Cette décision est la plus tangible de toutes celles issues de la réunion du Conseil des ministres du COPAX à Brazzaville, samedi 18 décembre, à laquelle ont participé le ministre de la Défense nationale, Ali Bongo Ondimba et le ministre de la Sécurité publique, Pascal-Désiré Missongo.
LORS de la réunion du Conseil des ministres de la Défense et de la Sécurité, lacée sous l'égide du Conseil de paix et de sécante en Afrique centrale, samedi 18 décembre, à Brazzaville, le Gabon était représenté en force par les deux ministres concernés directement par l'enjeu de la sécurité dans le Cabinet Ntoutoume Emane III. A savoir Ali Bongo Ondimba et Pascal-Désiré Missongo, respectivement ministre de la Défense nationale et ministre de LA Sécurité publique et de l'Immigration. Cette réunion a connu un franc succès en terme de participation, neuf Etats membres sur les 11 que compte la Communauté se sont fait représenter ( Congo - Brazzaville, République démocratique du Congo, Centrafrique, Angola, Gabon, Cameroun, Tchad, Guinée Equatoriale ). Les absents étant le Rwanda, le Burundi et Sao Tomé et Principe.
Le résultat positif de cette réunion doit également se mesurer à l'aune des décisions qui ont été prises. La plus tangible d'entre toutes est sans conteste celle qui consiste à créer un état-major militaire régional dans la sous-région d'Afrique centrale où les scénarios de conflits n'ont pas disparu à jamais en dépit des différentes initiatives de médiations entreprises chaque fois que les crises politiques et militaires ont été portées à leur paroxysme.
Ainsi, les modalités de mise en place de cette structure ont dominé les débats au cours des réunions préparatoires, celles des experts et des chefs d'états-majors généraux avant la rencontre au niveau ministériel à proprement parler.
Dans le Rapport final; il ressort que cette structure sera dirigée par un chef d'état - major régional, assisté de cinq adjoints qui auront en charge les opérations, la formation, la logistique, les finances et la communication. L'état - major aura essentiellement pour tâche de diriger une nouvelle Brigade régionale de sécurité comprenant environ 2400 hommes. Evoquant les missions assignées à l'état -major naissant, le chef d'état -major général des Forces armées gabonaises, le général Ntori Longho, a été formel devant les journalistes qui l'interrogeaient sur place : le maintien de la paix en Afrique centrale.
De source sûre, hier matin, on a appris que la question des postes à pourvoir au sein du futur état-major régional a été réglée consensuellement afin d'encourager et d'instaurer un sentiment partagé d'appropriation de la CEEAC
Chef d'état -major régional Congo ), chef d'état -major régional adjoint ( Angola ), sous - chef d'état -major régional "Plans" -Opération et formation ( Cameroun ), sous chef d'état - major régional "logistique" (Tchad ),sous -chef d'état major régional " personnel, budget et finances (Guinée Equatoriale) , sous -chef d'état -major régional "Systèmes information et communication " ( RDC).
Il a fallu un huis clos des ministres présents pour atteindre ce résultat et retenir cette démarche sur le mode adhésif. De même, ils se sont longuement penchés sur la localisation siège de l'état -major régional. A ce propos, pour l'heure, il est question que le siège provisoire soit installé à Libreville, d'autant que la capitale gabonaise abrite le secrétariat général de la Communauté dans le quartier cossu du Haut de Gué-Gué.
L'autre point qui a suscité de vifs débats concerne la durée du mandat de l'état -major régional. Deux ans, c'est la périodicité retenue, entre temps les pays candidats pour abriter le siège définitif et permanent de l'état - major régional doivent d'ores et déjà faire acte de candidature et déposer leurs dossiers au siège de la CEEAC.. Ces propositions de candidature seront soumises à la décision de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement à l'horizon 2007.
S'il est un autre chapitre qui a nécessité de longues discussions entre les ministres de la Défense et de la Sécurité, c'est à n'en point douter le financement de la paix de la sous-région, en particulier avec la perspective de l'état - major régional. En vue de préparer le déroulement des manœuvres militaires conjointes " Barh El Gazel 2005 " prévues au Tchad, à en croire une source bien informée, la part exigée à chaque Etat est fixée a 80 millions de francs, le pays hôte devra verser pour sa part 200 millions de francs.
Comme l'indique la situation jugée extrêmement préoccupante dans la région des Grands Lacs, en particulier dans l'Est de la RDC selon les ministres de la Défense et de la Sécurité, le financement de la paix est un financement au développement économique. Des voix autorisées l'ont répété à maintes reprises. La naissance d'un état - major régional doté de moyens idoines pour mener la bataille de la faix est un pas dans la bonne direction. Mais il faudra se garder encore de tout triomphalisme.