Le jeu de société « Stop Sida », conçu par un jeune Sénégalais et distribué par un autre Sénégalais est né. Il faut dire que les idées ne leur manquent point. Car, ils ont fait en sorte que le jeu, par-delà son caractère ludique, puisse ouvrir les yeux à ceux qui le pratiquent.
Le sida n'a pas encore fini de faire couler beaucoup d'encre et de salive. Et pour cause. À part le paludisme qui tue quelque 2 millions de personnes par an à travers le monde, cette pandémie a de quoi inquiéter très sérieusement les populations. Car, contrairement au palu, que l'on peut combattre efficacement lorsqu'on le décèle et traite rapidement, face au sida, c'est jusqu'à présent l'impuissance totale. Point de vaccin à l'horizon et peu d'espoir pour le moment, à part les anti-rétroviraux qui ne font que retarder le stade de la maladie Sida ou ne sont pas à la portée du commun des mortels.
Malgré tout, des hommes et des femmes se battent jour et nuit pour espérer, un jour, trouver le « remède-miracle » qui nous fera dormir du sommeil du juste parce que voyant, en ce moment-là, le futur tout en couleurs.
Les gouvernements, chercheurs, chefs religieux, appuyés par la communauté internationale dans son ensemble, concoctent, à longueur d'année, des programmes, surtout de sensibilisation en direction des populations. L'Afrique, continent le plus touché, a pris le taureau par les cornes pour éviter l'hécatombe.
Sensibilisation, c'est le maître-mot. Surtout qu'à côté des premiers acteurs cités, d'autres Africains se sont investis dans cette lutte en espérant, par leur action, contribuer à mieux "familiariser" le plus grand nombre avec ce fléau des temps modernes.
À l'image du Monopoly
C'est ainsi qu'est né le jeu « Stop Sida », conçu par un jeune Sénégalais qui en a laissé la promotion et la distribution à un autre Sénégalais. Il faut dire que les idées ne leur manquent point. Car, ils ont fait en sorte que le jeu, par-delà son caractère ludique, puisse ouvrir les yeux à ceux qui le pratiquent.
Ce jeu a été conçu à l'image du « monopoly ». Mais là, il ne s'agit pas d'acheter et de vendre, mais bien d'indiquer les principales causes de la maladie et la manière dont les joueurs doivent s'y prendre pour les éviter. Il est composé d'une planche constituée d'obstacles qui correspondent aux causes de la maladie, d'un dé, de quarante cartes représentant respectivement six lames, autant de seringues, de préservatifs, de rasoirs et de brosses à dents. Quatre jokers sont prévus pour remplacer tous les remèdes.
Sur la planche, l'on trouve des cases à risque et sans risque. Les premières concernent la scarification, la brosse à dents, l'infidélité, le rasage et le tatouage. Dans les secondes, on trouve la fidélité et l'abstinence. Avec les cartes, jetons et dé, l'arbitre peut siffler le début de la partie, après avoir expliqué le règlement aux diverses parties prenantes. Et le tour est joué.
L'objectif principal est de permettre à la cible de comprendre les enjeux du sida en jouant, ce qui permet de développer ainsi le réflexe de prévention. "À terme, ce jeu entend devenir une forme générique dans la panoplie des outils de sensibilisation à l'adresse de la jeunesse d'une manière générale", explique M. Salif Bâ qui a pris en charge le volet promotion et distribution.
Trophées symboliques
Le second objectif, fait-il savoir, est "d'inciter les parents et autres leaders d'opinion à adopter le jeu dans les foyers et à amener les jeunes, dans un cadre ludique, à s'auto-sensibiliser, en les dotant de trophées symboliques en vue de contribuer à leur auto-information. L'objectif étant de "tromper le sida en jouant". La même stratégie devra être adoptée en direction des militaires, dans les casernes".
S'agissant des jeunes, un tournoi national est prévu dans chaque pays, et les meilleurs en découdront à l'échelle du continent, à Libreville. Le sommet de la Francophonie de Niamey permettra de désigner le "meilleur stoppeur du sida". Il faut dire que l'Oif s'intéresse beaucoup à ce projet. Et c'est la raison pour laquelle elle a décidé d'assurer la traduction du jeu dans quatre ou cinq langues nationales, car jusqu'à présent, il n'existe qu'en français et anglais.
Le jeu a été validé, approuvé ou reconnu par différents pays et structures : Conseil national de Lutte contre le Sida (Sénégal), Fondation Bill & Melinda Gates (Usa), Centre régional d'Information et de Prévention du Sida (France), Opdas & ministère de la Santé (Gabon), ministère de la Jeunesse, Cnls (Guinée Conakry), Fondation Partage/Plan (Mali), ministère de la Santé/ministère de la Justice (Burkina Faso).
En première ligne
La Gambie, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Niger et le Rwanda complètent la liste pendant que, pour les autres pays africains, la validation ne saurait tarder, nous assure M. Salif Bâ qui conduit au pas de charge la promotion et la formation de Stop Sida. Il faut dire qu'il évolue en terrain connu, car il a déjà, toujours concernant la pandémie, produit une bande dessinée rendant hommage au jeune Nkosi et adoptée par le ministère de l'Education nationale d'Afrique du Sud.
Ce qu'il faut enfin retenir, c'est qu'en décembre, le jeu sera lancé au Niger et au Mali, sous l'égide des Premières dames de ce pays. Le Sénégal, la Guinée et le Gabon ont été les précurseurs s'agissant du lancement du produit.