Le président Oumar Bongo du Gabon s’est prononcé hier, à sa sortie d’un déjeuner à l’Elysée, sur la crise ivoirienne dont il est, depuis le sommet d’Accra III, le principal facilitateur.
"Le gouvernement ivoirien est en train de travailler sur ce que nous avons dit et fait à Accra III. Attendons. Je sais que cela dure un peu mais il faut aussi faire avec son temps", a déclaré à la presse Omar Bongo, qui a exprimé en des termes explicites, l’attitude que chacun doit avoir en face du pouvoir ivoirien : "Laissons le président Laurent Gbagbo travailler", a-t-il ajouté. Les propos du président gabonais interviennent à un moment où la tension est montée entre les acteurs de la crise ivoirienne. Une situation consécutive à la difficile mise en route du processus de désarmement des combattants prévu le 15 octobre 2004.
L’opposition politique et armée a conditionné le début du désarmement aux réformes politiques conçues à partir de l’accord controversé de Marcoussis signé en janvier 2002, en France. Suite à ce nouveau blocage, certaines sources diplomatiques n’ont pas écarté l’idée d’un autre mini-sommet à Libreville(Gabon)à la fin de la visite du président Bongo en France. Même si la question n’a pas été abordée à l’issue du déjeuner qu’il a partagé avec son homologue français, cette éventualité n’est pas écartée. L'accord d'Accra, arraché le 30 juillet dans la capitale ghanéenne par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, prévoit une série de réformes politiques pour aboutir au désarmement et à l'unification de la Côte d'Ivoire, coupée en deux par une rébellion armée qui contrôle le nord du pays depuis septembre 2002.
"Tout cela ne peut pas se faire aussi vite que l'on pense", a déclaré Omar Bongo, à l'issue de sa rencontre avec Jacques Chirac. "Nous avons encore quelques mois", a-t-il ajouté en soulignant que la prochaine échéance était 2005, date des élections présidentielle et législatives en Côte d'Ivoire. "Il faut tout faire pour que ces élections aient lieu". Le président Oumar Bongo a joué un rôle important dans la réintégration des trois ministres dont Guillaume Soro, saqués par le président Laurent Gbagbo. Le Front populaire ivoirien (Fpi), parti au pouvoir a opté récemment pour le règlement militaire. Le président Laurent Gbagbo s’était écarté de cette option dans un entretien au journal le Figaro. “ La solution militaire n’est pas dans mon plan ”, a-t-il indiqué.
|