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Guerre de la France contre la Côte d'Ivoire : le professeur Gary Busch dévoile les vraies raisons
Auteur:  Notre Voie  | Date: 24 Novembre 2004  | Réactions ()
Section: Gabon/Afrique  | Source: Notre Voie

Dr. Gary Bush, Professeur, ancien directeur de département de l'université de Hawaï

Le professeur américain fut ancien directeur de département de l'université de Hawaï.

Observateur avisé de la politique en Afrique et principalement en Côte d'Ivoire, il a co-signé un ouvrage intitulé "La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire" avec le professeur Mamadou Koulibaly et le Dr. Antoine Ahua J.R. Dans cet important document, il explique pourquoi Chirac fait la guerre à la Côte d'Ivoire et demande aux Etats-unis de ne pas abandonner ce pays aux mains de la France.

La France a encore une fois, attaqué la Côte d'Ivoire et elle recherche la caution de l'ONU pour ses actes d'agression et de barbarie. Sous la bannière de "maintien de la paix," la France a soutenu les mouvements rebelles, connus sous la dénomination de "forces nouvelles" . Ces rebelles se mettent sur la défensive derrière la zone de confiance occupée par les Français et attaquent par dessus des positions françaises les soldats des FANCI (I'armée régulière de Côte d'Ivoire). La France continue de protéger ces rebelles, de les armer, de les nourrir, de les transporter et les approvisionner en équipements tactiques de communication. La notion de "maintien de la paix" est une véritable farce et un cache-sexe.

La France est décidée de renverser Laurent Gbagbo, le Président démocratiquement élu de Côte d'lvoire. Après des années de lutte contre des "affairistes noirs" au pouvoir avec un conseiller français à chaque poste de responsabilité publique, le FPI (le parti de Gbagbo) a obtenu une victoire démocratique dans le scrutin. Depuis lors, la France essaie de renverser Gbagbo et de mettre au pouvoir un Noir profrançais, qu'il mette à l'abris à Paris en attendant le grand jour.

Le récent débat trouve son origine dans la période post-électorale de Septembre 2002, pendant que Gbagbo était en visite d'Etat à Rome. Le dictateur militaire Guéi venait de perdre le pouvoir par les urnes et le nouveau pouvoir s'attelait à détisser les liens de coopération avec la France qui assurait à ces derniers un contrôle sans partage sur l'économie du pays. L'équipe du Président et ses deux ministres constituaient une force puissante pour la transformation de la Côte d'Ivoire et bénéficiaient d'un soutien notable de la population. Tout changement et toute réforme signifiaient la fin du contrôle de la France sur les politiques dans les domaines de bancaire, des assurances, du transport, de la vente du cacao et de l'énergie. Le régime de Gbagbo a fait preuve, pendant son bref exercice du pouvoir, d'un esprit nationaliste qui a mobilisé le peuple. C'était également une menace pour la France, qui contrôlait l'économie du pays, de permettre aux entreprises des autres pays de participer à des offres publiques sur les projets du gouvernement.

Le mercredi, en Septembre 2002, lorsque éclata la rébellion, il y avait environ 650 rebelles à Bouaké. C'était des recrus du Général Guéi qui devaient être radiés de l'armée. Ils avaient très peu d'équipements et d'armes puisqu'ils s'attendaient à livrer une guerre qui ne durerait pas plus de cinq jours. Le président Gbagbo était à Rome pour rencontrer le Pape et les rebelles étaient convaincus que la coup d'Etat aurait lieu rapidement puisque le Président était hors du pays.

Lorsque le coup d'Etat a commencé dans la seconde grande ville de Bouaké, les forces loyalistes (FANCI) ont réagi sous Lida Kouassi. Ils ont encerclé les rebelles, les piégeant dans la ville et tuant 320 d'entre eux. Ils étaient prêts à lancer un assaut final sur les 300 autres rebelles restants lorsqu'ils furent empêcher par le commandement de l'armée française stationnée en Côte d'Ivoire. Il a demandé un délai de 48 heures pour évacuer les ressortissants français et les employés américains de la ville. Les FANCI ont exigé qu'on leur permette d'attaquer Bouaké pour mater la rébellion mais la France a insisté sur le délai de 48 heures. Dès que le délai fut accordé, la France a envoyé des parachutistes qui ont pris position auprès des rebelles dans Bouaké. Cela a rendu impossible une attaque FANCI sans tuer dans le même temps beaucoup de Français. Des forces spéciales américaines s'y sont rendues et y ont libéré, en douze heures, des élèves américains qui étaient pris dans l'étau.

Pendant ces 48 heures, I'armée française a fait venir trois avions Antonov-12 qui venaient de Franceville, au Gabon. Ces avions, inscrits au registre de l'Ukraine, étaient remplis d'armement stocké par la France en Afrique centrale. Les deux avions sont partis de Durban, où de l'équipement ukrainien et du personnel militaire ont été embarqués. Les avions spécialement affrétés ont atterri dans le comté de Nimba, au Libéria (à la frontière ivoirienne) et dans les zones rebelles de Côte d'Ivoire (Bouaké et Korhogo), où les armes ont été livrées aux rebelles. Des autobus bondés ont transporté du Burkina Faso à Korhogo de nombreuses troupes de combattants, habillés en tenue civile, qui ont été équipés d'armement fournis par la France à partir de l'Afrique centrale et de l'Ukraine.

Tout d'un coup, il y eut 2500 soldats armés aux côtés des rebelles puisque les mercenaires venus du Liberia et de la Sierra Leone ont été également transportés par les mêmes avions. Ils étaient équipés de Kalachnikov et bien d'autres équipements qui n'ont jamais fait partie de l'arsenal militaire de Côte d'Ivoire. La France a également fourni des équipements sophistiqués de communication. Lorsque les rebelles furent réarmés et équipés, les français se sont progressivement retirés, en laissant le contrôle des opérations militaires aux mercenaires de l'Europe de l'Est qui ont dirigé les rebelles de concert avec les bases françaises de Yamoussoukro. Les militaires français continuaient de torpiller chaque fois les manoeuvres loyalistes et ont même tenté d'exterminer les principaux officiers de l'armée.

L'une des raisons du mécontentement de la France à l'égard de Gbagbo vient de ce qu'il refuse de continuer dans la tradition de corruption de la France en Côte d'Ivoire. Au moment du coup d'Etat, le pays n'avait presque plus de gaz. Le directeur de la SIR (Société Ivoirienne de Raffinage) avait vidé les réserves d'essence du pays. Il s'est enfui avec l'argent et on lui a offert un sanctuaire et une immunité en France pour ce vol. Il n'y avait pas d'essence ni d'argent pour acheter l'essence. Le représentant de Total-ELF a rencontré Gbagbo à son bureau avec l'Ambassadeur de France pour lui dire qu'ils avaient deux navires aux larges de la Côte d'Ivoire qu'ils pourraient lui offrir. Tout ce qu'ils voulaient en retour c'était l'unique raffinerie du pays qu'ils voudraient racheter au franc symbolique. La France exploiterait la raffinerie à sa guise, en utilisant les prix élevés que Total fournirait. Ils sont venus avec des sacs remplis d'argent pour Gbagbo. Ils les a chassés de son bureau et leur a demandé de ne pas oublier leurs sacs d'argent. Une rencontre similaire a eu lieu avec les entrepreneurs dans le cacao.

Cela est également valable pour la Compagnie d'Electricité Ivoirienne, la société nationale de courant électrique. Le contrat avec la CIE devrait être renouvelé au début de 2004 et la société anonyme française demandait à continuer de fonctionner comme auparavant. Le gouvernement de Côte d'Ivoire consommait 170 milliards d'électricité (environ 260 million d'Euro) par an. Les français fourniraient du gaz à un prix plus élevé à la centrale électrique d'Azito pendant qu'ils mettraient sous location la station électrique et factureraient tout le monde à un montant plus élevé pour le courant électrique. Ces montants ne feraient pas l'objet de prélèvement fiscal d'opérateurs économiques mais ils leur seraient plutôt reversés directement. Il n'avait pas de valeur ajoutée pour l'économie nationale, pas d'amortissement de la dette encourue pour la construction de les centrales et aucun contrôle des prix. Gbagbo et ses ministres ont dit que cela n'était pas raisonnable et ont promis que le contrat en cours prendrait fin, ils ouvriraient l'offre à la concurrence internationale. Les français ont rougi de colère.

Les français (Bouygues) avaient conclu un accord avec le Président Bédié en 1999 pour la construction d'un pont à Abidjan.

Le coût conclu était de 120 milliards de francs CFA (183 millions d'Euro) ou 200 milliards si le pont devait avoir un niveau bas et niveau haut. Lorsque Gbagbo prit fonction, il était choqué par ce montant exorbitant et a annulé le contrat. Lorsqu'il était en Chine, les chinois lui ont dit qu'ils pouvaient construire le pont à 60 milliards ( avec deux niveaux, bas et haut) et ils ont obtenu le contrat en mai 2002.

Les français étaient furieux mais ne pouvaient que continuer leur complot contre Gbagbo. Il y a plusieurs conflits d'intérêts de cette nature. Les français savaient que leur jeu était terminé et étaient déterminés à tout faire pour sauver la mise. Ils ont décidé que, quel qu'en soit le prix, ils vont destituer Gbagbo ou rendre le pays ingouvernable.

La France a plusieurs décennies d'expérience dans la déstabilisation des gouvernements africains et le parrainage du massacre de milliers d'africains. Pendant et après le génocide qui s'est déclenché en Avril 1994, il est avéré que la France a joué un rôle similaire dans ces crimes horribles, qui ont entraîné la mort d'au moins 800.000 personnes. La Belgique, la France et les Etats-Unis savaient bien que les préparatifs pour exterminer la minorité Tutsie étaient en cours et non rien fait pour les éviter. Le gouvernement français, qui a maintenu au pouvoir le gouvernement dirigé par les Hutu, a protégé les assassins et leur a fourni les armes du crime pendant que le massacre avait lieu. L'"opération Amaryllis", le nom de baptême qui a consisté à évacuer les civils occidentaux du Rwanda en 1994, a également orchestré le retrait des extrémistes Hutu qui étaient au centre du génocide. Dans le même temps, I'armée française refusait d'évacuer le personnel Tutsie de l'ambassade de France à Kigali, qui était menacé d'extermination.

Une seconde évacuation, dénommée "Opération Turquoise", fut plus tard exécutée, lorsque le RPF était sur le point de prendre le pouvoir à la suite d'une offensive, pour amener les militaires et le gouvernement rwandais à l'abris en France pendant que les officiers français négociaient la prise négociée du pouvoir par le RPF. Les français ont armé les milices Hutu pendant dix jours après le début du génocide et sont intervenus pour protéger l'armée Hutu quand celle-ci était en danger.

Les alliés de la France en Côte d'Ivoire étaient des plus assoiffés de sang des soldats/assassins irréguliers de l'Afrique. La plupart de ces rebelles n'étaient pas ivoiriens du tout. Ce sont des mercenaires itinérants des guerres du Libéria et de la Sierra Léone qui se sont liés au leader du coup d'Etat, Robert Guéi, battu par Laurent Gbagbo à des élections libres. Il y avait trois groupes de rebelles qui ont fait leur apparition en Côte d'Ivoire : Le mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) - les premiers à prendre les armes contre le gouvernement; le Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP); et le Mouvement Populaire Ivoirien pour le Grand Ouest (MPIGO). De ces groupes, le MPCI avait une base politique à l'intérieur de la Côte d'Ivoire formée par les anciens supporters de Guéi et une large communauté d'immigrants, de Burkinabé, de Maliens et de guinéens qui étaient venus en Côte d'Ivoire comme des immigrants économiques (ils étaient mieux connus sous leurs initiales comme Mouvement Pour les Cons Ivres - parce qu'ils apparaissaient sur les champs de bataille ivres et drogués. Les deux autres groupes étaient des supplétifs libériens, des anciens rebelles Sierra Léonais et des dissidents guinéens entretenus par Charles Taylor du Liberia. Les visages familiers de la guerre civile du Liberia refaisaient surface parmi les rebelles dans les reportages télévisés. Les pilotes Ukrainiens et les mercenaires de ces guerres et ainsi que les guerres au Congo et en Angola apparaissaient constamment. Une grande partie des rebelles parlait anglais entre eux au lieu de parler français.

Après une période continue de combat, un accord de cessez-le-feu fut signé. Dans celui-ci, les rebelles contrôlaient une large partie de l'Ouest et du Nord du pays. Ceci ne signifiait pas la paix pour les pauvres ivoiriens qui vivaient dans les zones sous contrôle rebelles. Le 15 Février 2003, I'envoyé spécial de l'ONU pour les questions humanitaires dans la crise ivoirienne, Carolyn McAskie, rapporte que "I'Ouest de la Côte d'Ivoire, s'étalant approximativement de la ville côtière de Tabou aux villes montagneuses de Man, Danané et Touba, restaient dans l'extrême insécurité à cause des combats intenses entre des éléments armés et l'armée régulière. La présence des milices libériennes évoluant à visage découvert et des enfants drogués qui commettaient toute sorte d'atrocité avaient rendu l'endroit pas fréquentable". Elle poursuit, en incluant le Nord, "I'interruption totale des services de l'administration publique, dont les banques, dans les zones rebelles depuis Septembre 2002 était la cause du manque criard d'argent, spécialement dans le Nord, et la paralysie continue des services de santé" 11 y a près d'un million de réfugiés internes en Côte d'Ivoire.

Dans ce climat d'instabilité, la France a invité toutes les parties à une session de paix en France, du 15 au 23 Janvier 2003 à Linas Marcoussis, en France. Les participants à cette rencontre étaient le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire de même que les factions rebelles et les principaux partis politiques de Côte d'Ivoire. A cette encontre les adversaires politiques du gouvernement de Gbagbo et les forces militaires rebelles sont tombés d'accord de créer un gouvernement de réconciliation qui incluraient ces derniers. Le mandat du gouvernement élu actuel ne prend fin qu'en décembre 2005 et les Français et les rebelles ont décidé que pendant la période allant jusqu'à la fin du mandat présidentiel, I'opposition doit jouer un rôle crucial dans la gestion de l'Etat. Ils ont demandé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l'Intérieur. Cela ne fut pas le cas. Cependant, un Premier ministre dit de "consensus" a été nommé pour assurer l'harmonie.

Après une longue période de retard, les ministres des Forces Nouvelles ont pris place dans le gouvernement. Leur effectif avait diminué du fait de la fin de la guerre au Liberia où Charles Taylor a dû quitter le pouvoir. Beaucoup de combattants libériens sont retournés chez eux et ont laissé un vide parmi les rebelles. Ceux-là ont commencé à se déchirer entre eux et plusieurs chefs de guerre sont morts. Il y a une mini guerre civile qui se déroule entre les rebelles et chaque camp reproche à la France de ne pas la soutenir. Ces rebelles sont attaqués par d'autres rebelles; non pas par les FANCI. En février 2004, Chef Adams Coulibaly fut assassiné par son propre camp et Chef Adams fut tué le jours d'après.

En Mai 2004,1'0NU a découvert des charniers dans la ville de Korhogo, au Nord. Plus tard, il y a eu des affrontements à l'arme lourde entre des factions rivales qui ont laissé 22 morts à Korhogo et à Bouaké, la ville du centre. Ces combats ont commencé par une attaque nocturne le 20 Juin sur des hommes fortement armés qui convoyaient Guillaume Soro, le leader rebelle, du Burkina Faso à Korhogo. La violence de Juin faisait suite à ce que les forces loyales au leader rebelle appellent une tentative d'assassinat qu'ils attribuent à Ibrahim Coulibaly, dit IB, son rival basé à Paris. Des guerres intestines ont déclenché en zones rebelles.

Le 29 février 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU décide d'envoyer une force de maintien de la paix de plus de 6.000 soldats en Côte d'Ivoire en vue de superviser le processus de désarmement des forces rebelles et de préparer les élections présidentielles prévues pour Octobre 2005. Le Conseil a voté à l'unanimité pour la création de cette force de maintien de la paix après que les Etats-Unis eurent abandonné leur opposition au projet. L'opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire prit officiellement forme le 4 avril pour une période initiale de 12 mois. Elle remplaça la mission existante de l'ONU en Côte d'Ivoire, connue par son acronyme français MINUCI, qui contenait une poignée d'officiers de liaison.

La France a clairement indiqué que ses 4.000 soldats en Côte d'Ivoire ne feraient pas partie de la force de maintien de la paix, s'évaluant à 6.000 soldats onusiens. Les soldats ont assuré la paix et tout ce qu'elle pouvait trouver d'autre. Douze officiers français en service de maintien d'ordre en Côte d'Ivoire se sont rendus coupables de vol dans une banque en Septembre 2004. Il était assigné à ces soldats de protéger une agence de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et ont été mis en accusation pour le vol de 120.000 dollars. Ce n'est pas le cas unique de vol des Français.

Pendant l'année 2004, les rebelles ont refusé de désarmer comme prévu. Ils étaient engagés dans des conflits internes et des affrontements contre les FANCI. Ils refusent le retour à la normale (dans les écoles, les hôpitaux, les services publics) à travers le pays. Le 4 Novembre 2004, le gouvernement ivoirien a lancé des bombardements aériens contre les positions rebelles dans le nord du pays, aux alentours de la capitale déclarée de la rébellion à Bouaké. Les bombardements aériens ont obligé l'ONU à suspendre son action humanitaire, et ont marqué les premières des hostilités depuis la signature de l'accord de Mai 2003.

Le 6 novembre 2004, un avion militaire du gouvernement ivoirien a ouvert le feu sur une base militaire française, où des rebelles avaient trouvé refuge, faisant neuf morts parmi les troupes françaises et 31 autres blessés. En représailles, I'armée française a détruit les deux avions Sukhoi-25, en plus des cinq hélicoptères et une poudrière de l'armée ivoirienne, détruisant la flotte aérienne de la Côte d'Ivoire.

L'ordre d'user de représailles viendrait directement du Président Jacques Chirac. Le Conseil de Sécurité de l'ONU, entre-temps, tenait une réunion d'urgence pour discuter de la situation dans le pays et demander la fin de toutes les opérations militaires par les forces armées de Côte d'Ivoire.

Pendant ce temps, les militants pro-Gbagbo ont commencé à mettre le feu dans des écoles françaises dans la capitale ivoirienne, Abidjan et à piller les biens des français. En réaction à l'escalade de la violence, I'armée française a dépêché trois avions mirages à partir d'une autre base militaire française à Libreville, près du Gabon, en attente. Le ministre français de la défense, le jour suivant, annonçait que la France envoyait également une garnison de 600 soldats en renfort; 300 de ces soldats sont venus de Libreville pendant que 300, de même un escadron de gendarmerie sont venus de France.

La destruction de la flotte ivoirienne était un véritable coup dur puisqu'elle constituait le principal avantage du gouvernement sur les rebelles; le contrôle de l'espace aérien.

La France a détruit cela. Cela permettra à la rébellion de continuer et à la France de manipuler la Côte d'Ivoire à son aise. Il y a cependant des milliers de ressortissants français en Côte d'Ivoire et il est probable que des Ivoiriens très en colère se vengent.

Le problème fait objet de débat aux Nations Unies. Une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU qui s'est tenue à New York a condamné les bombardements aériens et la violation du cessez-le-feu du 23 Mai 2003 et a donné aux 10.000 soldats de la force de maintien de la paix l'autorisation d'"user de tous les moyens nécessaires" pour mettre fin aux hostilités. Le Conseil ne s'est pas rendu compte que l'armée à démanteler était l'armée française. Comme l'a indiqué le porte-parole de la Côte d'Ivoire, Désiré Tagro, "le Conseil de Sécurité devrait prendre des mesures contre la France; nous allons informer le monde entier que la France nous a attaqué."

Il est crucial que les amis de la Côte d'Ivoire se tiennent prêt à soutenir le régime élu de Laurent Gbagbo et à rejeter les manipulations françaises visant à prendre le contrôle effectif du pays. Plus particulièrement, ce n'est pas dans l'intérêt des Etats-Unis de laisser le désordre introduit par la France mettre ce pays sous tutelle française.

La France travaille avec le Gabon pour déstabiliser la Guinée Equatoriale pour les affaires de l'île de Corisco ; la France aide le Burkina Faso de Blaise Compaoré en vue d'empêcher les forces américaines d'y créer une base de lutte contre les terroristes; la France soutient le gouvernement du Soudan dans sa résistance contre la pression internationale au Darfour. Avec l'Espagne, la France recherche un renforcement du rôle de l'Union Européenne dans les pays du Golf de Guinée et s'oppose aux intérêts américains en Guinée Equatoriale, au Sao Tomé, au Gabon et au Cameroun. Ce n'est pas dans l'intérêt à long terme ou à court terme des Etats-Unis de laisser que la France s'en sorte avec ce "coup de théâtre" du putsch à Abidjan. Ce serait un mauvais exemple pour les amis africains de la démocratie. Les Etats-Unis devraient soutenir la Côte d'Ivoire en ces temps où elle en a besoin et permettre la démocratie et des intérêts éclairés de prévaloir.


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