Selon la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), pour le reste de l’année 2004, les tensions inflationnistes devraient rester faibles dans les pays de la communauté compte tenu de l’amélioration de la production et de la distribution des produits vivriers, en rapport avec les perspectives favorables des campagnes agricoles et un meilleur approvisionnement des centres urbains en biens de consommation courante dans la plupart des pays membres.
Sous ces hypothèses, d’une part, et sur la base des réalisations à fin août 2004, d’autre part, les services de la BEAC prévoient un taux d’inflation annuel en moyenne de 0,3% au 31 décembre 2004.
Par pays les informations disponibles dégagent les tendances suivantes d’ici fin décembre 2004 :
Au Cameroun, la décélération des pressions sur les prix devrait se poursuivre sur le reste de l’année 2004, en dépit du renchérissement prévisible des produits pétroliers compte tenu de l’impact de la hausse des cours du brut sur les coûts des transports et, de façon implicite, sur les prix des produits vivriers dans les centres urbains. Ainsi, en moyenne annuelle, le taux d’inflation s’établirait à –5% en décembre 2004, contre 0,6% en 2003.
En République Centrafricaine, le ralentissement des tensions inflationnistes pourrait s’accentuer d’ici fin décembre 2004, en liaison avec la croissance modérée de la demande intérieurs, les perspectives favorables de l’offre des produits vivriers et le redressement du trafic fluvial et routier. Le taux d’inflation devrait se situer autour de 1% en moyenne annuelle à fin 2004, contre 4,2% en 2003.
Au Congo, la reprise de la consommation des ménages, les difficultés de fourniture d’énergie électrique par la Société nationale d’électricité (SNE) et la suspension du trafic ferroviaire, en liaison avec la persistance de l’insécurité sur la voie ferrée pourraient accroître les tensions inflationnistes sur le reste de l’année 2004. Au total, le taux d’inflation se situerait, en moyenne annuelle, autour de 2% au 31 décembre 2004, contre –1,2% en 2003.
Au Gabon, après la tendance baissière relevée au cours des huit premiers mois de l’année 2004, la mise en œuvre complète des engagements pris en septembre 2003 à l’issue de la signature de la trêve sociale entre les syndicats, le patronat et le gouvernement, d’une part, et la contraction des dépenses budgétaires , dans le cadre des programmes avec les institutions de Bretton woods, d’autre part, permettraient de contenir les pressions inflationnistes sur le reste de l’année. Ainsi, le taux d’inflation, en moyenne annuelle, se situerait autour de 1,5% en décembre 2004, contre 2% en 2003.
En Guinée équatoriale, la fermeté de la consommation des ménages soutenue notamment par l’amélioration des revenus dans les secteurs à haute intensité de main d’œuvre comme l’agriculture, la sylviculture et le BTP devrait continuer de peser sur l’évolution des prix à la consommation en 2004. Celle-ci resterait également dépendante de l’offre de produits vivriers, maraîchers et halieutiques des pays de la sous-région. Sur la base des évolutions des prix avant août 2004 et, compte tenu de tout ce qui précède, la hausse de l’indice des prix à la consommation pourrait se situer autour de 4% en 2004, en moyenne annuelle, conte 7,3% en 2003.
Au Tchad, la tendance baissière des prix à la consommation qui s’est accentuée au premier trimestre 2004, devrait se poursuivre sur le reste de l’année 2004, en dépit de la persistante d’un déficit énergétique aigu et l’accroissement prévu des dépenses budgétaires , à travers notamment les recrutements dans la fonction publique et l’augmentation effective de 7% des salaires des militaires. Toutefois, les perspectives d’une bonne campagne agricole 2004-2005 atténuerait la hausse prévisible du niveau général des prix. En définitive, sur la base des évolutions en cours des huit premiers mois de l’année, le taux d’inflation ressortirait autour de –7%, en moyenne annuelle, au 31 août 2004, contre –1,8% en 2003.
En conclusion, les tensions inflationnistes se sont allégées dans la plupart des pays membres de la CEMAC au 31 août 2004. En dépit de la forte appréciation des cours du pétrole de ces derniers mois, cette tendance favorable devrait se poursuivre d’ici la fin de l’année, en rapport notamment à la disponibilité des produits vivriers et maraîchers et la bonne tenue de l’offre des biens de consommation courante. Ainsi, si la tendance observée à fin août 2004 se poursuit sur le reste de l’année, le taux d’inflation moyen de la CEMAC pourrait se situer autour de 0,3% au 31 décembre 2004.