Les chefs d'Etat réunis dans la capitale nigériane ont condamné tout recours aux opérations militaires et encouragé les démarches diplomatiques et politiques visant le retour à la paix et la restauration d'une situation normale en Côte d'Ivoire.
RÉUNIS dimanche dernier,autour du chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine (UA), les présidents Abdoulaye Wade (Sénégal), Omar Bongo Ondimba (Gabon), Gnassingbé Eyadema (Togo), Blaise Compaoré (Bukina Faso) John Kufuor (Ghana et président en exercice de la Cédeao), ont organisé leurs échanges avec pour objectif principal de rétablir le dialogue après le sommet d'Accra III et surtout, examiner les perspectives permettant de soutenir les principes et les modalités retentis dans l'accord de cessez-le-feu entre les forces ivoiriennes et les rebelles. Le président ivoirien Laurent Gbagbo était représenté à cette rencontre par Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale. Le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, Albert Tévoedjré et Ali Tréki envoyé spécial du leader de la Jamahiriya arabe libyenne socialiste ont pris une part active aux entretiens qui ont duré plusieurs heures.
Les chefs d'Etat ont pris connaissance du rapport sanctionnant les consultations menées par le président sud africain Thabo Mbéki mandaté par l'Union africaine. Pour ce faire, le président Mbéki a rencontré son homologue ivoirien Laurent Gbagbo à Abidjan, avant de recevoir à Pretoria, les leaders de l'opposition ivoirienne, Alassane Ouattara (RDR) et Alphonse Dje Dje lady (PDCI).
Il a également rencontré dans la capitale sud-africaine le président burkinabé, Blaise Compaoré. Pour sa part, Guillaume Soro secrétaire général des Forces Nouvelles est attendu dans les prochains jours en Afrique du Sud.
RÉSOLUTION • Les chefs d'Etat africains réunis à Abuja ont exprimé leur soutien au projet de résolution présenté par la France au Conseil de sécurité des Nations unies et soutenu par plusieurs Etats européens, prévoyant des sanctions contre la Côte d'Ivoire. Mieux, ils ont demandé un embargo sur les armes avec effet «immédiat» alors que ce projet de résolution initié par la France prévoyait pour une durée de douze mois, «l'imposition d'un embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire, d'une interdiction de voyager et d'un gel des avoirs des personnes désignées comme constituant une menace pour la paix et la réconciliation».
Pour le président Omar Bongo Ondimba et ses pairs, ces mesures expriment la préoccupation de la communauté internationale face à une possible reprise des combats entre les troupes régulières ivoiriennes et les rebelles. Elles affirment surtout la volonté des chefs d'État africains de poursuivre la mission de médiation entre les parties ivoiriennes afin de parvenir à une solution pacifique, politique et négociée de la crise ivoirienne.
Sur cette lancée, ils ont demandé la convocation d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Union africaine au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement dans un délai de trois semaines. Une rencontre qui pourrait proposer à l'examen, en vue d'une application effective, les contenus du dernier accord d'Accra en juillet 2004 prolongement des actes de Linas-Marcoussis en juillet 2003.
Les chefs d'Etat africains ont également déploré la détérioration de la situation sociale, économique et politique en Côte d'Ivoire et ont réaffirmé à cet effet leur soutien au maintien de la force de la paix dans l'exécution de son mandat. Le sommet d'Abuja a confirmé l'option africaine pour un règlement durable de la crise ivoirienne qui passe par la restauration de la paix et la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire.