Un contingent de 64 Congolais réfugiés au Gabon a quitté jeudi soir Libreville pour Brazzaville dans le cadre de la première opération de rapatriement volontaire organisée depuis la guerre civile de 1998-99 au Congo, a-t-on appris de sources concordantes.
Les familles de réfugiés ont embarqué à bord d'un avion affrété par le gouvernement congolais, en présence de représentants du Haut commissariat au réfugiés (HCR) des Nations unies au Gabon.
Cette opération s'inscrit sur fond d'intenses négociations ouvertes depuis deux semaines à Libreville, en vue de la signature prochaine d'un accord tripartite entre les gouvernement gabonais et congolais et le HCR-Gabon pour un retour global des réfugiés congolais dans leur pays.
Les Congolais réfugiés au Gabon voisin sont au nombre de 17.555 selon le dernier recensement du HCR qui estime que beaucoup ont déjà regagné leur pays sans se manifester.
"Nous avons été témoins du caractère volontaire de ce premier rapatriement dont nous avons bon espoir qu'il marque le début d'une dynamique de retour", a déclaré jeudi soir à l'AFP le chargé de programme du HCR-Gabon, Bernard Chamoux, se félicitant de l'attitude "irréprochable" des parties gabonaise et congolaise à cette occasion.
Une délégation congolaise conduite par le ministre congolais de la Santé, de la Solidarité et de l'Action humanitaire, Léon Alfred Opimbat, a séjourné dans la capitale gabonaise depuis le 25 juillet pour négocier un accord tripartite de rapatriement des réfugiés congolais du Gabon.
La signature de cet accord, prévue cette semaine à Libreville, a été reportée, mais les discussions se poursuivront "dans les plus brefs délais" à Brazzaville et le texte proposé par le HCR fait d'ores et déjà l'objet d'un consensus à 90%, a-t-on indiqué de sources concordantes.
Seule note discordante, le Comité de suivi des réfugiés congolais au Gabon a lancé jeudi dans une lettre ouverte un "signal d'alarme" sur les risques d'une retour massif des réfugiés.
Le comité se dit "convaincu que ce pouvoir putschiste (de Brazzaville) est prêt à oublier promesses et engagements, une fois les réfugiés rentrés au Congo, en s'abritant au besoin derrière l'insoutenable argument de souveraineté en matière de droits de l'Homme", estime ce collectif.
L'acceptation par Brazzaville du retour au pays de l'ancien Premier ministre Bernard Kolélas, installé à Abidjan depuis avril dernier, "serait la preuve de sa volonté de réconciliation", insiste par ailleurs ce comité.
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