Le gouvernement gabonais a pris une série de mesures pour lutter contre "les incidents récurrents" et "l'indiscipline" à l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, indique un communiqué du conseil de Cabinet publié mercredi dans le quotidien gouvernemental L'Union. Une "police spéciale" au sein de l'UOB va être créée prochainement pour lutter contre "l'insécurité" et certaines facultés seront délocalisées du campus, annonce notamment le communiqué du conseil, réuni mardi à Libreville.
Le gouvernement a également décidé d'interdire le syndicat étudiant Fraction organisée pour la restauration de la conscience étudiante (Force) et "tous les autres mouvements associatifs créés illégalement à l'intérieur de l'Université Omar Bongo Ondimba", poursuit le communiqué.
Pour les représentants de Force, dont les sympathisants avaient érigé des barricades devant l'université pendant plusieurs jours en mars pour réclamer le paiement des bourses, ces mesures visent à "museler" les étudiants.
"On ne veut pas de bruit à l'approche de l'élection présidentielle (prévue en décembre 2005, ndlr) et nous sommes les seuls dans ce pays à tenir un discours contradictoire", a affirmé à l'AFP le secrétaire général du syndicat Guy Roger Ngogho.
"Nous allons faire des démarches pour dénoncer la création de la police spéciale et réclamer la mise en place des +mutuelles+ (structures associatives étudiantes) pour avoir un cadre légal pour nous exprimer", a indiqué de son côté à l'AFP le président de Force, Raoul Ovono Abessolo.
Lundi, un arrêté avait été pris par le ministère de l'Enseignement supérieur "fixant le régime des associations d'étudiants et définissant les modalités de représentation des étudiants dans les universités publiques".
Le gouvernement demande également "aux acteurs politiques de notre pays de mettre un terme à leur activisme politicien au sein de l'Université", précise le communiqué.
Selon une source proche du gouvernement, différents politiciens entretiendraient, en la finançant, l'agitation à l'Université, et y constitueraient des réseaux d'influence.
Le gouvernement a également décidé lors de ce conseil de cabinet la remise en état de la "clôture" d'enceinte, la délocalisation du Rectorat hors du campus et "la mise en concession" de la restauration, de l'hébergement et des soins médicaux, la qualité de ces services ayant provoqué la grogne des étudiants.
Ces mesures interviennent après le décès d'un voleur présumé, récemment battu à mort par des étudiants dans l'enceinte de l'université, le blocage régulier par des étudiants mécontents de la rue devant l'entrée du campus et le refus de trois responsables de Force à se présenter à un conseil de discipline, énumère le communiqué.