L'armée française s'est retirée de l'aéroport international d'Abidjan dont elle avait pris le contrôle il y a plus de deux semaines pour faciliter l'évacuation de plus de 8.000 expatriés pris dans les violences en Côte d'Ivoire.
"Nous avons rendu l'aéroport. Nous participons toujours à la sécurité des pistes et du périmètre", a déclaré mardi le colonel Henry Aussavy, porte-parole des quelque 5.000 militaires français déployés en Côte d'Ivoire.
Une partie des militaires de l'opération Licorne reprendront leurs tâches de maintien de la paix en d'autres endroits du pays, divisé en deux depuis que des rebelles ont pris le contrôle du Nord après un coup d'Etat manqué contre le président Laurent Gbagbo, en septembre 2002.
Le redéploiement a été décidé avec l'armée ivoirienne, qui a annoncé dimanche que les militaires français se retireraient aussi cette semaine d'un hôtel d'Abidjan utilisé comme centre d'évacuation des étrangers pendant les émeutes.
La Côte d'Ivoire a plongé dans la crise il y a deux semaines et demie lorsque les forces gouvernementales ont bombardé le nord contrôlé par les ex-rebelles, rompant un cessez-le-feu en vigueur depuis dix-huit mois. Neuf militaires français de l'opération Licorne ont été tués.
La France a riposté en détruisant la quasi totalité de l'aviation ivoirienne, ce qui a déclenché de violentes émeutes contre les étrangers à Abidjan.
La vie a commencé à reprendre son cours normal dans la plus grande partie d'Abidjan, la capitale économique du pays, mais les militaires de l'opération Licorne maintiennent une présence discrète dans certains quartiers résidentiels où vivent des expatriés.
Air France, l'une des principales compagnies desservant Abidjan, a l'intention de reprendre lundi prochain ses vols entre Paris et la Côte d'Ivoire, mais elle ne proposera que deux vols hebdomadaires au lieu d'un vol quotidien avant la crise.