Le BDP-Gabon Nouveau l'a déjà dit et le répète : pour cause de sous-développement, le Gabon en temps de "paix" perd plus de citoyens qu'un pays en temps de guerre civile. Ce que ceci veut dire est que le sous-développement tue plus de gens au Gabon que dans un pays qui vit la guerre civile de plein fouet.
Ce que cela veut dire aussi, en matière de culpabilité, c'est que la personne qui est responsable de toutes ces pertes en vies humaines, c'est Omar Bongo. La conclusion la plus évidente est donc qu'Omar Bongo est un criminel meurtrier qui mérite de rendre des comptes au peuple gabonais pour les crimes commis à son encontre.
Car comment expliquer que dans un pays aux richesses innombrables comme le Gabon, avec une population d'à peine un million d'habitants, un crash aussi abominable ait pu se passer, privant de leur vie des Gabonais qui auraient, dans un autre pays, évité ce pire par la simple application des lois et la prévention des accidents qui en découle? Et comment expliquer qu'au jour d'aujourd'hui, le Gabon manque encore d'équipements et d'équipes de secours qui auraient pu sauver la vie de bien de personnes dans cet accident où le pilote, par sa bravoure, a fait tout ce qu'il a pu pour minimiser les coûts en vies humaines ?
A un moment où Omar Bongo, pour ses campagnes électorales, s'achète des hélicoptères PUMA coûtant 10 milliards de F CFA, cet argent sorti illégalement des caisses de l'état gabonais à des fins personnelles n'aurait-il pas suffi pour doter l'aéroport de Libreville d'infrastructures de secours dignes de ce nom, infrastructures capables de faire face à des situations de crise comme celle qui vient de coûter inutilement la vie à nos compatriotes ?
Que ceux qui en doutaient encore se rendent donc à l'évidence : le régime Bongo souffre d'un double mal : celui de la dictature et de l'incompétence.
Le fort d'une dictature comme celle de Bongo c'est qu'elle encourage l'état de non-droit qui fait que les membres du régime et leurs complices se prélassent dans un état d'impunité totale. Ceci aboutit à la formation d'un état où ne triomphe que la loi du plus fort, c'est-à-dire l'état de jungle qui mène à la suppression de l'état de droit au profit de l'état mafia. Et c'est cet état mafia qui devient le protecteur de la criminalité multiforme qui sévit actuellement au Gabon. Cette criminalité multiforme, on la retrouve justement dans le cas de compagnies aériennes comme Gabon Express, qui, parce qu'elles appartiennent aux barons du régime, dont Omar Bongo lui-même, peuvent se permettre de passer outre les lois gabonaises pour opérer hors la loi, parce qu'elles jouissent de la protection directe du régime et d'Omar Bongo. Malheureusement, quand la présence de l'état fait défaut dans l'application de ses propres lois, et quand ne prévalent que les principes de la mafia d'état, on aboutit à une situation où le citoyen, pris en otage, devient la victime permanente des cupidités diverses qui se dégagent d'un régime comme celui de Bongo.
Du coup, la notion d'incompétence prend sa juste valeur car le but de l'état mafia consiste justement à tuer la compétence (qui aurait mené à des sanctions et obligations judiciaires pour les compagnies opérant dans l'illégalité), pour encourager l'irresponsabilité, la médiocrité et la démission collective. Dès lors, le chemin reste ouvert à toutes les exactions mafieuses du régime.
La combinaison, donc, de la dictature et de l'incompétence devient ainsi une combinaison meurtrière car la dictature, pour s'entretenir, a besoin d'énormément de ressources pour corrompre et s'assurer la fidélité de sa mafia. Là où un milliard de francs CFA auraient pu suffire pour construire un hôpital ultra moderne et contenter directement les Gabonais et sauver leurs vies, le régime dépense 10 milliards pour corrompre des gens capables d'assurer sa survie politique. Là où, dans le cas de Gabon Express, la loi aurait pu, si appliquée, imposer le respect des règles élémentaires de sécurité pour prévenir les accidents, on voit plutôt l'envie de l'enrichissement illicite et rapide triompher et le non respect des lois mener à la vétusté et à l'utilisation d'avions non conformes aux normes minimales de sécurité. Et pire même encore que cela, là où Omar Bongo aurait dû investir de l'argent dans le développement de la sécurité aérienne du Gabon par l'achat d'équipements de secours adéquats (hélicoptères, ambulances, équipes d'intervention rapide, etc.), on voit plutôt le dictateur détourner cet argent à son profit personnel pour s'acheter des hélicoptères pour ses campagnes électorales, privant ainsi le pays de ressources qui auraient pu sauver la vie de la vingtaine de compatriotes morts le 8 juin 2004.
En gros, à chaque fois qu'Omar Bongo et sa mafia détournent les ressources qui auraient pu servir à développer le Gabon, ils deviennent de vrais meurtriers qui, par leur détournements, transforment les routes, aéroports et hôpitaux du pays en mouroirs, assassinant ainsi directement et impitoyablement des milliers de Gabonais chaque année.
L'accident d'avion du 8 juin ne peut donc être vu comme un incident isolé : le bilan humain du sous-développement causé par Omar Bongo au Gabon depuis 1967 est monstrueux. Il peut se résumer en centaines de milliers de vies humaines perdues inutilement. Faites vous-mêmes le calcul :
- au Gabon, entre 6000 et 7000 femmes meurent chaque année des complications de l'accouchement : Cela ferait donc, en 37 ans de pouvoir Bongo, 222 000 femmes au moins, mortes à cause du détournement des ressources hospitalières par Omar Bongo.
- au Gabon, 15% des enfants meurent avant l'âge de 5 ans et 49% des Gabonais meurent avant l'âge de 60 ans.
- Au Gabon, 28% des nouveaux nés gabonais âgés d'un an ne sont pas vaccinés contre la tuberculose et 68% ne sont pas vaccinés contre la rougeole. Le Gabon ne compte que 19 docteurs et 56 infirmiers et infirmières pour chaque 100.000 habitants. Notez qu'un pays comme le Sao Tomé compte 32 médecins pour 100.000 habitans, alors que son revenu par habitant (PNB) n'est que de 290 dollars, contre près de 5000 dollars pour le Gabon.
- Au Gabon, les accidents de la route ainsi que l'insécurité généralisée dans le pays font chaque année des centaines de morts.
Et ce n'est là que la pointe de l'iceberg meurtrier que constitue le sous-développement au Gabon. Quand on fait ainsi le bilan du Gabon en matière de sécurité, de santé et de bien-être, on se rend compte que le sous-développement tue proportionnellement plus de gens au Gabon que dans un pays en pleine guerre civile.
Il est alors insolent que face à cet insupportable bilan, Omar Bongo, comme à son habitude, ait l'indécence de proposer des obsèques nationales aux familles des victimes, alors qu'il est lui-même directement responsable de ces morts. Comment s'étonner que ces familles refusent cette offre, qui sent la corruption à grande échelle ? Ces familles ont compris que les obsèques nationales, dans un pays où Omar Bongo a tué la solidarité et l'unité nationale au profit de lui-même et de sa mafia, ne veulent rien dire. Par ce refus, elles expriment leur ras-le-bol d'être devenues les victimes d'un état mafia dont Omar Bongo est le premier responsable.
Si Omar Bongo était encore un être humain doué du sens de la dignité, de l'altruisme et de la fierté nationale, cela ferait longtemps qu'il aurait démissionné du pouvoir. Etre un dictateur est une chose que l'on peut comprendre et même accepter. Il y a des dictateurs comme Saddam Hussein qui, par fierté nationale, ont développé acceptablement leurs pays, les dotant de structures médicales et administratives parmi les plus modernes dans le monde arabe. Mais quand on est à la fois dictateur et incompétent, alors tous les repères se perdent et c'est la dérive totale pour un pays qui n'a plus à sa tête que des animaux et non des êtres humains.
Devant cette animalité mafieuse, il va falloir que les Gabonais s'organisent et se préparent à la plus grande révolte de l'histoire du Gabon, pour chasser de ce pays tous ceux qui, pendant les 37 dernières années, ont pris le Gabon en otage pour l'animaliser par le vol, le viol, la corruption et le sous-développement meurtrier. A la tête des criminels à pourchasser se trouve Omar Bongo. Il devra, avec ses complices, rendre des comptes au peuple pour ces crimes. On peut tout faire à son peuple, mais il y a des limites. Ce que le Gabon ne peut plus accepter c'est l'impardonnable et continuel meurtre du peuple gabonais par Omar Bongo.
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