Les femmes africaines ministres et parlementaires qui se réunissent tous les deux ans veulent profiter des assises de Libreville pour démontrer aux uns et aux autres importance de mettre fin aux violences contre les femmes pour asseoir un vrai développement.
LA sixième Conférence régionale des femmes africaines ministres et parlementaires s'ouvre ce matin à l'hôtel intercontinental Okoumé Palace de Libreville. Cette manifestation qui va s'étaler sur quatre jours, c'est-à-dire du 23 au 26 novembre, est organisée par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et l'UNIFEM, et à laquelle est attendue une quarantaine de pays africains. Les conférenciers vont essentiellement débattre des violences faites aux femmes à travers le thème retenu cette année : «Le combat contre les violences faites aux femmes : une action clé dans la réalisation des objectifs de développement du Millénaire (ODM) en Afrique sub-saharienne.»
Un thème qui s'inscrit en tout cas dans le prolongement de la Conférence des femmes ministres et parlementaires africaines tenue au Cap Vert en 2002 et dont l'une des recommandations avait été «la nécessité d'une recherche opérationnelle sur les questions de genre, telles que les violences faites aux femmes». Un sujet important au demeurant d'autant que les inégalités entre les sexes sont encore criantes au sein de nôs Etats dont la phallocratie rampante a fini par corrompre fondamentalement les mentalités et orienter l'organisation sociale.
On peut s'en apercevoir à travers un certain nombre de dispositions légales en vigueur dans plusieurs pays africains qui font la part belle à la gent masculine. C'est le cas, notamment, du rôle de figuration que joue la femme en ce qui concerne l'héritage lors du décès de son époux. Ou encore s'agissant de la polygamie pour laquelle la loi offre une possibilité à l'homme d'avoir autant d'épouses selon son désir sans avoir à s'en remettre à l'avis de la femme. Ce sont là les inégalités, entre autres, qui constituent autant de violences morales qui figurent aux côtés des violence physiques dont les femmes sont victimes au quotidien en Afrique. Selon les estimations de l'organisation mondiale de la santé, une femme ou une fille sur trois est victime de violence du simple fait de son genre.
Cette sixième conférence va donc servir de plate-forme de démonstration de l'importance de l'éradication des violences faites aux femmes comme pré-requis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Car, en effet, si la marginalisation de la femme se poursuit, c'est toute la société africaine qui va se trouver sevrée d'une de ses mains d'oeuvre les plus significatives. En clair, la conférence vise à fournir les données sur les liens entre les violences faites aux femmes, la pauvreté, la santé de la reproduction, mettre à la disposition des femmes ministres et parlementaires les outils nécessaires pour le plaidoyer en faveur de l'élimination des violences faites aux femmes, etc.
La conférence va se caractériser par des présentations par des personnes ressources, des discussions en plénière, des travaux de groupes et aine session consacrée aux techniques de pression et de plaidoyer.