Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution présentée par la France imposant un embargo sur les armes à la Côte d'Ivoire.
Les 15 membres du Conseil ont également approuvé le principe d'une menace de sanctions qui pourraient être prises en décembre à l'encontre de responsables gouvernementaux ou de dirigeants rebelles accusés d'entretenir les violences en Côte d'Ivoire.
La liste de ces personnes, interdites de tout déplacement à l'étranger et dont les avoirs seraient gelés à compter du 15 décembre, sera établie par une commission nommée par le Conseil de sécurité. Des diplomates ont déclaré que le président ivoirien Laurent Gbagbo figurerait probablement sur cette liste.
L'embargo sur les armes est à effet immédiat en raison de l'appel en ce sens formulé par l'Union africaine, a précisé l'ambassadeur de la France auprès de l'Onu, Jean-Marc de la Sablière.
La France, ancienne puissance coloniale, a soumis son projet de résolution à l'Onu à la suite de l'attaque par l'aviation gouvernementale de positions rebelles le 4 novembre, en violation de la trêve en vigueur depuis mai 2003, et après le bombardement, toujours par l'armée fidèle à Gbagbo, d'un camp militaire français dans lequel neuf soldats de l'opération Licorne ont été tués deux jours plus tard.
Le Conseil de sécurité avait repoussé l'examen de ce texte afin de donner une chance à la médiation entreprise par l'Union africaine pour renouer le dialogue entre le pouvoir ivoirien et les rebelles qui contrôlent le nord du pays depuis une tentative de coup d'Etat en septembre 2002.
En représailles à la mort de ses soldats, la France a partiellement détruit la flotte ivoirienne, ce qui a provoqué des émeutes antifrançaises à Abidjan et conduit à l'évacuation de plusieurs milliers d'étrangers de Côte d'Ivoire.
Le retour à un calme relatif dans la principale ville du pays n'a pas empêché la multiplication des accusations réciproques entre les autorités ivoiriennes et françaises, le président français Jacques Chirac s'interrogeant même publiquement sur le "régime contestable" de Gbagbo.
Du côté du pouvoir ivoirien, on n'hésite pas à réclamer le départ des troupes françaises déployées sous mandat de l'Onu pour protéger les expatriés et aider l'Onuci, la force des Nations unies, à surveiller la zone de confiance séparant le pays en deux.
Après le vote à l'Onu de la résolution d'inspiration française coparrainée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne, la Roumanie et le Chili, le représentant de la Côte d'Ivoire, Philippe Djangone-Bi, a accusé Paris d'être désormais "partie dans le conflit" ivoirien aux côtés des rebelles.
"C'est bien connu, on ne peut pas être juge et partie", a-t-il déclaré aux journalistes.