La France a déployé samedi trois avions chasseurs Mirage-F1 à Libreville par "mesure de précaution" en raison de la situation en Côte d'Ivoire, selon une source militaire française dans la capitale gabonaise.
"Compte tenu de la situation en République de Côte d'Ivoire, la France a décidé de déployer trois Mirage F1-CR à Libreville en provenance de N'Djamena par mesure de précaution", a indiqué cette source militaire à l'AFP.
Ce déploiement intervient alors que l'armée française a détruit au sol à Yamoussoukro (centre de la Côte d'Ivoire) samedi deux chasseurs bombardiers ivoiriens, qui avaient bombardé plus tôt une position française en Côte d'Ivoire, tuant huit soldats français et en blessant 23.
Ces deux Sukhoi avaient mené ces dernières 72 heures plusieurs raids sur des localités du nord de la Côte d'Ivoire tenue par les rebelles depuis septembre 2002.
Le Mirage F1-CR est un avion de combat et de reconnaissance.
Environ 800 militaires français sont déployés dans le cadre des Troupes françaises au Gabon (TFG), en grande partie à Libreville.
Les TFG disposent d'installations sur l'aéroport de Libreville, où sont stationnés en permanence deux avions de transport Hercules C-130 et trois hélicoptères Cougar.
Libreville a servi à plusieurs reprise de base de départ pour des déploiement de troupes en Afrique, notamment de la force européenne en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo-RDC) ou de détachements de soutien pour la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
Les TFG étaient intervenues à Bangui à la mi-mars 2003, peu après le coup d'Etat du général François Bozizé, pour permettre l'évacuation de près de 800 ressortissants français et étrangers.
Quelque 200 éléments des TFG assurent toujours la sécurité de l'aéroport de Bangui ainsi qu'une mission de soutien aux soldats de la Force de paix Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) dans la capitale centrafricaine.
Libreville avait également servi de plate-forme lors du déploiement de la force militaire française Licorne en Côte d'Ivoire en octobre 2002.