"(...) Si on vote et que c'est le "non" qui l'emporte, évidemment on reviendra à la case départ. Est-ce que les battus seront contents ? Et comme c'est toujours le cas en Afrique, quand on est battu, c'est le pouvoir qui a triché. Si c'est le "oui" qui l'emporte, ceux qui sont du côté du pouvoir diront aussi quelque chose "
Ces propos tout à fait curieux sont du président gabonais Omar Bongo Ondimba.
Il les a tenus, mardi dernier, sur les antennes de RFI, lorsqu'il donnait son point de vue sur l'organisation du référendum en Côte d'Ivoire portant sur l'article 35 de la Constitution.
A l'entendre parler, on se demande quelle idée Omar Bongo se fait des élections de façon générale. Pour lui, le "oui" ou le "non" ne doit pas sortir des urnes. Car, dans tous les cas, il va (toujours) poser problème. Ainsi pense-t-il qu'en Côte d'Ivoire, un "non" à l'amendement à l'article 35 peut faire reprendre la guerre et un "oui" va être facteur de troubles socio-politiques. Cependant, il ne dit pas qu'une autre réponse que le "oui" ou le "non" peut sortir des urnes.
Alors interrogations ! Soit, Omar Bongo est foncièrement contre toutes formes d'élections, donc dictateur. Soit, il perd la raison (plus de 30 ans au pouvoir, ça use les méninges) ou alors il a une autre idée derrière la tête.
Les deux premiers cas de figure sont logiques. pour un dictateur ou pour quelqu'un qui délire.
Quant au troisième cas de figure, vraisemblablement, il ne doit répondre à aucune logique démocratique. Ainsi va l'Afrique des présidents dépassés.