Pour le gouverneur de la Banque centrale, beaucoup de choses restent encore à faire et la seule voie pour nos économies de petite taille d'éviter la marginalisation au plan mondial, reste la poursuite de l'approfondissement de l'intégration.
LE gouverneur de la Banqué des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), Jean-Félix Mamalépot, a déclaré hier après-midi au Novotel Rapontchombo que «notre sous région est à la croisée des chemins. Beaucoup de choses restent encore à faire».
Invité par les organisateurs du "Séminaire de sensibilisation au droit communautaire et ,à l'intégration sous-régionale dans la Cémac". pour faire une communication sur "La BEAC et l'intégration régionale", M. Mamalépot a expliqué que la seule voie, pour nos économies de petite taille, était la poursuite de l'approfondissement de l'intégration afin d'éviter la marginalisation au plan mondial.
En effet, a déclaré le gouverneur de la BEAC, il est bien connu que l'intégration régionale permet aux producteurs de richesses de réaliser de plus grandes économies d'échelle, d'attirer les investisseurs étrangers par l'organisation d'un marché sans frontière avec sa masse critique de consommateurs potentiels et d'additionner les ressources pour la mise en place d'infrastructures viables au niveau régional ou dans d'autres domaines.
RESPECT DES TEXTES. L'une des conditions pour la poursuite de cette aventure commune, est le respect des textes et règlements pris par les différentes instances de la Communauté. «Le rôle de la Cour de justice' communautaire, lieu d'arbitrage des conflits, est potentiel»,a estimé M. Mamalépot.
L'ensemble des réformes monétaires, bancaires et financières ainsi que le renforcement de la discipline budgétaire dans les Etats ont permis, avec le concours de la communauté financière internationale, d'inverser la tendance à la dégradation des principaux indicateurs macroéconomiques observée dans les années 1990.
En effet, à partir de 2000, la situation macroéconomique de la Cémac s'est nettement améliorée. Elle se présente pour la période 2000-2004, comme suit:
- le taux de croissance du PIB en termes réels s'est situé autour de 5% ;
- le taux d'inflation s'est établi en moyenne autour de 2%
- le solde budgétaire, base engagements, hors dons, est devenu excédentaire, avec une moyenne de 2,7% sur la période;
- le taux d'endettement public pour l'ensemble de la zone s'est établi autour de 65% contre une moyenne supérieure à 100% au cours des périodes antérieures;
- le taux de couverture extérieure de la monnaie s'est situé autour de 65%, largement au dessus de la norme de 20% prévue par les statuts de la Banque;
-les systèmes bancaires nationaux sont désormais globalement assainis.
Les réformes monétaires qui se poursuivent ainsi que la nouvelle dynamique de l'intégration amorcée avec le Programme sous-régional de redressement économique et financier et le démarrage de l'exercice de surveillance multilatérale, devraient contribuer à parachever le train des réformes engagés pour moderniser davantage et accroître l'efficacité de la poli-tique monétaire commune.
Pour M. Mamalépot, l'intégration régionale constitue une des idées chie personne n'a jamais remise en cause dans la sous-région d'Afrique centrale. Sa nécessité économique four les Etats de la zone qui souffrent de la relative exiguïté de leurs marchés intérieurs, a été bien comprise dès les indépendances. Cette exigence s'est renforcée au cours de la dernière décennie sous l'effet de l'accélération du processus de mondialisation et de globalisation des échanges.
En outre, a poursuivi le gouverneur, l'approche régionale permet de se préparer à affronter la concurrence internationale et défaire valoir les intérêts de la sous-région avec plus d'assurance et de force dans le concert des nations.
Toujours selon M. Mamalépot,les idées sur le développement sont sujettes à des modes, avec des périodes d'accélération, de déclin puis de renouveau. Ainsi, en est-il de même du processus d'intégration dans la sous-région, comme du reste dans les autres régions du monde.
Le rôle de la BEAC dans ce processus d'intégration régionale est multiforme, et il s est renforcé au fil du temps.
VULGARISER. La BEAC est l'institut d'émission commun aux six états membres de la Cémac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, BCA et Tchad). Sa principale mission est d'émettre la monnaie commune, le flanc cfa et de garantir sa stabilité. Dans l'architecture générale de la Cémac, la BEAC constitue l'un des organes-clé centrale, taire de l'Afrique avec la Cobac et la BDEAC.
Au-delà de ses missions traditionnelles, la BEAC constitue l'un des instruments au service de l'intégration dans la sous-région, a relevé M. Mamalépot, qui s'est réjoui de l'organisation dé ce "Séminaire de sensibilisation au droit communautaire et à l'intégration sous-régionale dans la Cémac" qui «nous donne l'occasion de mieux faire connaître notre jeune Communauté auprès des populations, de nos administrations nationales, des élus du peuple et des opérateurs économiques».
Ceci est d'autant plus important que la sous-région d'Afrique centrale a besoin d'actions de communication et de promotion pour vulgariser le droit communautaire et diffuser la culture de la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques qui constitue le socle du développement des économies modernes.