Neuf chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), réunis en sommet extraordinaire au Niger pour se pencher sur la crise togolaise, ont condamné mercredi la désignation par l'armée du fils du président défunt Gnassingbe Eyadema et refusé de reconnaître le "gouvernement issu du coup d'Etat".
De son côté, le Conseil permanent de la Francophonie, réuni à Paris, a suspendu le Togo de l'organisation internationale, condamnant également le coup d'Etat et "les violations caractérisées et répétées de toutes les dispositions constitutionnelles en vigueur, au mépris absolu des principes de l'Etat de droit".
La coopération multilatérale est donc suspendue, "sauf les programmes bénéficiant directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au rétablissement de la démocratie", précise le communiqué de l'OIF.
A Niamey, les chefs d'Etat de la CEDEAO, réunis à l'appel du président en exercice de l'organisation rassemblant 15 pays, le nigérien Mamadou Tandja, ont précisé qu'ils enverraient une délégation de chefs d'Etat (Niger, Bénin, Mali et Ghana) à Lomé pour y présenter leur point de vue. Si le Togo refuse de coopérer, il encourt des sanctions de la CEDEAO.
Faure Gnassingbe, qui a prêté serment quelques heures à peine après le brutal décès de son père d'une crise cardiaque samedi, avait été invité à s'expliquer à Niamey, mais ne s'est pas déplacé.
Pour les dirigeants ouest-africains, le vote de l'Assemblée nationale togolaise avalisant la nomination par l'armée du fils du dictateur défunt est une "manipulation de la constitution". La CEDEAO appelle donc le Togo à "rétablir l'ordre constitutionnel".