Le nouveau président togolais Faure Eyadéma s'est adressé pour la première fois à la nation lors d'une allocution à la télévision et la radio mercredi, promettant des élections générales "dès que possible".
"Pour l'apaisement de la nation, nous avons ordonné la libération de tous les prisonniers de droit commun et accordé l'amnistie à tous les dirigeants politiques exilés pour leur permettre de se joindre, s'ils le souhaitent, à l'effort de reconstruction nationale", a-t-il déclaré lors de cette allocution de dix minutes.
"Nous avons demandé au chef de gouvernement de poursuivre (...) la mise en oeuvre de la promesse et de l'engagement en faveur de réformes démocratiques (...) en vue d'organiser des élections générales dès que possible", a ajouté M. Eyadéma. Il n'a fixé aucune date pour le scrutin et n'a pas évoqué la possibilité de nouvelles élections présidentielles.
"Nous promettons que nous maintiendrons les droits de l'homme et libertés individuelles et préserverons les relations avec toutes les organisations internationales, dont la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest et l'Union européenne", a-t-il dit.
Le ministre délégué français à la Coopération, Xavier Darcos, a pris ces engagements avec une grande prudence. Il faudra "vérifier si les promesses du président usurpé sont bonnes", a-t-il déclaré lors des Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Nous verrons si ces élections libres ont lieu".
"Si ce n'est pas le cas, la France jouera son rôle plein et entier dans le cadre des institutions internationale, et en particulier dans le cadre de l'Union européenne, qui avait décidé de reprendre des négociations de partenariat à partir du mois d'avril prochain avec le Togo", a dit M. Darcos.
A Lomé, la capitale togolaise, de nombreux commerces étaient fermés pour la deuxième journée consécutive pour dénoncer le remplacement par l'armée du président Gnassingbé Eyadéma, décédé samedi, par son fils Faure. Les partis d'opposition ont appelé leurs partisans à la grève générale.
Le haut commandement militaire a installé le nouveau président au pouvoir samedi quelques heures seulement après le décès soudain d'Eyadéma, le plus ancien dirigeant africain en exercice. Un "coup d'Etat" dénoncé par la communauté internationale, l'Union africaine, en tête, qui avait appelé au respect de la Constitution, prévoyant que le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim avant la tenue d'élections.