Les gouvernements des deux pays ont signé quatre nouveaux Accords à vocation commerciale, hier jeudi 24 février, en présence du président de la République, Omar Bongo Ondimba et du roi Mohammed VI, à Libreville. Leur portée est grande dans le contexte de globalisation des économies et de mondialisation des échanges.
PARMI les faits marquants visant à donner un nouvel élan à l'axe Libreville -Rabat à l'occasion de 1er visite officielle qu'effectue le roi du Maroc, Sa Majesté Mohammed VI en terre gabonaise à l'invitation du président de la République, Omar Bongo Ondimba, il y a d'emblée la signature de quatre nouveaux Accords de coopération à vocation économique et commerciale.
Une brève cérémonie de paraphe de ces textes importants empreinte de symboles forts, en particulier, qui traduisent leur volonté de rapprocher les Petites et moyennes entreprises ( PME ), voire les Petites et moyennes industries ( PMI ) des deux pays, a eu lieu en présence du chef de l'Etat gabonais et du souverain chérifien, hier jeudi 24 février, au palais du bord de mer.
Il s'agit avant tout de l'Accord de coopération en matière de pêche maritime entre les deux gouvernements signé parle ministre de l'Economie forestière, des Eaux, de la Pêche, de l'Environnement, chargé de la Protection de la nature, Emile Doumba, et le ministre de l'Agriculture, du Développement rural, Mohand Laenser. Au regard de son contenu, il est évident que cet Accord n'est pas le moindre d'entre tous. Loin s'en faut. Vu de Libreville, son intérêt résulte, entre autres, de ce que les autorités gabonaises ont construit une usine de transformation des produits de la pêche, doté de toutes les composantes ( conserverie, salage et fumage). L'enjeu consiste à capitaliser cet outil moderne. Pour y arriver, ce partenariat sera déterminant.
Le ministre de l'Economie forestière, en charge du secteur de la Pêche, a expliqué que l'accord conclu dans ce domaine vise à fixer les principes et les modalités de mise en oeuvre d'une coopération bénéfique à l'ensemble de ce secteur. Emile Doumba a mis l'accent sur la formation, la recherche technique et scientifique en matière de pêche maritime, y compris le traitement et la valorisation des produits de la pêche.
Il l'a décrit comme un accord ayant une dimension futuriste grâce aux perspectives ambitieuses qu'il ouvre. Il est conscient que le Maroc a une nette longueur d'avance au niveau de l'industrialisation et de la transformation des produits de la pêche, et que son a port est précieux pour parfaire la formation professionnelle des. cadres de administration et même des pêcheurs. Il existe à Agadir, dans le Nord du Royaume des infrastructures uniques pour optimiser la gestion des produits de la pêche par les cadres nationaux. L Accord conclu va favoriser aussi la concertation permanente entre les deux gouvernements dans ce secteur.
VALEUR AJOUTÉE• Ainsi, les deux pays affichent leur détermination à marcher la main dans la main jusque dans la défense de leurs intérêts dans les forums internationaux. Un autre aspect qui mérite d'être souligne, concerne la mise aux normes sanitaires de toute la filière. Ce chapitre est crucial, d'autant que le gouvernement s'est engagé a faire en sorte que le pays devienne un grand exportateur des produits de la pêche. Donc, il n'ignore pas les fortes exigences que nécessite l'accès sélectif au marché de l'Union européenne. L'ÜE, mille sait, est très regardant sur les conditions de production, de préparation, de transformation, de conservation et de transports de ces produits de pêche.
Certes, des efforts énormes ont été accomplis depuis quelques années, cependant les autorités tiennent à maintenir le cap. On le mesure avec l'envoi au Parlement d'un Code de pêche novateur qui prend en compte les exigences d'aménagement des pêcheries, la création des aires marines protégées, la surveillance des activités de pêche et le développement de l'Aquaculture.
Aussi, on sait que la consommation annuelle de poisson par habitant dans le pays oscille autour de 40%, et que la pêche produit près de 45 000 tonnes de poisson l'an. Toutefois, la couverture des besoins s'avère encore insuffisante au point que le pays importe encore environ 15 000 tonnes de poissons. Libreville compte sur cet Accord pour bénéficier de l'expérience marocaine en l'espèce pour éviter les pertes inestimables après capture. On comprend bien que L'assistance de Rabat, en sa qualité de partenaire averti de l'UE vient à pont nommé pour accélérer la valorisation des produits de pêche à ce niveau. Cet Accord doit constituer une valeur ajoutée inestimable.
Ensuite, le tour est venu au ministre du Commerce et du Développement industriel, Chargé du NEPAD, Paul Biyoghé Mba, et au ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l'Economie du Royaume, Mezouar Salahdine de parapher les autres documents. A savoir le Mémorandum d'entente sur la coopération industrielle et commerciale.
Celui-ci établit une coopération entre les parties contractantes concernant les infrastructures d'accueil industriel dans certains domaines :les zones franches d'exportation, de normalisation et de la promotion de la qualité, du partenariat entre les PME des deux pays, du savoir-faire et des technologies, des relations consulaires, de la politique du consumérisme, la cartographie économique et dans d'autres secteurs d'intérêt commun à même d'être identifié dans le futur.
Puis, le Protocole d'accord de coopération en matière de normalisation et de promotion de la qualité. En effet, le Royaume du Maroc et le Gabon s'engagent à coopérer étroitement sur les questions d'intérêt partagé. Précisément sur la normalisation, la promotion de la qualité et l'évaluation de la conformité, la métrologie légale et industrielle, les laboratoires d'essai et les centres techniques. A ce propos, il est revu des consultations réciproques entre les parties.
Enfin, la Convention de partenariat entre l'Agence de promotion des investissements privés (APIP) et l'Agence nationale pour la promotion de la Petite et Moyenne entreprise du Royaume du Maroc (ANPME). Désormais, une coopération, entre ces deux organismes dans divers domaines est naissante. Ils vont échanger, les informations économiques, et établir un rapprochement entre les entreprises des deux pays. L'autre tâche est de permettre le transfert de technologies ainsi que la formation.
EXPERTISE MAROCAINE• Dans le contexte de globalisation des économies et de mondialisation de l'échanges, tous ces Accords ont une grande portée. Manifestement, le président Bongo Ondimba et le roi Mohammed VI tiennent à symboliser la coopération Sud-Sud en faisant en sorte que ce partenariat se formalise. Après les précédents Accords de coopération conclus auparavant, l'Accord, sur la non double imposition et l'Accord sur la promotion et la protection réciproques des investissements, il se dégage une volonté politique de rapprocher les PME ainsi que les chefs d'entreprises des deux pays.
Pour le ministre marocain de l'Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l'Economie, cette option est un pari à tenir si l'on veut dynamiser la coopération économique. Ici également, le Royaume possède une réelle expertise qui peut être déterminante. C'est le cas, au fond, concernant les études de marché et la quête des niches d'investissement originales. Ou encore pour la conduite scientifique des études sectorielles.
Quant au ministre gabonais du Commerce et du Développement industriel, Chargé du NEPAD, ce dernier a fait part de la même conviction. Paul Biyoghé Mba qui a récemment rencontré son collègue à Rabat, est d'avis que cette coopération Sud-Sud est primordiale à développer avec un pays émergent. Nécessairement, elfe va stimuler les échanges d'investissement d'un pays à l'autre. A l'en croire, il est de bon augure d'élargir plus que jamais ce partenariat à visage humain.
En définitive, c'est aux gouvernements respectifs de Rabat et Libreville qu'il revient de faire entrer au plus vite ces promesses dans le domaine de l'action sur le terrain. Ce qui est certain déjà, c'est qu'il est prévu des premières rencontres au niveau, des experts marocains et gabonais au mois d'avril prochain à Rabat.