Le président du groupe de la Bad, Omar Kabbaj, s'est réjoui des performances économiques réalisées ces dernières années sur le continent, et spécialement dans la zone Cémac. Mais l'homme a attiré l'attention des chefs d'État sur la nécessité d'adopter des comportements préventifs face aux surprises désagréables qui ne manquent jamais d'affecter le marché international.
PARMI les thèmes qui ont été développés dans les neuf discours prononcés hier à la cité de la Démocratie, à l'ouverture du sixième sommet de la Cémac, on retient que l'économie africaine a enregistré l'une de ses plus grandes performances de ces dernières années. C'est le président du groupe de la Banque africaine de développement (Bad), Omar Kabbaj, qui a livré cette information, se réjouissant de la progression de notre continent au plan économique.
Selon les informations fournies par la Bad, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de notre continent a atteint une moyenne de 4,5% en 2004, augmentant. de 2,3% le PIB par habitant. Ce taux de 4,5%, a-t-il précisé, est de loin supérieur à celui de 3,4% atteint au cours des cinq dernières années.
L'Afrique n'avait plus enregistré une telle progression depuis 1996, a affirmé M. Omar Kabbaj devant les chefs d'État de la Cémac - Omar Bongo Ondimba (Gabon), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée E Equatoriale), Denis Sassou Ngguesso (Congo), Idriss Deby (Tchad) et François Bozizé (Centrafrique) - manifestement satisfaits des efforts accomplis sur le continent. Ces chefs d'État se sont sentis d'autant plus réconfortés que c'est la région de la Cémac qui a enregistré les meilleurs résultats en 2004, contribuant de façon notable à la performance générale du continent. En effet, le taux de croissance de notre sous-région a pu atteindre 10,5%; le solde budgétaire ayant enregistré un taux positif de 5,2% - le plus élevé depuis dix ans - tandis que le taux d'inflation se stabilisait à 3,5%.
Les raisons d'un tel succès sont à rechercher, certes, dans la forte demande internationale de matières premières et la mise en service de nouvelles sources de production pétrolière. Mais aussi dans le changement positif de comportement dans la gestion macroéconomique sur le plan national.
M. Omar Kabbaj a d'ailleurs profité de cette tribune pour dire la nécessité pour nos pays de tirer partie de l'augmentation du prix des matières premières et des importants bénéfices qui ont découlé de cette situation exceptionnelle. Ainsi, en mettant de côté une proportion importante de ces bénéfices, les États de la Cémac peuvent-ils poursuivre les réformes entreprises depuis quelque temps, aucun pays n'étant à l'abri des éventuelles surprises désagréables qui pourraient survenir sur le marché.
Ce conseil est judicieux à plus d'un titre, le continent continuant de faire face à des défis majeurs. Ainsi que l'a rappelé le président de la Bad, il faudra résoudre la question des conflits persistants, continuer de lutter contre la pauvreté, four espérer atteindre les objectifs du millénaire. Maintenir la pression sur la pandémie du VIH/Sida, etc.