La venue du président investi du Togo qui a été longuement reçu hier par le chef de l'Etat gabonais, président du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine, intervient au moment où l'UA s'apprête à plancher sur la crise de succession dans son pays.
LA situation politique en République togolaise a été évoquée hier, jeudi 24 février 2005 à Libreville à la faveur de l'entrevue que le chef de l'Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, a accordée, en fin de matinée, à Faure Gnassingbé, président investi de ce pays d'Afrique de l'Ouest en proie à une crise de succession depuis la mort du président Eyadéma.
Cette crise a effectivement été longuement abordée au palais présidentiel, où M. palais est arrivé à la tête d'une délégation comprenant les ministres des Affaires étrangères et celui. de la Communication du gouvernement togolais, dans le but précis de trouver les voies de sortie de crise à Lomé. D'autant que lors d'un tête-à-tête à huis clos, Faure Gnassingbé a, «recueilli les avis et conseils»du président Bongo Ondimba, par ailleurs, président en exercice du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine. Ce, au moment où cette instance panafricaine créée sur le modèle du Conseil de sécurité-de l'ONU s'apprête, à Addis-Abeba (Ethiopie), à débattre d'éventuelles sanctions contre les autorités togolaises en représailles à l'accession au pouvoir, le 7 février 2005, de Faure Gnassingbé, désigné par l'armée de son pays pour succéder à son défunt père, Gnassingbé Eyadema décédé subitement à Lomé.
Il faut ire que sa venue dans la capitale gabonaise intervient dans un contexte d'unanime condamnation de la communauté internationale de cette prise de pouvoir. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a imposé, le 19 février dernier, des sanctions, dont la suspension du Togo de cette institution sous-régionale. L'Union Européenne envisageait, elle aussi, d'emboîter le pas, marquant la détermination de la communauté mondiale et africaine de faire respecter la légalité constitutionnelle.
LEGALITE• Un retour à la légalité qui avait déjà été discuté également lors de l'entrevue que Bongo Ondimba avait à une délégation de hauts responsables togolais dépêchés à Libreville quelques jour après l'investiture de l'actuel président togolais après une révision rapide de la Constitution par le Parlement convoqué en session extraordinaire.
L'importance de cette question placée au coeur de la chronique politique africaine depuis ces dernières semaines, s'est tellement accrue et renforcée qu la consultation hier du président Omar Bongo Ondimba, connu pour sa sagesse, son attachement aux principes démocratiques, la profondeur et la pertinence de ses vues sur les questions de politique africaine et inter nationale, devraient per mettre, espère-t-on, aux autorités togolaises de s'inscrire dans la voie du retour à légalité constitutionnelle et de sortir de la crise de succession à Lomé. Une perspective souhaitée à l'unisson par l'Union Africaine et le reste de la communauté internationale. Elle semble, croit-on savoir, avoir entouré les discussions que le président gabonais a eues avec Faure Gnassingbé, lequel a déclaré avoir reçu du chef de l'Etat gabonais «des conseils sur les avantages et les inconvénients de chaque solution.» C'était peu avant de quitter Libreville pour la Libye, ultime étape de son périple, avant la tenue, ce vendredi, dans la capitale togolaise d'un congrès du Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti présidentiel qui devrait, à cette occasion, définir une stratégie politique en vue des échéances futures.