Case à Palabres du BDP-Gabon Nouveau

Sujet: "Psychologie de la violence au Gabon"     Précédente | Suivante
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Conférences L'arbre à palabres politiques Discussion 412
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Mabongo
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22-déc-01, 12h35  (Heure de: New Jersey)
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"Psychologie de la violence au Gabon"
 
   C'est intéressant de voir la démocrate divergence d'opinions qui se
dégagent de ce forum. Comme je sais que ces forums sont libres et
peuvent être joins par n'importe qui, je suppose donc que les opinions
des uns et des autres en tant qu'individus n'engagent qu'eux-mêmes. Si
je comprends bien, personne ici ne parle donc au nom du BDP, mais chacun
livre ses opinions en tant qu'individu sur sa manière de concevoir la
chose gabonaise.

Je crois qu'il y a cependant un certain nombre de choses que certains
d'entre-nous ne maîtrisent pas encore. Ayant fait un peu de psychologie,
je voudrais jeter dans la mare de débats ma petite contribution quant à
la notion de violence. Je ferai ceci en tenant compte non seulement des
positions du BDP, mais aussi de ce qui se dit ici et là sur ce forum.

L'analyse de la violence dans l'histoire du Gabon depuis Bongo

Certains ici semblent réduire la notion de violence au simple fait
d'aller dans les rues et de saccager tout, ou de prendre les armes et
faire un coup d'état. Il me semble, hélas, qu'il existe des formes de
violences subtiles que parfois nous ne remarquons pas et qui n'en sont
pas moins agressives et déstabilisantes.

Dans l'histoire du Gabon jusqu'en 1989, le Gabonais s'est effectivement
démontré comme un être non violent en apparence. On voit par exemple que
jusqu'en 1989, donc après 22 ans de pouvoir Bongo, le Gabonais fut
amplement pacifique.

Cependant, pendant cette même période, c'est le régime Bongo qui se
montra violent à l'encontre du peuple Gabonais:

- suppression du multipartisme et établissement de la dictature
- assassinats politiques
- privation des libertés individuelles et politiques
- vols, corruptions et détournement du patrimoine économique national.

Malheureusement, parce qu'une dictature travaille avant tout pour sa
survie, le régime a oublié de développer le pays, ce qui a aboutit à
d'autres violences du type socio-économiques.

Si le Gabonais ne s'est pas révolté fortement entre 1967 et 1989, ce
n'est pas parce qu'il n'éprouvait pas la violence du régime envers lui,
c'est plutôt parce qu'il s'y était habitué et gardait espoir que les
choses changeraient d'elles-mêmes. Et quand il s'est rendu compte que
l'attente n'était pas une solution, ce peuple a spontanément répondu aux
agressions du régime par la violence.

La période 1989/1990 a donc été édifiante pour notre pays. Le Gabonais a
surpris tout le monde, même le régime lui-même:

Ce que je veux démontrer ici est assez simple. Quand les Gabonais se
sont soulevés en 1989/1990, puis au cours des élections suivantes,
personne ne les avait ouvertement appelés à la violence. Les violences
de 1990 étaient des violences instinctives, spontanées et non
coordonnées qui traduisaient un certain nombre de choses:

- les Gabonais, pendant 22 ans de 1967 à 1989 avaient vécu l'agression
du régime de manière stoïque. Cependant, cette violence au fur et à
mesure devenait insupportable au point que le Gabonais n'arrivait plus à
réprimer son désir de se révolter. Il a donc suffit de l'étincelle (les
Grèves de L'UOB et la mort de Rendjembé) pour plonger le pays dans un
cycle de violence sans précédent.

- Ce que ces événements ont démontré que c'est la dictature elle-même
qui créé les conditions de sa propre perte. La dictature, si vous
voulez, fait tout pour brimer son peuple car elle croit que les brimades
sont ce qui rend un peuple soumis et docile. Mais comme l'histoire des
dictatures du monde l'a démontré, les dictatures qui procèdent ainsi
finissent toujours par être la cause de leur propre chute car elles ne
savent jamais réajuster le tir à temps pour se sauver.

Aujourd'hui, je crois que les Gabonais sont dans un contexte
psychologique propice, encore une fois, à la violence. Cela m'amuse un
peu de voir ici ou là des gens s'attaquer au BDP pour un soi-disant
discours violent. Je pense que ces gens ne savent pas lire ou ne
prennent jamais le temps de lire. ILs s'attardent sur les mots au lieu
de lire l'ensemble. Quand je lis les écrits du BDP, ce que je vois ce
sont des avertissements au régime. Des avertissements qui lui disent que
c'est maintenant ou jamais qu'il faut rectifier le tir. Les Gabonais ont
besoin de libertés et de bien-être économique. Or l'entêtement du régime
et sa continuation de la violence envers le peuple est ce qui mènera à
la violence. En d'autres termes, ce n'est pas le BDP ou un autre
mouvement d'opposition qui causera la violence contre le régime, mais le
régime lui-même. Parce que le régime s'entête à acculer le peuple dans
la misère et la dictature, ce peuple ne manquera pas de ressortir toutes
ses violences réprimées et cela ne sera pas bon pour le pays.

Les violences du régime contre le peuple sont multiples aujourd'hui.
Mais il n'y a pas pire violence contre le peuple que la misère qui
s'installe chez nous aujourd'hui. Si on peut donc dénombrer les
violences du régime à ce niveau, on n'en finirait pas. Alors, quand ici
on parle de violence en pointant du doigt le peuple ou des mouvements
d'opposition, ou même le BDP, je m'étonne. A l'actif des partis
d'opposition ou du BDP, je ne vois aucune forme de violence. Par contre,
quand je lis l'article du BDP intitulé "Bongoïsme, génocide et
criminalité"
(http://www.bdpgabon.org/articles/viewnews.cgi?id=AAlpEkEZlIYjNpVGM) et
d'autres encore sur le net au niveau des organismes internationaux, et
qu'on me dit que:

- 60% des Gabonais vivent en dessous du seuil de pauvreté, je vois une
violence du régime.

- 50% des Gabonais meurent avant l'âge de 54 ans à cause de la misère et
du manque de santé. Par exemple, l'article du BDP dit que "entre 6000 et
7000 femmes meurent chaque année au Gabon lors de l'accouchement. Cela
veut dire que le bongoïsme a causé, en 34 ans, la mort de 204.000 à
238.000 femmes enceintes et, potentiellement, de leurs bébés aussi." Je
vois là une violence du régime.

- dans les hopitaux du Gabon, pas de médicaments ni de médecins. Le Sao
Tomé a plus de médecins pour 1000 personnes que le Gabon. Au Gabon, on
meurt encore de maladies dont on ne devrait plus mourir. Je vois une
violence du régime.

- La vaccination des Gabonais reste à désirer, au point que près de la
moitié des nouveaux nés meurent avant l'âge de 6 ans. Les chiffres du
BDP disent qu'au Gabon "7250 enfant qui meurent chaque année de causes
banales...Cela fait donc, au bout de 34 ans, 246.500 enfants morts avant
5 ans dont le décès peu être directement attribué à Bongo et à son
régime.". Je vois là une violence du régime.

- Le SIDA devient un fléau qui pourrait décimer notre population dans
les 10 ans qui viennent, avec déjà 15% d'incidence. Je vois une violence
du régime.

- La corruption a atteint des proportions incroyables dans le pays, ce
qui freine le développement économqiue. Je vois une violence du régime.

- DEs maladies comme Ebola pourraient être évitées si l'information et
l'éducation des masses était un priorité du régime. Je vois une violence
du régime.

- le Gabon paie les salaires des Congolais en même temps que ceux des
Gabonais, tout en finançant la guerre de Sassou. Donc, le budget du pays
est partagé en deux entre deux pays. Je vois une violence du régime.

La liste est longue. On pourrait passer la journée sur ces agressions.

Ce que ceci veut dire est que ce sont les Gabonais qui, depuis 35 ans,
subissent les agressions et violences du régime et pas le contraire.

La question que je me pose moi, est celle-ci: quand je vois de tels
chiffres, je pense effectivement à une criminalité terrible. De nombreux
Gabonais meurent chaque année de causes économiques parce que le régime
s'accapare l'argent qui devrait servir à les soigner et les garder en
bonne santé.

Chers amis, nous vivons déjà dans la violence depuis 35 ans. De quelles
violences parlez-vous aujourd'hui comme si c'était quelque chose de
nouveau? La seule différence ici c'est que il n'y a que le peuple qui
souffre de cette violence depuis 35 ans et que Bongo a causé la mort
d'au moins 500.000 Gabonais depuis 1967. On parle de manque de fécondité
au Gabon. C'est une vision partielle des choses car le développement
économique et la santé auraient pu sauver le pays de ce problème en
équilibrant par les chances de survie de ceux qui sont nés.
Malheureusement, la population stagne. Si ce n'est pas un génocide, je
ne sais pas ce que c'est.

Non chers amis, ce n'est pas le BDP, ni Mamboundou, ni qui que ce soit
qui causera la violence au Gabon. Je crois que vous vous trompez de
personnes ici. Adressez-vous au régime Bongo. C'est lui qui mènera le
pays à la paix ou à la violence. S'il s'entête comme il le fait en ce
moment, il acculera la peuple et personne n'y pourra rien. Mais ce sera
sa responsabilité. S'il change et se réforme, ils éviteront la violence.
C'est à eux de changer, et à personne d'autre.

Mais s'il y a une chose que notre petite histoire gabonaise nous a
enseignée, c'est que le régime n'a jamais rien cédé sans violence. Le
Gabon sous Bongo a été violent une seule fois en 1989/1990. Grâce à
cette violence, le pays a obtenu le retour au multipartisme. Cette
vérité historique ne doit pas nous échapper. IL est fort à parier que
sans les violences de 1989/1990, il n'y aurait jamais eu de
multipartisme au Gabon.

IL serait intéressant aujourd'hui de voir la réaction de ceux qui
aujourd'hui militent contre la violence. Ils parlent comme si Bongo, en
1990 avait accepté le multipartisme par choix personnel alors qu'on l'y
avait forcé. Si je comprends, bien, on n'aurait jamais dû faire ce que
nous avons fait en 1990 pour obtenir le multipartisme? Vous voyez à quoi
vous auriez condamné les Gabonais si vous leur aviez dit, en 1989/1990 que:

- on ne résout rien par la violence.
- il faut attendre la mort de Bongo
- les choses changeront d'elles-mêmes
- remettons tout à la grace de Dieu
- négocions dans la convivialité?

Vous voyez bien qu'on n'aurait jamais eu quoi que ce soit.

Le problème aujourd'hui est que, certes, on a acquis le multipartisme.
Mais nous n'avons pas encore de démocratie. Par quel moyen doit-on alors
obtenir la démocratie? En attendant que Bongo veuille bien la donner (ce
qui veut dire jamais) ou en la lui imposant comme en 1990?

La question reste posée. La seule constance qui reste est l'histoire. Et
l'histoire ne se trompe jamais. Le Gabon est sous dictature. La
dictature mène toujours à sa propre perte car elle ne sait jamais où
s'arrêter et changer de cap. Cette constance restera vraie dans
l'histoire du Gabon aussi. Seule l'histoire nous le dira. J'espère assez
vite quand-même.

Regardons donc du côté de l'étincelle qui embrasera le pays, sauf si le
régime Bongo nous surprend par une réforme et un comportement
démocratique. Mais à l'allure où vont les choses actuellement, c'est
peine perdue d'espérer. Nous nous acheminons petit à petit vers
l'engrenage. Attendons-nous plutôt à des troubles qui, à mon avis, sont
de la responsabilité du régime, pas de l'opposition.

Je ne suis pour ni l'un ni l'autre. Tout ce que je veux, c'est que mon
pays change et soit bien géré. Si le Gabon change par une violence
bénéfique comme celle de 1990, je suis pour. Si le Gabon change par
miracle par la réforme immédiate du régime Bongo, je suis pour.

Mais ce que je sais c'est que je n'en peux plus d'attendre quelque chose
qui ne vient pas. Et je crois savoir que cette attente deviens
insupportable pour d'autres Gabonais aussi. Alors, préparons-nous au
lieu d'attendre comme des enfants que l'histoire, encore une fois, nous
surprenne.

Merci.

Marcel.


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  Sujet     Auteur     Posté le     ID  
  RE: Psychologie de la violence au Gabon Gerard 22-déc-01 1
     RE: Psychologie de la violence au Gabon Christian 26-déc-01 2
         RE: Psychologie de la violence au Gabon Bruno 26-déc-01 3

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Gerard
Membre doyen
Auteur de: 7 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
22-déc-01, 12h44  (Heure de: New Jersey)
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1. "RE: Psychologie de la violence au Gabon"
En réponse au message #0
 
   Merci à Marcel pour l'analyse de la violence dans l'histoire récente du
Gabon.
Je retiens tout particulièrement ceci :


---------------
- 60% des Gabonais vivent en dessous du seuil de pauvreté, je vois une
violence du régime.

- 50% des Gabonais meurent avant l'âge de 54 ans à cause de la misère et
du manque de santé. Par exemple, l'article du BDP dit que "entre 6000 et
7000 femmes meurent chaque année au Gabon lors de l'accouchement. Cela
veut dire que le bongoïsme a causé, en 34 ans, la mort de 204.000 à
238.000 femmes enceintes et, potentiellement, de leurs bébés aussi." Je
vois là une violence du régime.

- dans les hopitaux du Gabon, pas de médicaments ni de médecins. Le Sao
Tomé a plus de médecins pour 1000 personnes que le Gabon. Au Gabon, on
meurt encore de maladies dont on ne devrait plus mourir. Je vois une
violence du régime.

- La vaccination des Gabonais reste à désirer, au point que près de la
moitié des nouveaux nés meurent avant l'âge de 6 ans. Les chiffres du
BDP disent qu'au Gabon "7250 enfant qui meurent chaque année de causes
banales...Cela fait donc, au bout de 34 ans, 246.500 enfants morts avant
5 ans dont le décès peu être directement attribué à Bongo et à son
régime.". Je vois là une violence du régime.

- Le SIDA devient un fléau qui pourrait décimer notre population dans
les 10 ans qui viennent, avec déjà 15% d'incidence. Je vois une violence
du régime.

- La corruption a atteint des proportions incroyables dans le pays, ce
qui freine le développement économqiue. Je vois une violence du régime.

- DEs maladies comme Ebola pourraient être évitées si l'information et
l'éducation des masses était un priorité du régime. Je vois une violence
du régime.

- le Gabon paie les salaires des Congolais en même temps que ceux des
Gabonais, tout en finançant la guerre de Sassou. Donc, le budget du pays
est partagé en deux entre deux pays. Je vois une violence du régime.

La liste est longue. On pourrait passer la journée sur ces agressions.

Ce que ceci veut dire est que ce sont les Gabonais qui, depuis 35 ans,
subissent les agressions et violences du régime et pas le contraire.

La question que je me pose moi, est celle-ci: quand je vois de tels
chiffres, je pense effectivement à une criminalité terrible. De nombreux
Gabonais meurent chaque année de causes économiques parce que le régime
s'accapare l'argent qui devrait servir à les soigner et les garder en
bonne santé.

Chers amis, nous vivons déjà dans la violence depuis 35 ans. De quelles
violences parlez-vous aujourd'hui comme si c'était quelque chose de
nouveau? La seule différence ici c'est que il n'y a que le peuple qui
souffre de cette violence depuis 35 ans et que Bongo a causé la mort
d'au moins 500.000 Gabonais depuis 1967. On parle de manque de fécondité
au Gabon. C'est une vision partielle des choses car le développement
économique et la santé auraient pu sauver le pays de ce problème en
équilibrant par les chances de survie de ceux qui sont nés.
Malheureusement, la population stagne. Si ce n'est pas un génocide, je
ne sais pas ce que c'est.

Non chers amis, ce n'est pas le BDP, ni Mamboundou, ni qui que ce soit
qui causera la violence au Gabon. Je crois que vous vous trompez de
personnes ici. Adressez-vous au régime Bongo. C'est lui qui mènera le
pays à la paix ou à la violence. S'il s'entête comme il le fait en ce
moment, il acculera la peuple et personne n'y pourra rien. Mais ce sera
sa responsabilité. S'il change et se réforme, ils éviteront la violence.
C'est à eux de changer, et à personne d'autre.

Mais s'il y a une chose que notre petite histoire gabonaise nous a
enseignée, c'est que le régime n'a jamais rien cédé sans violence. Le
Gabon sous Bongo a été violent une seule fois en 1989/1990. Grâce à
cette violence, le pays a obtenu le retour au multipartisme. Cette
vérité historique ne doit pas nous échapper. IL est fort à parier que
sans les violences de 1989/1990, il n'y aurait jamais eu de
multipartisme au Gabon.

IL serait intéressant aujourd'hui de voir la réaction de ceux qui
aujourd'hui militent contre la violence. Ils parlent comme si Bongo, en
1990 avait accepté le multipartisme par choix personnel alors qu'on l'y
avait forcé. Si je comprends, bien, on n'aurait jamais dû faire ce que
nous avons fait en 1990 pour obtenir le multipartisme? Vous voyez à quoi
vous auriez condamné les Gabonais si vous leur aviez dit, en 1989/1990 que:

- on ne résout rien par la violence.
- il faut attendre la mort de Bongo
- les choses changeront d'elles-mêmes
- remettons tout à la grace de Dieu
- négocions dans la convivialité?

Vous voyez bien qu'on n'aurait jamais eu quoi que ce soit.

Le problème aujourd'hui est que, certes, on a acquis le multipartisme.
Mais nous n'avons pas encore de démocratie. Par quel moyen doit-on alors
obtenir la démocratie? En attendant que Bongo veuille bien la donner (ce
qui veut dire jamais) ou en la lui imposant comme en 1990?

La question reste posée. La seule constance qui reste est l'histoire. Et
l'histoire ne se trompe jamais. Le Gabon est sous dictature. La
dictature mène toujours à sa propre perte car elle ne sait jamais où
s'arrêter et changer de cap. Cette constance restera vraie dans
l'histoire du Gabon aussi. Seule l'histoire nous le dira. J'espère assez
vite quand-même.

Regardons donc du côté de l'étincelle qui embrasera le pays, sauf si le
régime Bongo nous surprend par une réforme et un comportement
démocratique. Mais à l'allure où vont les choses actuellement, c'est
peine perdue d'espérer. Nous nous acheminons petit à petit vers
l'engrenage. Attendons-nous plutôt à des troubles qui, à mon avis, sont
de la responsabilité du régime, pas de l'opposition.

Je ne suis pour ni l'un ni l'autre. Tout ce que je veux, c'est que mon
pays change et soit bien géré. Si le Gabon change par une violence
bénéfique comme celle de 1990, je suis pour. Si le Gabon change par
miracle par la réforme immédiate du régime Bongo, je suis pour.

Mais ce que je sais c'est que je n'en peux plus d'attendre quelque chose
qui ne vient pas. Et je crois savoir que cette attente deviens
insupportable pour d'autres Gabonais aussi. Alors, préparons-nous au
lieu d'attendre comme des enfants que l'histoire, encore une fois, nous
surprenne.

Merci.

Marcel.
_______________________________________________

"La liste est longue" : à mon avis, il ne faut pas avoir peur de l'allonger.
Il faut même donner le plus de détails possibles sur chacune des violences.
La JEC m'a formé, et je fonctionne avec le VOIR JUGER AGIR.

VOIR : pas question de ne rien voir, de ne rien entendre. Au contraire.
JUGER : quelles sont les causes ? Pour agir, il faut d'abord juger, c'est à
dire, rechercher de façon précise, toutes les causes.
AGIR : agir sur un maximum de causes. (Et pas question de ne rien dire !)

- On ne résoud rien par la violence : ici, je suis d'accord. "Oeil pour
oeil, et le monde finira aveugle" (Gandhi)

La question qui reste : par quel moyen obtenir la démocratie ?

"Le problème aujourd'hui est que, certes, on a acquis le multipartisme.
Mais nous n'avons pas encore de démocratie. Par quel moyen doit-on
alors
obtenir la démocratie? En attendant que Bongo veuille bien la
donner (ce
qui veut dire jamais) ou en la lui imposant comme en 1990?"

En tout cas, pas en attendant la mort de Bongo !
Comme les choses changeront pas d'elles-mêmes
et comme Dieu ne fera pas le travail à notre place, (cf l'évangile, et le
sort réservé aux paresseux)
faut-il négocier dans la convivilaité ?
Ne faut-il pas plutôt se battre pour mettre en évidence, pour faire
connaitre et comprendre à tout le monde (et je pense aux français moyens qui
ne savent pas grand chose) les violences subies par les populations ?
Ne faut-il pas se battre pour que les crimes jusqu'ici impunis soient jugés
le plus vite possible ?
Il faut se battre pour que cesse l'impunité.

Etant donné que "le mouton broute la où il est attaché", il faut que cette
façon de faire ne soit plus possible. Pas seulement pour le voleur de
beignets, mais pour tous les voleurs, en commençant par les plus gros.

A +
Gérard


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Christian
Membre doyen
Auteur de: 13 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
26-déc-01, 11h32  (Heure de: New Jersey)
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2. "RE: Psychologie de la violence au Gabon"
En réponse au message #1
 
   Chers amis du Gabon,

je suis glogalement d'accord avec vos analyses. N'oublions pas toutefois
que la plupart des décisions concernant le Gabon sont prises à Paris et
non pas à Libreville. C'est pour cette raison qu'il serait souhaitable
que des changements radicaux de mentalité se produisent aussi en France.
Je souhaite de tout coeur que la construction européenne fasse évoluer
notre pays vers plus de transparence et de démocratie,en particulier vis
à vis de ses anciennes colonies...Je ne crois pas aux solutions
violentes car elles risquent d'aggraver encore la situation des
populations les plus modestes.Je trouve que l'action non violente de
SURVIE va dans le bon sens tout comme le travail d'investigation
remarquable de personnalités comme la juge Eva JOLY. Il est dommage que
la politique extérieure de la France intéresse si peu les électeurs
français !
Joyeuses Fêtes et bien cordialement à vous tous

Christian HUBER,pédiatre à Mulhouse (Haut-Rhin)
http://perso.wanadoo.fr/christian.huber/


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Bruno
Membre doyen
Auteur de: 23 messages sur ce forum, Evaluez ce membre
26-déc-01, 11h34  (Heure de: New Jersey)
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3. "RE: Psychologie de la violence au Gabon"
En réponse au message #2
 
   Cher HUBER,
je vous remercie de ne pas parler la langue de bois et de renier
également le soutien à la violence, c'est à dire aux réactions
épidermiques même si on peut les comprendre par moment.

Effectivement vous soulignez un point essentiel et qui est éludé dans la
majorité des débats qui traitent de l'à venir de l'Afrique en général et
du Gabon en particulier: le joug de l'Occident (la France) sur ces pays
soi-disant souverains comme le Gabon. Car nous devons reconnaître du
fond de nous que, de notre courage et de notre qualité à aborder ce
volet délicat et déterminant, dépendra la vraie résolution des
disfonctionnements qui sévissent dans cette partie du monde.

C'est pour cela que j'implore mes frères du continent perdu et surtout
du Gabon à traiter plus de la cause que des conséquences (dirigeants
fantoches et opposants du ventre).
J'espère qu'un jour nous y arriverons.

Tsir'Ella-Nguéma


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