Plusieurs facteurs endogènes et exogènes sont à l'origine de cette situation.
LE Forum sur l'intégration régionale qui s'est tenu avant-hier à Gabon Expo à l'initiative de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) a été mis a profit par l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) pour restituer les résultats d'une étude qu'elles ont réalisée sur l'investissement dans la zone Cémac.
L'examen de ce travail indique que les contraintes et les perspectives d'investissement dans l'espace Cémac sont mitigées. Ainsi, dans le prolongement des préoccupations précédemment énumérées, étude révèle-t-elle que les perspectives offertes par la privatisation ne sont pas très significatives.
En effet, si la privatisation des secteurs comme les télécommunications a un impact positif, celle de l'électricité et de l'eau s'avère moins aisée du fait qu'un approvisionnement garanti en hydrocarbures, a certaines conditions de prix, et des facilités de stockage suffisantes, constitueraient, selon cette étude, l'amorce d'une solution au problème énergétique.
A cela, s'ajoute la faible productivité d'une main d'oeuvre dont les qualifications répondent peu aux besoins des entreprises. Certes, la création d'un fonds communautaire d'appui à la formation professionnelle, ainsi que le renforcement des centres subrégionaux de formation exiltan1s, constituent un début de réponse aux préoccupations décrites.
Mais le véritable point noir demeure le défi posé par la main-d'oeuvre clandestine, en un mot l'omniprésente économie informelle. Un problème qui, selon la Cnuced et l'AIF, ne saurait être résolu que par des mesures spécifiques.
Tout comme l'attitude des pouvoirs publics vis-à-vis des expatriés, dont les conditions de travail et de séjour devraient faire l'objet de règles et de pratiques plus objectives et plus transparentes.
CIRCUITS COMMERCIAUX• En tout état de cause l'investisseur demeurerait circonspect. Car, aux risques inhérents au projet, s'ajoute le risque pays. Les opportunités offertes à l'investisseur se ressentent donc nécessairement des contraintes signalées. Lesquelles n'affectent pas cependant les différents secteurs et branches d'activité de façon uniforme.
Selon l'étude, les activités agricoles, dans le secteur primaire, n'ont pas atteint leurs limites naturelles, y compris les cultures vivrières.
La pêche est, quant à elle, appelée à se développer moyennant certains aménagements. Et le coton, dans les pays où il est cultivé, peut avoir un bel avenir si les subventions dans les pays concurrents prennent fin.
En outre, le secteur de l'élevage demeure le point fort de certaines économies. Cependant, selon la Cnuced et l'AIF, les développements positifs attendus n'auraient cours que moyennant la mise à disposition des crédits nécessaires aux opérateurs, la réorganisation circuit-commerciaux, l'assistance technique et l'application des normes internationales.
S'agissant des activités secondaires elles sont réduites et les contraintes sont fortement ressenties. En fait, "les perspectives des industries de transformation ne prendraient corps que si des mesures étaient prises pour briser la structure du marché de l'offre caractérisé par un quasi monopole et l'entreprise informelle". De même que si des normes de qualité étaient introduites et rigoureusement respectées.
Quant aux activités du secteur tertiaire (tourisme ou services d'appoint fournis aux entreprises étrangères établies dans la sous-région mais dont l'activité est orientée vers l'extérieur), compte tenu de leur nature et de leur interdépendance ainsi que de leur vocation à être exposées, les axes de développement de l'une de ces activités seraient plus ou moins communs aux autres.
ENJEUX. Il faut aussi dire que les transports et les télécommunications y occupent une place privilégiée, suivis du commerce, des services non marchands et des banques et assurances. Les perspectives y demeurent tributaires des progrès réalisés au niveau des structures et de la facilitation des opérations de transit et d'entreposage.
Quant au tourisme, son avenir est lié à sa capacité d'attirer de grandes chaînes hôtelières et à l'adoption de mesures destinées à la mise en valeur du patrimoine écologique, au développement des centres d'accueil et de loisirs et, à l'amélioration de certaines infrastructures.
Pour le secteur bancaire, qui a connu des aléas liés essentiellement aux problèmes de gouvernance, la prudence réside dans la conduite de ses opérations. Son développement est conditionné, d'une part, par la politique monétaire mise en place.
D'autre part, par toutes les mesures susceptibles d'améliorer le climat général de l'investissement, de favoriser l'émergence d'un marché financier et d'introduire davantage de discipline dans le dénouement des transactions.
Le développement du secteur des assurances se heurte également à des problèmes de gouvernance. Des mesures de caractère réglementaire pourraient sans doute lui donner un nouvel élan.
L'enjeu n'est pas négligeable compte tenu de la possibilité d'investir sur le marché local tout ou partie des réserves techniques constituées. Il y aurait là sans doute de quoi alimenter un marché des valeurs qui reste à créer.