Le rapprochement des FAG et FAR via, la médecine de proximité offerte aux populations locales à titre gracieux par les services de santé des deux armées, a connu un succès populaire ravivé par la présence, hier mardi 22 février, du président de la République et du souverain chérifien. Le roi a fait don à la province d'un important matériel pour les handicapées moteurs altogovéens.
LA coopération bilatérale impulsée par le chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba et lé roi du Maroc, Sa Majesté Mohammed VI, a connu un succès d'envergure, à l'occasion de l'organisation des manoeuvres médico militaires conjointes pendant deux semaines en terre gabonaise, précisément dans le Haut-Ogooué.
Intitulé "Moughiama 2005", cet exercice militaire a constitué un moment particulièrement intense contribuant à hâter la réactivation de l'axe Libreville - Rabat; en raison de la participation active des médecins et infirmiers militaires des deux pays sur les trois sites retenus pour accueillir cet événement Mounana, Bakoumba et Moanda.
Le président de la République et le roi du Maroc ont rehaussé par leur auguste présence l'éclat de la cérémonie de clôture, hier mardi 22 février, en se rendant dans le Haut Ogooué. A bord du Boeing 737 de la compagnie publique Royal Air Maroc, arrivé aux environs de midi à Franceville, le chef de l'Etat et le souverain marocain ont eu droit à un accueil triomphal de la part des populations altogovéennes, que ni le temps pluvieux, ni la distance qui sépare l'aéroport de la ville, n'ont pu empêcher de se déplacer en masse. Le gotha politique et administratif local, notamment et les responsables politiques natifs du Haut-Ogooué ont participé à cette incomparable manifestation d'hospitalité à leur royal hôte et au président de la République.
Ce fut le même enthousiasme populaire débordant, bien que canalisé, dans le chef-lieu du département de la Lébombi Le ou où s'est déroulé le clou dé l'événement. Un fait significatif a contribué à galvaniser les populations du cru mobilisées à Moanda pour la fin des manoeuvres médico-militaires rassemblant le personnel de santé militaire des Forces armées royales et gabonaises.
Le président Bongo Ondimba et sa Majesté Mohammed VI ont pris place à bord d'une Range Rover pour parcourir la cinquantaine de kilomètres qui séparent Mvengué de Moanda. Tout le long de ce trajet jusqu'à l'entrée du lycée Fulbert Bongotha où a été érigé l'hôpital de campagne marocain, il s'est dégagé une symbiose entre les populations de l'arrière-pays et leur président, de même qu'elles se sont montrées particulièrement comblées d'accueillir pour la première fois un invité aussi prestigieux que le roi du Maroc, le descendant du prophète Sidna Mohammed, qui préside aux destinées d'un pays parmi les plus émergents. Le roi, très réceptif, s'est montré sensible à ces marques d'affection qui montaient vers lui.
N'hésitant pas à prendre un bain de foule. Cette visite d'une journée dans cette petite ville de 35 000 habitants restera donc mémorable. Les résultats obtenus sont édifiants et conformes aux buts visés par ces manoeuvres médico-militaires au départ. Pour le directeur général de la Santé militaire, le médecin général Léon Nzouba, tous les objectifs ont été atteints.
Concrètement, les exercices en eux-mêmes ont consisté en une simulation d'un grave incendie signalé dans une décharge de pneus de la région minière de Mounana, afin de tester la capacité, des équipes de secours à faire face à la gestion des catastrophes d'envergure. Côté gabonais, en particulier, on se réjouit car cela a permis un échange d'expériences entre les services de santé militaire des deux pays. De même, il s'est agi dévaluer la réponse des acteurs impliqués dans la gestion des crises humanitaires imprévisibles auxquelles il faut être toujours prêts à faire face.
DON ROYAL. Concernant ce chapitre, l'expertise des Forces armées royales est avérée. Sous la conduite du médecin et Inspecteur général Archane Moulay Idriss, les médecins militaires-marocains ont fait pauvre, utile lors de ces manoeuvres conjointes en partageant leur savoir-faire. L'apport à leurs frères d'armes a été considérable au plan tactique.
En revanche, au plan humanitaire, l'autre enjeu fut une opportunité intéressante en vue de renforcer les acquis et franchir un autre pallier dans l'effort. Devant le président de la République et le roi Mohammed VI, les responsables militaires des deux pays ont pris soin de dresser le bilan du travail effectué 5lobalement dans les deux hôpitaux de campagne, gabonais à Mounana, et marocain à Monda.
Plus de dix mille personnes ont été consultées, avec à la clé soixante quatre interventions chirurgicales. En plus, ils ont accompli trois cent cinquante examens radiologiques, auxquels s'ajoutent quatre-vingt quatre hospitalisations. Parallèlement, il y de eu une intense campagne de vaccination consacrée aux seuls adultes. La raison est simple, en ce moment se déroule une campagne nationale de vaccination ciblant la jeunesse. Au total, 4514 citoyens ont reçu ces vaccins.
A ce propos, force est de relever que le roi Mohammed Vl et le président Bongo Ondimba ont, à titre symbolique, administré des vaccins contre la polio à deux enfants : le souverain chérifien a vacciné la petite fille, le président le jeune garçon. Cette séance impromptue royale et présidentielle s'intègre au programme élargi de vaccination reconnu à échelon mondial. Le geste des deux chefs d'Etat souligne l'intérêt qu'ils accordent, l'un et l'autre, à la médecine préventive. Ainsi que leur fibre pour apporter des réponses Justes aux besoins des populations en dotant la coopération de cette dimension. Dans cet élan, le roi a fait don à cette province d'un important matériel pour les handicapés moteurs. Egalement le reste des médicaments utilisés dans les hôpitaux de campagne a également été octroyé à titre gracieux aux populations rurales.
RECOMMANDATIONS. Le gouvernement Ntoutoume Emane III, représenté par les ministres d'Etat Paul Toungui (Economie et Finances), Paulette Missambo ( Santé publique), Ali Bongo Ondimba (Défense nationale), Egide Boundono Simangoye ( Fonction publique et Réforme administrative ), Clotaire Christian jvala ( Intérieur et Décentralisation ), Vincent Moulengui Boukossou (Enseignement supérieur Recherche et Innovation technologique), Jean Boniface Assélé ( Travail et Emploi), Jean -François Ndongou (ministre délégué aux Affaires étrangères, à la Coopération et la Francophonie)a pris acte des recommandations issues de ces manoeuvres. Le rapport final contient un mot clef, " l'adaptation ", de la médecine militaire évidemment pour prévenir les nouvelles menaces naturelles. Le document insiste sur la nécessité de poursuivre la réflexion sur la médecine de gestion des catastrophes en allant plus loin: En plus, il y a urgence à parfaire les formations acquises, au-delà, de l'élaboration des Plans d'urgence et du prépositionnement des postes médicaux avancés ici et là.
Avant leur départ de Moanda, le président de la République et le souverain chérifien, ont visité la vingtaine de "pavillons" sous tentes militaires composant l'hôpital de campagne marocain. Ils ont longuement écouté les explications sur la conduite de ces manoeuvres médico-militaires, avant de féliciter collectivement les acteurs. Certes, la coopération bilatérale en matière de santé publique n'est pas encore déterminante, et ces manoeuvres organisées sur le mode consensuel n'en constituent pas l'aboutissement. Comme le laissent penser les directives présidentielles et royales aux différents ministres de la Santé d'aller de l'avant. L'optimisme est donc de rigueur.
Le chef de l'Etat et le souverain chérifien ont regagné Libreville, via Franceville, hier soir.