La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a indiqué mardi que "la situation sur l'ensemble de la Côte d'Ivoire est calme" mais "très tendue" à Abidjan, "en particulier autour de l'hôtel Ivoire".
"Il y a des manifestations qui ont lieu depuis le début de l'après-midi et c'est vrai que l'on sait qu'il y a une tension, c'est quelque chose qui est palpable", a-t-elle rapporté au terme de son audition à huis clos par les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Interrogée sur d'éventuels tirs à proximité de l'hôtel Ivoire à Abidjan, la ministre a répondu qu'au début de son audition à l'Assemblée, vers 16h15, elle "n'avai(t) pas d'indication en ce sens, mais il peut y avoir des tirs d'intimidation".
Elle a assuré qu'"il n'y a pas aujourd'hui de plan d'évacuation global particulier". "En revanche, dans un certain nombre de cas, pour des raisons de grande tension, il y a un certain nombre de gens que nous rapatrierons s'ils le souhaitent", a-t-elle précisé.
Un "certain nombre d'avions" a été affrété "parce que nous avons encore des blessés qui sont sur place, donc nous allons les ramener", a-t-elle expliqué. Ce sera l'occasion "de ramener aussi des personnes qui sont dans une situation de très forte tension psychologique ou qui peuvent avoir besoin d'un rapatriement sanitaire". Questionnée sur le nombre de demandes de rapatriement effectuées, la ministre a répondu: "à ma connaissance, en ce moment, il y en a quelques-unes, mais pas beaucoup".
"Mon collègue belge m'a dit que si je souhaitais il avait un certain nombre de moyens qu'il mettrait à ma disposition, mais nous n'avons pas fait appel à des moyens extérieurs", a-t-elle précisé.
Pour résoudre la crise, Mme Alliot-Marie a souligné que seule une "solution politique est possible et seule une solution politique est nécessaire pour permettre de garder l'intégralité, l'unité de la Côte d'Ivoire et pour permettre un retour au calme". "Il est donc indispensable que l'ensemble de ce qui a été inscrit dans les accords de Marcoussis, qui ont été repris par les accords d'Accra III, soit mis en oeuvre", a-t-elle plaidé.
"Notre mission, c'est de protéger les ressortissants français et étrangers qui sont ici, ce n'est pas déstabiliser les institutions de Côte d'Ivoire", a-t-elle conclu.