Omar Bongo Ondimba qui répondait aux questions des journalistes a ainsi résumé la détermination des pays du bassin du Congo à oeuvrer pour la préservation de ce massif forestier. D'autres questions tout aussi importantes, comme la mort du président Eyadema, ont figuré au menu de l'entretien.
LE président de la République, Omar Bongo Ondimba, est rentré hier à Libreville au terme d'un séjour de quarante huit heures à Brazzaville (Congo),où il a pris part aux côtés de ses pairs d'Afrique centrale et du président français Jacques Chirac aux travaux du IIe sommet des chefs d'Etat sur la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique centrale.
Les travaux qui ont pris fin samedi dernier ont débouché sur l'adoption d'un "principe de mise en place d'un mécanisme de financement basé sur le prélèvement d'un taux sur les recettes des produits forestiers et fauniques exportés afin de garantir le financement du plan de convergence" (une plate-forme commune pour la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers).
Le chef de l'Etat qui est revenu sur ce sommet de Brazzaville lors de l'entretien qu'il a accordé à la presse, s'est mondé à la fois satisfait du déroulement des travaux et dubitatif quant à l'application des résolutions prises.
Il s'appuie en cela sur les décisions du sommet de Rio (Brésil) sur la réduction de l'effet de serre qui ne sont jamais entrées véritablement en application, de même que sur le fait que la communauté internationale, bien .qu'elle encourage nos pays à oeuvrer dans le sens de la réservation de la forêt du bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde après celui d'Amazonie, n'apporte aucune solution de rechange pour le financement des projets de développement dans ces pays-là. D'autant que la forêt qui constitue une ressource importante d'accumulation de capitaux, contribue jusqu'à présent au développement de ces pays. «Ceux qui nous demandent de faire un effort pour conserver nos forêts, ne font rien pour nous aider, alors qu'ils savent que cela constitue une source de financement pour le développement de nos pays», a déclaré le chef de l'Etat.
De plus, pour Omar Bongo Ondimba, les pays du bassin du Congo ont mis en œuvre des politiques d'économies forestières. Cela se concrétise au Gabon par la conservation de treize sites, appelés parcs nationaux. En dépit de ces efforts considérables, les appels «aides et de partenariats internationaux n'ont guère obtenu satisfaction. A ce sujet, Gabon qui, semble-t-il, a un partenariat avec les Américains a déjà constitué un fonds pour la gestion de ces parcs. Mais côté américain, les choses sont confuses et ne semblent pas bouger assez vite. Le président de la République se demande d'ailleurs avec qui le gouvernement gabonais est en partenariat. Avec son homologue américain ou avec une ONG.
«Les forêts d'Afrique centrale ne vont pas disparaître», a renchéri Omar Bongo, qui reste malgré tout confiant en l'avenir du bassin du Congo et marqué sa satisfaction Huant à la présence du président français Jacques Chirac au cours de ce sommet de Brazzaville. Lequel, a dit le chef de l'Etat, a tenu compte de leurs critiques, leurs doléances et connaît parfaitement leurs attentes.
RESPECT DE LA CONSTITUTION• Le sommet de Brazzaville n'a pas été la seule question abordée parle chef de l'Etat dans son échange avec les journalistes. La mort du président togolais Eyadema a également figuré au menu de cet entretien. Pour le président de la République cette mort constitue «une grande perte pour l'Afrique». Il espère néanmoins que cette disparition sera l'occasion pour les Togolais de retrouver véritablement l'unité nationale après les soubresauts que le pays a connus. Même si l'on notait ces derniers temps quelques améliorations. En témoignent, les négociations à nouveau reprises avec les partenaires traditionnels du Togo, notamment l'Union européenne.
Mais, au regard de l'anticonstitutionnalité qui entoure la désignation du successeur du président Eyadema, rien en tout cas ne présage d'un avenir certain, s'inquiète le chef de l'Etat qui demande aux autorités togolaises de respecter la Constitution laissée par le président Eyadema. Sauf à considérer ce qui se passe au Togo comme un pis-aller, a déclaré le chef de l'Etat.
Sur le plan local, le président Omar Bongo Ondimba s'est prononcé sur les décisions prises récemment par la Commission nationale de lutte contre l'enrichissement illicite qui impose désormais aux gestionnaires de deniers publics de faire préalablement une déclaration de fortune. Une décision que le chef de l'Etat qualifie de conforme à la politique préconisée par le gouvernement et approuvée par la Cour constitutionnelle qui a examiné les règles qui régissent le fonctionnement de ladite commission.
Le numéro un gabonais qui dit soutenir fermement l'action de cette entité de lutte contre l'enrichissement illicite, précise cependant que les décisions qu'elle prend doivent être conformes à la loi fondamentale.