Trois syndicalistes étudiants gabonais récemment exclus pour six mois de l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville ont été inculpés et incarcérés pour menaces contre le recteur et abus de confiance, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP.
Raoul Ovono Abessolo, Roland Mbadinga Koumba, et Guy-Roger Ngogho-Ngogho, principaux responsables du syndicat Force (Fraction organisée pour la restauration de la conscience étudiante), avaient été exclus mi-avril par des conseils de discipline pour "actes compromettant (...) le bon fonctionnement de l'institution universitaire".
Ecroués jeudi, ils ont été inculpés par le procureur de Libreville de "menaces écrites et menaces de voie de faits à l'encontre du recteur de l'UOB", dans une lettre ouverte qu'ils lui avaient adressée après avoir été convoqués devant des conseils de discipline, a indiqué cette source.
Dans ce texte obtenu par l'AFP, ils lançaient un "ultimatum" au recteur et le mettaient en garde contre "le déclenchement d'une Intifada", affirmant que les "intifadistes, fédaïnes et kamikazes de la Force" préparaient "les munitions nécessaires".
Selon la source judiciaire, le chef d'abus de confiance concerne l'utilisation à des "fins personnelles" d'une somme de 100 millions de francs CFA (152.000 euros) remise aux intéressés "par le Trésor public sur demande du chef de l'Etat", Omar Bongo Ondimba, et devant couvrir "des besoins exprimés par les étudiants" de l'UOB, notamment l'achat de matériel didactique et la réfection de bâtiments.
Les trois étudiants, meneurs de mouvements successifs de contestation se manifestant principalement par le blocage régulier de la rue devant l'entrée du campus, avaient récemment reconnu avoir reçu cette somme, mais affirmé à l'AFP l'avoir dépensé aux fins prévues.
Le syndicat Force avait été qualifié d'"illégal" et interdit le 21 avril, par le conseil des ministres qui avait pris une série de mesures contre "les incidents récurrents" et "l'indiscipline" à l'UOB.
Fin mars, les sympathisants de Force avaient érigé des barricades devant l'université pendant plusieurs jours pour réclamer le paiement des bourses.