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Gabon: récompenser les efforts du président Bongo?  


Section: Politique
Auteur: RFI. Tous droits réservés.
Date de publication: 29 Juillet 1997.


Archives RFI, 29/07/97 - C’est en 1961 que le Gabon décide d’adhérer à l’accord de défense quadripartite déjàexistant entre la France, le Congo, la RCA et le Tchad, et dont le Congo se retirera en 1972, et dont le Tchad annulera de facto sa participation par la signature de nouveaux textes en 1976.

Le Gabon reste donc lié à la France par ces textes prévoyant la plupart des hypothèses : agression extérieure, crise grave intérieure et maintien de l’ordre, utilisation par la France du pays comme relais, appui par les forces françaises stationnées, facilités portuaires onusiennes... toujours avec la nécessité d’une demande formelle du Gabon, n’entraînant pas d’obligation impérative pour Paris. Obligation de demande formelle, qui d’ailleurs dans les faits n’a pas toujours été respectée... par Paris.

En 1960, 1962 et 1964, les militaires français ont effectué des opérations d’appui au maintien de l’ordre interne dans le pays. Et en 1990, fut lancée l’opération Requin à la suite des émeutes de Port-Gentil et Libreville destinée, par l’envoi d’un millier d’hommes, à assurer la sécurité des ressortissants français, mais qui contribuera à stabiliser la situation en faveur du régime. L’aide militaire française limitée dans les années 60 commence à s’accroître à partir de 1974 (20 à 40 MF par an) puis de nouveau à partir de 1981 (100 MF par an). Le nombre d’assistants techniques militaires est passé de 60 en 1995 et 1996 à une cinquantaine en 1997. L’aide en matériels reste limitée (3 MF en 1994 et 3,65 MF en 1995) le nombre de stagiaires militaires gabonais en France est passé de 147 en 1994 à 90 en 1995 et 66 en 1996. Les forces de présence françaises installées à Libreville, dans le camp de Gaulle, près de l’aéroport international sont restées ces dernières années stables à un niveau moyen de 5 à 600 hommes (en dehors des opérations exceptionnelles au cours desquelles Libreville a servi de relais, comme ce fut le cas récemment pour les opérations ponctuelles au Congo).

Au cours de la visite effectuée au Gabon conjointement fin juillet 1997 par les ministres français de la Défense Alain Richard, et le secrétaire d’Etat à la Coopération Charles Josselin, devait être confirmée aux autorités gabonaises le maintien de la base et de la présence permanente, toujours revue à la baisse dans la logique de la professionnalisation et de la nécessité de réduire les coûts. Les intérêts pétroliers français dans le pays, la situation inquiétante en Afrique centrale, mais aussi l’énergie déployée depuis longtemps par le président Bongo sur de nombreux dossiers de conflits africains, notamment le conflit tchadien dans les années 90, ou la crise centrafricaine et le déploiement de la MISAB, ou la crise congolaise très récemment, ont sans doute joué positivement en faveur du maintien d’une présence au Gabon. Alors qu’au cours des premières hypothèses de réajustement, Libreville avait été inscrite sur la liste des installations susceptibles d’être supprimées.

Hugo Sada


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