Section: Politique
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RFI. Tous droits réservés.
Date de publication: 29 Juillet 1997.
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Archives RFI, 29/07/97, SPECIAL FRANCE/AFRIQUE (MFI) Après plusieurs mois de préparation, entrecoupés par des élections législatives et un changement de gouvernement, la France entame la mise en oeuvre de son plan de resserrement de ses installations militaires dans six pays du continent africain. Réforme des armées françaises et austérité budgétaire obligent ! Il fallait que la France réajuste son dispositif militaire dans six pays africains pour réaliser quelques économies et faire évoluer celui-ci d’une logique de « présence » à une logique plus axée sur la mobilité, sur une plus grande synergie avec l’assistance militaire technique, sur la préparation d’unités africaines de maintien de la paix. Depuis plusieurs mois à Paris une évolution dans le sens d’une volonté plus nette de ne plus d’engager dans des interventions militaires bilatérales a été affirmée, en particulier par Jacques Chirac lui-même en janvier 1997.
Le 4 avril dernier, un Conseil de défense spécialement consacré à ce dossier entérinait les grandes lignes proposées par l’ancien ministre de la Défense Charles Millon. Depuis l’installation du gouvernement Jospin, les décisions du Conseil de défense du 4 avril ont fait l’objet d’un réexamen informel qui a conclu à une confirmation de ces orientations. A tel point qu’il n’a pas été jugé nécessaire de convoquer un nouveau Conseil de défense, mais au contraire d’entreprendre rapidement la mise en oeuvre des décisions prises et d’engager immédiatement le dialogue sur leur application avec les pays africains concernés. D’où le départ du ministre de la Défense Alain Richard à Libreville, N’Djamena et Bangui fin juillet. Finalement, le maintien d’une présence minimum en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Tchad a été décidée.
Un dispositif plus important, mais également réduit restera en place au Sénégal et à Djibouti. Et c’est la Centrafrique qui sera la principale victime de la révision puisque dès que possible les forces françaises seront rapatriées et les installations démantelées. Ce schéma en fait apparaît comme un compromis entre la nécessité de prolonger sur le dispositif africain la politique d’économies budgétaires imposées aux armées françaises, l’utilité de quelques réaménagements opérationnels, et le souci de ne pas afficher une révision à la baisse, perçue le moins possible comme une politique d’abandon militaire de l’Afrique, qui viendrait, après la dévaluation du franc CFA en 1994, consacrer l’idée d’un retrait programmé et généralisé de la France. Un souci qu’apparemment le président Jacques Chirac partage avec le premier ministre Lionel Jospin. Même si les deux hommes pourraient bien, estime-t-on à Paris, se mettre d’accord, plus facilement qu’on pourrait le croire, sur une sérieuse révision de la politique de la France vis-à-vis de l’Afrique.
Pour ce qui concerne la partie relevant spécifiquement du ministère français de la Défense (la coopération militaire technique et les accords d’assistance relevant du ministère de la Coopération ne sont pas directement concernés par les décisions lancées le 4 avril 1997), il reste cependant un sujet délicat à traiter : celui des accords de défense, pour la plupart très anciens, en vigueur avec une dizaine de pays francophones du continent africain. Si l’idée d’une remise à plat de ces accords a été lancée à Paris, du côté africain on se montre très réticent, estimant qu’une telle démarche n’aurait pour effet que de donner l’impression d’un recul du soutien français. D’autant plus, pense-t-on, que ces accords, même s’ils sont anciens, ne sont pas si contraignants et laissent une large marge de manoeuvre aux signataires. Cette remise à plat, ajoute-t-on, est plutôt inopportune alors que Paris affiche déjà son intention de ne plus intervenir bilatéralement et sa décision de resserrer son dispositif. En attendant, dans les six pays les plus concernés, on se prépare, le plus discrètement possible à l’application des décisions françaises.
Hugo Sada
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