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Paris ne veut pas déstabiliser la Côte d'Ivoire, selon Barnier
Auteur:  Reuters  | Date: 7 Novembre 2004  | Réactions ()
Section: Gabon/Afrique  | Source: Reuters

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Michel Barnier a déclaré dimanche que la France ne voulait pas "déstabiliser la Côte d'Ivoire et ses institutions ou prendre parti" mais que son seul projet était "la paix et uniquement la paix".

"En aucune façon, la France n'est là pour déstabiliser la Côte d'Ivoire et ses institutions ou prendre parti. Elle a avant tout le souci de préserver la légalité constitutionnelle. Il n'y a pas d'intention cachée", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Ensemble, retrouvons le calme. Le seul projet pour la France est la paix et uniquement la paix. Elle continuera d'agir, dans le cadre des Nations unies, pour la reprise du processus de paix, à laquelle le peuple ivoirien aspire et qui passe par l'adoption des réformes et le désarmement", a ajouté Michel Barnier.

Le chef de la diplomatie française a expliqué en quoi l'action des soldats français en Côte d'Ivoire visait à "sécuriser et non déstabiliser" le pays.

Il a rappelé le bilan de l'attaque de l'aviation gouvernementale irakienne samedi à Bouake: neuf soldats français tués, 22 autres blessés et un civil américain tué.

"De nombreuses familles sont aujourd'hui dans le deuil. Comme il est de règle, en pareilles circonstances, nous en avons tiré les conséquences et nous avons neutralisé les appareils ivoiriens d'attaque qui avaient violé le cessez-le-feu", a déclaré Michel Barnier.

"Comme toujours, dans des circonstances de crise, les forces françaises ont en particulier pour mission de sécuriser nos ressortissants, ce qui suppose qu'elles conservent leur liberté de mouvement et qu'elles puissent recevoir des renforts, car actuellement l'essentiel des troupes est au Nord", a-t-il précisé.

"UNE SITUATION D'OCCUPATION"

"C'est cela et cela seulement qui nous a conduits à nous déployer dans certains secteurs d'Abidjan et à devoir sécuriser l'aéroport Houphouët-Boigny, c'est-à-dire être certains que l'aéroport resterait toujours disponible. C'est bien de cela qu'il s'agit: sécuriser. Rien d'autre. Sécuriser et non déstabiliser", a insisté le ministre des Affaires étrangères.

Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, avait estimé dimanche matin que son pays était en état "d'occupation" et avait exigé le départ des soldats français de l'opération Licorne.

Interrogé sur France Inter, il a également accusé Jacques Chirac d'avoir armé la rébellion luttant contre le gouvernement de Laurent Gbagbo.

"Depuis le début de cette crise, nous avons le sentiment et les preuves que c'est Jacques Chirac qui a armé les rebelles", a-t-il expliqué sur France Inter. Dans l'esprit du président français, a-t-il poursuivi, "la Côte d'Ivoire est devenue un territoire d'outre-mer".

"Nous sommes dans une situation d'occupation (...) Ce que la population ivoirienne souhaite, c'est que cette armée d'occupation libère le territoire et s'en aille", a-t-il insisté.

La France a déployé un contingent de plus de 4.000 hommes en Côte d'Ivoire, soit la plus grande opération extérieure jamais organisée par l'armée française. Paris a annoncé l'envoi de plus de 600 hommes en renfort après les violences de samedi.

Les effectifs de la force multinationale des Nations unies, l'Onuci, s'élèvent à 6.000 soldats.

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