Trois syndicalistes étudiants gabonais, inculpés début mai de menaces et d'abus de confiance et écroués depuis, ont entamé jeudi une grève de la faim pour dénoncer les reports à répétition de la décision du tribunal qui les a jugés fin mai, a-t-on appris vendredi auprès de leurs proches. Dans une lettre au directeur de la prison centrale de Libreville obtenue vendredi par l'AFP, Raoul Ovono Abessolo, Roland Mbadinga Koumba et Guy-Roger Ngogho-Ngogho ont annoncé "entamer une grève de la faim" en raison de leur "inquiétude de ne pas voir le délibéré de notre procès rendu", et "jusqu'à ce que nous obtenions notre liberté".
Principaux responsables du syndicat Force (Fraction organisée pour la restauration de la conscience étudiante) et inculpés le 5 mai de "menaces écrites et menaces de voie de fait" et d'"abus de confiance" puis écroués, ils ont été jugés le 28 mai par le tribunal correctionnel qui, selon eux, a déjà reporté à six reprises l'annonce de sa décision.
"Nous avons épuisé en prison les deux mois fermes requis par le ministère public", notent-ils, affirmant que "certaines autorités continuent d'exercer une influence sur notre dossier".
Les trois étudiants avaient été exclus mi-avril de l'université Omar Bongo de Libreville (UOB) pour "actes compromettant (...) le bon fonctionnement" de l'Université, après l'érection par des sympathisants de Force de barricades devant l'université pendant plusieurs jours pour réclamer le paiement des bourses.
Ces syndicalistes, meneurs de mouvements successifs de contestation, se voient également reprocher d'avoir utilisé à des "fins personnelles" une somme de 100 millions de francs CFA (152.000 euros) remise "par le Trésor public sur demande du chef de l'Etat", Omar Bongo Ondimba, et censée couvrir "des besoins exprimés par les étudiants".