LA question de la sous-représentation du Gabon au sein des institutions multilatérales africaines et mondiales n'a eu de cesse d'être énoncée dans les milieux politico-diplomatiques et parmi les élites gabonaises, convaincus de ce que notre pays ne tire pas dans ce domaine grand bénéfice de son rayonnement international et de l'engagement du président Omar Bongo Ondimba sur la scène diplomatique africaine, francophone et même au sein des instances du système des Nations unies. Un déficit que d'aucuns jugent peu en rapport avec l'engagement fort et constant du président gabonais, Omar Bongo Ondimba sur la scène diplomatique panafricaine, où il mène de nombreuses médiations en vue du retour à la paix dans de nombreux pays déchirés par des conflits et crises armées, oeuvrant pour le renforcement de la cohésion panafricaine, la solidarité entre les Etats et les peuples, notamment. Une solidarité manifestée à l'endroit des autres pays qui l'a régulièrement conduit à apporter son parrainage ou encore à soutenir les candidatures de nombreux hauts cadres de pays frères de différentes réions du continent briguant la direction de nombreuses institutions continentales, francophones et autres structures multilatérales. Le soutien de poids apporté par le président gabonais, à Amara Essy, au plus fort de son élection à la tête de la Commission de l'Union Africaine naissante, celui très déterminant dont a bénéficié son successeur l'ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, son action positive dans la désignation du Sénégalais; Abdou Diouf à là tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, de même que celui dont avait également bénéficié le Marocain Omar Kabbaj, à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), et bien d'autres. Autant d'exemples d'actions de solidarité agissante posées par le chef de l'Etat gabonais.
ENGAGEMENT•La perspective de l'élection les 18 et 19 mai 2005 à Abuja au Nigeria du successeur du Marocain Omar Kabbaj à la présidence de la BAD, rouvre à nouveau le débat autour de la présence du Gabon au sein des institutions multilatérales panafricaines et mondiales. D'autant que notre pays se porte candidat à la succession de l'actuel président de la BAD au sein de laquelle l'engagement constant du président gabonais n'a jamais été démenti pour l'essor de cette instance financière africaine. Dès sa 14e Assemblée générale tenue à Libreville en mai 1978, le Gabon par la seule volonté de son président, fut un des artisans de l'Accord de principe autorisant l'ouverture du Capital-action de la BAD aux pays membres non régionaux. Puis par l'initiative en juillet 1996 du gouvernement d'organiser, à titre exceptionnel, un sommet spécial sur les questions relatives au remboursement des prêts accordés par la banque, à l'augmentation générale du capital de cette dernière et aux propositions de réformes concernant sa gouvernance
A l`heure du renouvellement de l'instance dirigeante de la Banque africaine de développement, la candidature gabonaise à cet important poste continental, soutenue par plusieurs pays africains amis, place bien évidemment Casimir Oyé Mba, ancien gouverneur de la Banque des Etats d'Afrique Centrale (BEAC); ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel ministre d'Etat, ministre de la Planification et de la Programmation du développement dans le gouvernement Ntoutoume Emane, sous les feux des projecteurs.
Fort de son profil et son expérience, Casimir Oyé Mba voit l'évolution de sa carrière fortement appuyée par le président de la République gabonaise qui en fait aujourd'hui, son candidat, son homme à la conquête du prestigieux poste de président de la BAD. Une instance financière multilatérale au sein de laquelle il devra mettre son expertise au service de notre continent confronté à d'innombrables problèmes de développement. Le choix porté sur Oyé Mba, qui dispose de compétences reconnues, d'une riche expérience professionnelle de banquier, politique et diplomatique acquise à l'école du chef de l'Etat gabonais, est assurément une marque de confiance. Sinon, le témoignage évident de l'estime que le président Omar Bongo Ondimba porte à ce compatriote qui se sera fortement illustré et distingué, par sa compétence, tout au long de sa carrière processionnelle et politique. Une estime qu'il n'avait guère hésité d'exprimer dès 1978, convaincu de la capacité, de l'expertise de ce dernier sur les questions financières, en apportant la caution gabonaise indispensable à la nomination de Casimir Oyé Mba, premier africain au poste de gouverneur de la BEAC. Une banque qu'il avait intégrée quelques années plus tôt, aux termes de solides études sanctionnées par un doctorat en droit et un autre en sciences-économiques. Il demeure un spécialiste des questions économiques, monétaires et bancaires également acquises au CEFEB créé par la centrale de coopération économique, actuelle Agence française de développement (AFD) et au Fonds monétaire international (FMI). Il quittera la BEAC, douze ans après, au terme de la Conférence nationale de 1990, lorsque le président gabonais, engagé dès l'avènement du multipartisme dans une logique de renouvellement de l'élite politique, l'appellera à ses côtés pour conduire le gouvernement de transition nécessaire pour le passage au pluralisme politique. Cette nomination à ce haut poste à une période de forte agitation politique et sociale, dans un contexte de crise économique, marquera le début d'une Fulgurante carrière politique pour ce technocrate au profil très en vogue sur le continent. Puisque quasiment identique à ceux des Nicéphore Soglo au Bénin, Alassane Dramane Ouattara en Côte d'Ivoire, appelés à servir leurs pays dans le même contexte. Premier ministre, l'homme engage avec le ferme soutien du chef de l'Etat d'ambitieuses réformes indispensables à la relance de l'économie et à l'assainissement des finances du pays. Il gagne, entre autres, le pari de la suppression des soldes fonctionnelles pour mettre fin aux disparités observées dans les salaires des agents de l'Etat. Il conforte ainsi l'image d'homme austère et froid, du banquier pur sucre qu'il avait acquise. Mais, dans le même temps, fait ses preuves en politique, en parvenant à organiser les premières élections politiques multipartites dans le pays. Une réussite qui lui confère une stature d'homme de confiance du chef de l'Etat gabonais et du Parti démocratique gabonais (PDG). L'ex parti unique au sein duquel il militait en tant que membre du Comité central 1973 -1977), en fera son Joker» lors de la première élection législative remportée par le PDG, avant son ascension au Bureau politique.
L'apprentissage politique réussi de Casimir Oyé Mba, qui dirigera la campagne présidentielle 93 du président Bongo Ondimba, consolidera sans nul doute ce lien filial que le président de la République entretient encore aujourd'hui avec celui que d'aucuns appellent "Cam-la-classe", "Casimir" ou "Oyé", pour les membres de la communauté Fang de l'Estuaire dont il est issu. Car, le président gabonais n'hésitera pas à le mettre sous son aile protectrice. Cela même au plus fort des coups de boutoir provenant des farouches opposants ou encore des membres de sa famille politique, jusqu'à son départ de la Primature après les Accords de Paris, pour le ministère des Affaires étrangères, domaine réservé du président de la République. A ce poste de confiance, il assurera avec aisance, finesse, le rôle sensible de «diplomate du président gabonais», dont l'action diplomatique déborde de dynamisme. Nul doute qu'au moment où le Gabon manifeste officiellement son ambition d'accéder à la présidence de la BAD, le choix porté sur Casimir Oyé Mba, correspond bien à l'ambition gabonaise et du président Bongo Ondimba de voir un homme à lui se consacrer au développement de l'Afrique, notre continent.