Considéré comme l'un des sujets les plus importants de ce sommet, l'état d'avancement du dossier d'Air Cémac fera l'objet d'une attention particulière de la part des chefs d'État et du président de la Bad. On se rappelle que les ministres des Transports de la communauté avaient émis le voeu, en décembre dernier à Libreville, de voir se concrétiser la volonté politique des chefs d'État de créer cette compagnie communautaire. Cela, dès le premier trimestre 2005.
EN conclave en décembre dernier à Libreville, les ministres des Transports de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) avaient fait le pari de fixer le lancement officiel d'Air Cémac pour ce début d'année 2005. Mais il fallait attendre l'occasion de ce Sommet de la Cémac pour que les chefs d'État prennent connaissance du dossier et apprécient son état d'avancement sur les deux
plans technique et financier.
En tout cas, ce n'est pas la volonté politique qui pourrait faire défaut quant à l'aboutissement de ce dossier intégrateur. Après la décision de créer une compagnie aérienne communautaire, décision prise par les chefs des Etats membres de la Cémac au cours d'une conférence tenue à Yaoundé en décembre 2001, cette volonté s'était ensuite manifestée lors du Sommet de janvier 2004 à Brazzaville.
A cette occasion, une nouvelle impulsion avait été donnée au processus d'intégration régionale, les chefs d'État étant décidés à accélérer la création de cette compagnie communautaire, et étant «fermement engagés à libérer leurs parts du capital dans les meilleurs délais», selon ce qu'avait indiqué le communiqué final des travaux de Brazzaville.
Au départ, la nouvelle compagnie devait entrer en service en juin 2002. Mais cette ambition n'avait pas suffisamment tenu compte des implications financières d'un projet d'une telle envergure.
Par la suite, on a su, après des études de faisabilité, que la mise en route d'Air Cémac devrait coûter 15 milliards de francs financés à hauteur de 70% par les opérateurs économiques de la zone et de 30% par les Etats membres.
Le Comité de pilotage, immédiatement créé pour combler cette lacune, a dispensé, en 2003, un volume important d'informations auprès des opérateurs économiques privés. L'objectif était de les sensibiliser sur le rôle hautement intégrateur, et donc économiquement viable, de ce projet dans la perspective souhaitée par les chefs d'Etat du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad.
PROJET PORTEUR • Selon le secrétaire exécutif de la Cémac, Jean Nkuete, le projet était d'autant plus viable que «la sous-région est peuplée de 30 millions d'habitants, sa périphérie immédiate avec la République démocratique du Congo (RDC) et le Nigeria est peuplée de 170 millions d'habitants (...) Ce qui, avait-il estimé, garantit à l'année, en terme de transport aérien, 720.000 passagers long courrier et 830.000 passagers régionaux».
Pour ce qui est de la faisabilité technique, les ministres des Transports des Etats membres de la Cémac, au cours d'une réunion ad hoc tenue en mars 2004, ont commis une mission du Comité de pilotage pour se rendre au Maroc afin d'approfondir et affiner les intentions de la Royal Air Maroc (RAM): Cette compagnie présentait en effet des dispositions allant dans le sens de la création et du développement d'un partenariat d'affaires avec la future compagnie communautaire de transport aérien régionale.
Cette mission de contact était composée des ministres gabonais et centrafricain des Transports, ainsi que du secrétariat exécutif de Cémac, de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) et de la Banque africaine de développement (BAD). Les résultats espérés ont été atteints, Royal Air Maroc s'étant révélé comme le partenaire stratégique recherché.
Pour sa part, la BAD, dont le président Omar Kabbaj avait été invité a participer à la réunion, avait fait part de «sa totale disponibilité à accompagner les Etats membres de la Cémac dans la mise en ouvre de ce projet».
Concrètement, la Banque africaine de développement, à travers un Fonds d'investissement, s'engageait à soutenir financièrement la création de cette nouvelle compagnie présentée comme un projet intégrateur; selon la définition du Népad.
Au cours du Sommet qui se tient à Libreville depuis ce matin, les chefs d'État de la Cémac auront donc le loisir d'apprécier le dossier et de donner les indications qui s'imposent pour effectuer un nouveau pas vers la réalisation de la compagnie communautaire Air Cémac.