Les mesures préconisées devraient favoriser l'investissement. Aujourd'hui, l'investisseur se trouve pénalisé du fait de coûts de fonctionnement élevés attribuables essentiellement au prix de l'énergie et de l'eau.
LE Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, a procédé à l'ouverture officielle du Forum sur l'intégration régionale. C'était hier, en présence des membres du gouvernement, dont le vice-Premier ministre Paul Mba Abessole, les ministres d'Etat Casimir Oyé Mba et Jean-Rémy Pendy Bouyiki.
Cette réunion, placée sous le haut patronage du président de la République Omar Bongo Ondimba, président en exercice de la Cémac, et dont la préparation a été assurée par le ministre du Commerce, Paul Biyoghé Mba a porté sur la présentation des conclusions de l'étude sur les contraintes et perspectives de l'investissement dans la région Cémac.
Quatre allocutions ont précédé le discours d'ouverture du chef du gouvernement. Celle du secrétaire exécutif de la Cemac, Jean Nkuété, celle du ministre gabonais du Commerce, celle de la directrice de la Coopération économique de l'Agente intergouvernementale de la Francophonie (AIF) Mme Maria Niculesru, et enfin celle du chef de la promotion des investissements à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), Mme Nazha Denabbes Taarji, les organismes représentés par ces dernières ayant participe a la réalisation de cette étude prospective du marché de la Cémac.
Dans l'ensemble, on retient que les mesures préconisées permettraient une amélioration sensible du climat d'investissement dans cette zone. Cela, dans un délai raisonnable de deux à trois ans.
En fait, le champ de ces études s'est étendu des choix stratégiques à la mise en œuvre de tout le dispositif d'une politique d'investissement dont l'acceptation va au-delà de cette de l'IED (Investissement étranger direct).
Ces mesures devraient donc conduire à une plus grande efficacité des politiques des Etats membres et des institutions communautaires à l'endroit de l'investissement, à travers la mise à jour du dispositif y afférent ainsi que l'allègement des procédures de caractère administratif.
Ainsi, émergerait un environnement favorable à l'investissement, dont la transparence et la clarté se trouveraient assurées. Il faut dire que les recommandations faites par la Cnuced et l'AIF l'ont été en tenant compte des tendances régionales et internationales, de la dimension et des structures économiques des pays membres.
Aussi tiennent-elles compte des stratégies des entreprises transnationales (ETN), de la nécessité de privilégier la notion de compétitivité et des engagements pris. Il va sans dire que les transformations préconisées obéissaient à un ordre séquentiel dicté par des impératifs de cohérence.
En clair, les réformes destinées à améliorer le climat de l'investissement devraient précéder les actions de promotion. De même que les réformes administratives et institutionnelles devraient précéder la détermination des règles du jeu pour l'investisseur.
REECHELONNEMENT DE LA DETTE. Aujourd'hui, la modification du dispositif institutionnel de la Cémac est considérée comme un préalable à l'encadrement communautaire de l'investissement.
Les réformes comporteraient l'introduction au sein des administrations concernées des règles strictes de gestion. Elles seraient également mises à l'abri des interférences politiques et menées par une entité indépendante, touchant transversalement aux différentes administrations concernées.
L'étude diagnostique coréalisée par la Cnuced et l'Agence de la Francophonie, aura permis de dégager les raisons de la très faible performance des pays membres au plan de l'attraction de l'investissement.
Il s'agit essentiellement de leur dimension économique, des structures de production souvent dominées par le secteur public, d'une offre de travail inadéquate, d'infrastructures physiques et administratives insuffisantes, et d'une politique d'investissement incohérente et caractérisée par un cadre réglementaire et institutionnel inadéquat, peu transparent et comportant des pratiques informelles.
Il s'agit, enfin, d'un climat politique régional incertain. De plus non seulement l'investissement est essentiellement le fait des Etats, mais celui-ci est généralement financé de l'extérieur, sous la forme d'aides, de prêts privés, de rééchelonnements de la dette et des revenus de transfert.
Le caractère précaire de ces sources de financement, tempéré parfois par les perspectives de recettes pétrolières accrues, demeure préoccupant. Quant à l'investissement privé, faible, il n'est guère alimenté par l'épargne domestique.
Ce secteur, formé pour l'essentiel de petites et moyennes entreprises ressortissant souvent à l'économie informelle et aux structures largement familiales, ainsi que de micro-entreprises, soufre d'un accès difficile au crédit à court, moyen et long terme.
Et, en l'absence de marché financier, le secteur privé ne saurait croître. L'investisseur se trouve donc pénalise du fait de coûts de fonctionnement élevés attribuables au prix de l'énergie et de l'eau.