendra que, la juridiction financière fasse autant de griefs au gouvernement pour la gestion du budget 2003. D'abord à cause du discours de rigueur et d'austérité magnifié par le ministre des Finances de l'époque. Au point où tout ce que disait l'homme passait pour parole d'évangile.
Il y a lieu aussi de s'interroger sur plusieurs choses. À quoi servent les rapports de la Cour des comptes sur l'exécution des lois de finances ? Histoire de savoir quelle suite donner aux observations des magistrats financiers sur la gestion des budgets du pays ? Tout comme c'est le lieu ici de se demander à qui incombe la charge de chercher les responsabilités des uns et des autres dans les manquements dénoncés par Gilbert Ngoulakia et ses collègues. Ne serait-il pas intéressant de diligenter une sorte d'audit interne pour savoir exactement d'où est venue l'erreur ?
Dans tous les cas, on retiendra que le refus par la Cour des comptes de faire une déclaration de conformité entre les éléments fournis par le comptable et ceux de l'ordonnateur représente un message fort. Il dénote du décalage entre le lamage de rigueur prôné par Émile Doumba, et les "Doumba boys" qui peuvent finalement être considérés comme les grands bénéficiaires de cette rigueur, et les actes posés par les gestionnaires des budgets 2001...
• Mercredi, le président de la République a dû, une fois encore, sortir de sa réserve pour exiger de Didjob Divungi Di Ndinge et Louis-Gaston Mayila; qu'ils mettent fin à la palabre qui les oppose depuis plusieurs mois. La chose avait de la pris des. proportions aussi inquiétantes que dangereuses. Au-delà de la honte qui peut résulter d'une querelle entre le Vice-président de la République et le président du Conseil économique et social, le communiqué du chef de l'État prouve que l'homme est déçu devoir des personnalités qui se réclament de son camp politique s'étriper en utilisant les médias.
• Le chef de l'État a présidé un Conseil des ministres Jeudi. Sur la forme, les lecteurs de L'Union Plus ont pu constater avec satisfaction que leur quotidien a repris la publication des mesures individuelles arrêtées en Conseil. Sur le fond maintenant, d'aucuns se réjouissent de ce que les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) avancent. Même si nombre de Gabonais se demandent toujours quel est le véritable enjeu d'un accord avec cette institution financière internationale. Il faut espérer que le moment venu, le gouvernement dira à l'opinion pourquoi on présente le FMI comme le passage obligé pour un salut éventuel, et quel saut.
• Le rapport général de la Cour des comptes sur l'exécution des lois de finances 2001 risque encore de marquer l'actualité politique cette semaine. Ce matin, Gilbert Ngoulakia, le premier président de la Cour des comptes, remet ledit document au Premier ministre chef, du gouvernement. La cérémonie aura lieu à la salle es conseils interministériels.