18 juillet 2002 - Le changement en Gaule du 10 Mai 1981 a suscité sur l'ensemble du continent africain quelques espérances. Pour la première fois, on se mit à croire à une évolution de nos relations, vers une normalisation avec les maîtres d'hier. Ce ne fut qu'illusions car il a fallu se rendre compte très vite à l'évidence que ce changement n'a fait que consolider, puis empirer la situation existante. D'abord en étouffant par le verbe (discours de Cancun, sommet de la Baule...) et par la brutalité (meurtre de SANKARA, génocide au Rwanda...), les batailles qui s'étaient engagées ici et là sous diverses formes pour la recherche de nos véritables libertés.
Ici, la convivialité s'est située dans le droit fil du changement du 10 Mai 81 là bas : étouffer, freiner, détourner nos compatriotes dans leur recherche de solutions à changer les choses chez nous. Il suffit d'examiner le parcours de celui qui, depuis 1989 et dès son retour du soi disant exil de la capitale de "nos ancêtres les Gaulois" d'où cette démarche lui a été dictée. Ce premier convivial de Gabâo, qu'on dit aujourd'hui parmi les hommes les plus riches de Gabâo, fait maintenant équipe en tant que ministre d'état de la médiocrité qui dirige le pays depuis 35 ans. Alors que le premier convivial rentrait chez lui pour la création du RSDG, il se trouve forcé de reculer devant la détermination du peuple d'en découdre lors de la conférence nationale. Jouissant tout de même d'un capital certain de sympathie, il en profite pour sauver son ami du palais de marbre en appelant au boycott des législatives. Ensuite puisant toujours dans cette sympathie demeurée presque intacte, il entraîne les vrais patriotes à l'issu de la consultation de 1993, à le suivre à la tête d'une administration parallèle qu'il abandonnera ensuite de manière inexplicable, non sans s'être rassuré d'avoir étouffé la colère du peuple pour sauver son ami du palais du bord de mer. Encore une fois. Tous ceux qui ont cru en lui doivent se dire aujourd'hui à propos de la grande île : " nous avons été les premiers mais nous n'avons pas été jusqu'au bout, nous avons été trahis".
La trahison, comme ces milliers de femmes et d'hommes qui, en suivant dès le début le premier convivial ont perdu leurs emplois, subi des tortures, ont été jetés en prison, en exil et pour certains ont perdu tout simplement leurs vies...
En Gaule, l'héritier du créateur de leur cinquième république vient d'être reconduit aux affaires pour 5 ans. Pour les démocratures comme celle du palais de marbre, c'est un bail assuré pour les 5 prochaines années pour continuer à défendre si bien l'indépendance énergétique de la Gaule. "Si j'ouvre la bouche, les têtes vont tomber, c'est toujours important, une tête qui tombe" menace ainsi le roitelet du bord de mer tous ses frères du GLNF (Grand Loge National de France) qui l'ont choisi pour cette indépendance, et qu'il a toujours largement arrosés en retour, sacrifiant ici les populations.
Beaucoup de choses peuvent être dites à propos du pouvoir néo-colonial confié aux deux hommes qu'a connu Gabâo en 42 ans. On peut en ressortir ce qu'il y a de différent entre l'un et l'autre de ces hommes. En commençant par le temps réel d'exercice du pouvoir :
- un peu moins de 4 ans pour l'un (17 Août 1960 au 18 février 1964), période où les infrastructures coloniales embryonnaires ont continué à être soutenues, voir encouragées et développées : l'éducation, la santé, les communications, agriculture, etc.,
- 35 ans pour l'autre (Novembre 1967 à ce jour), période où ces infrastructures sont en net recul, et pour les unes, détournées ou en voie de disparition,
- une période 1964-1967 incertaine, du fait d'abord des évènements du 18 février 64, puis de la maladie du premier et des manœuvres de toutes sortes en vue de sa succession après son décès dans la capitale de la Gaule.
Une constance tout de même, la Gaule seule a toujours été bien lotie car, "les Gaulois n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts", aiment-ils à proclamer. Ici, un exemple de longévité du système gaulois qui aurait dû se traduire par un afflux massif d'investissements étrangers. Car dit-on, le capital a besoin de stabilité politique. Gabâo n'offre-t-il pas depuis 42 ans cette stabilité? En réalité, une démocrature comme celle de Gabâo inquiète en premier lieu ceux-là même qui l'ont créée. Ils savent plus que quiconque qu'ils n'ont rien construit de stable et que les populations qui se rendent compte de la duperie peuvent sous une forme ou une autre le faire comprendre rapidement.
J'invite donc à partager (si vous ne l'avez déjà fait), le texte suivant, qui est de Jean Baptiste SIPA parlant de son pays dont la situation calque à la perfection n'importe quel autre pays du continent. Qu'il me pardonne d'avoir pour cela substitué le nom de son pays dans le texte. Cela montre qu'entre frères du GLNF, on travaille la main dans la main pour les maîtres.
Totalitarisme “démocratique” et mandataire
Dans le village où ma mère m’a mis au monde, un proverbe dit que “pour prévenir de la présence d’un tigre, il ne faut pas l’appeler animal de brousse”. Naturellement parce que cette appellation qui peut tout aussi bien désigner une biche qu’une antilope ou un rat de champ, banaliserait le danger et que les villageois, victimes potentielles, ne se méfieraient pas autant que nécessaire, au risque d’être tous dévorés les uns après les autres.
Un tel dicton est d’autant plus réaliste que comme dit Ebénezer Njoh Mouelle, “le tigre ne crie pas sa tigritude” sinon tout le monde le reconnaîtrait, et il ne ferait plus de victimes. C’est faute d’avoir intégré cette philosophie que les peuples des anciennes (et nouvelles) colonies occidentales d’Afrique, sont passés sans pouvoir se libérer du joug de l’administration coloniale à la servitude du pouvoir totalitaire néocolonial interne, pour finalement se retrouver en cette aube du 21eme siècle, dans une désolation totale. Le tigre colonial n’avait pas quitté le village en 1960. Il avait feint de partir mais s’était seulement revêtu de la peau d’agneau, ou plutôt d’un Etat africain qui n’en était pas, avec des dirigeants à sa solde, avec un système de fonctionnement dont ils ont toujours maquillé la nature totalitaire.
Autrement dit, si l'Afrique, scandale de la nature par son potentiel humain et matériel, se retrouve aujourd’hui le continent le plus pauvre et très endetté, c’est parce qu’elle a été gérée depuis plus de 40 ans, non par des Etats institutionnels nés du consensus des peuples indépendants, mais par des “gouvernements bureaucratiques” selon l’expression de Arendt, issus des décrets français qui créent les Etats africains, et fonctionnant sur le mode d “organisations secrètes” aux missions très précises : détruire l’humanité du peuple africain et sa capacité d’exercer une réflexion politique; empêcher ou détruire toutes velléités de maîtrise locale des économies nationales; protéger les entreprises françaises; maintenir ou exacerber les clivages ethniques comme catégories de représentation politique des populations, etc…
Organisations secrètes à la place des Etats
A la tête de ces organisations secrètes, des hommes règnent “démocratiquement”, grâce à des institutions de façade, et apparaissent comme pères de nations, promoteurs absolus des unités nationales, “incarnation des institutions”. En fait, des “égocrates” qui, comme dirait quelqu’un, loin au-dessus des peuples, sont occupés fantastiquement à engendrer les unités nationales, et à broyer en nombre infini les ennemis du peuple. Des totalitaires affranchis des lois qui décident de la vie et de la mort de tous et de tout.
C’est la vérité que, selon Marie-Louise Etéki Otabéla, l’Occident a mobilisé et mobilise encore “tous les moyens intellectuels, économiques et politiques pour cacher aux Africains et aux Occidentaux eux-mêmes, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, avec une science africaniste au service des programmes de «développement» séparé”.
Marie-Louise Etéki Otabéla vient de publier en ouvrage une thèse de sciences politiques où elle affirme que “les Etats africains post-coloniaux n’ont été créés que pour préparer et assurer l’anéantissement de l’humanité de leur population au quotidien”, et que “la France, particulièrement a été chargée (par l’Occident) de la mise en oeuvre de cette stratégie de blocage économique et de destruction des capacités d’agir des Africains depuis quatre décennies”.
Sa démarche, dans cet ouvrage de 564 pages “Le totalitarisme des Etats africains, le cas du Cameroun” a pour but de “démontrer scientifiquement” pour ceux qui réfléchissent aux changements politiques dans ces pays, les principaux mécanismes de cette entreprise totalitaire en Afrique, et de lancer “un appel au soutien de la résistance contre ce “monde du mourir “.
Il me semble qu’il n’y ait pas meilleur moyen d’inspirer aux africains la lecture de cet ouvrage, que de citer ici quelques extraits significatifs où l’auteur, convoquant des spécialistes africanistes, donne quelques caractéristiques du pouvoir totalitaire.
Morceaux choisis
• La vassalisation du pouvoir législatif : “Le système électoral néo-colonial en vigueur veut que quiconque désire se voir gratifier de la qualité - et surtout du salaire de député - remplisse les conditions suivantes : présente les preuves de son attachement au président, lui adresse une demande d’emploi, accomplisse auprès des familiers du président les représentations et les démarches réglementaires : par exemple offrir des adolescentes de 15 ans!” ;
• la vassalisation du pouvoir exécutif : les ministres sont en fait les laquais du président. Il les nomme et les congédie à discrétion : d’où leur attitude craintive vis-à-vis du président. Ils doivent faire preuve de servilité à son égard et à l’égard de son entourage;
• la vassalisation du pouvoir judiciaire : les magistrats de toutes catégories sont nommés et dénommés sans aucun contrôle, parmi les militants les plus zélés du parti au pouvoir. Les magistrats utilisent leur place à des fins de défense et de protection du régime colonial auquel ils doivent leur niveau de vie avantageux. “Le devoir de discrétion et de réserve du magistrat implique que le magistrat soit et demeure fidèle et loyal au régime; que ce loyalisme puisse se traduire dans tous les actes et comportements du magistrat aussi bien dans sa fonction juridictionnelle que dans sa vie publique et privée.”
Choses tout à fait vraies qui encouragent tout le monde à la convivialité nocive. Gabao est aujourd'hui un pays où la convivialité bat son plein, pour le plus grand malheur du peuple. Que Dieu ait pitié de nous.