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Au Gabon, il y a assez d'argent (...) sans que l'on ait besoin de devenir mendiant auprès du FMI, de la Chine ou autres. Cet argent est coincé dans les comptes privés d'Omar Bongo, de sa famille et de ceux qui sont complices avec lui pour tuer et dépecer le Gabon
Dr. Daniel Mengara, Discours à la nation du 17 août 2004
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Violences sociales au Gabon : autopsie d’un bongoïsme essoufflé
Auteur:  Dr. Daniel Mengara, Coordonnateur, BDP  | Date: 21 Avril 2004  | Réactions ()
Section: Analyses et Opinions

On le sait et on s’y est habitué : le régime Bongo  aime à se comporter en régime épouvantail. Combien de fois n’a-t-on pas vu Omar Bongo se lever soudainement un beau matin pour s’étonner que dans son pays les choses aillent si mal ? Combien de fois n’a-t-on pas vu Omar Bongo, dans ces situations, promettre des changements radicaux qui, le jour d’après, ont tôt fait d’être oubliés ? Ces promesses et décisions, cela fait 38 ans qu’on les voit affirmées, répétées puis oubliées, au point que le régime Bongo est devenu ridiculement inefficace, tellement il est évident qu’il a perdu toute crédibilité aux yeux des 95% des Gabonais qui, aux dernières élections locales, ont préféré s’abstenir plutôt que d’aller perdre leur temps à valider par leur vote la fraude électorale d’un gouvernement complètement essoufflé et frappé d’une abjecte léthargie étatique.

Et comme Omar Bongo ne sait comment renoncer à ses mauvaises habitudes, voilà qu’il se remet à son jeu d’épouvantail habituel. Et comme à son habitude, il semble s’être subitement réveillé d’un coma de 38 ans, pour se rendre compte que dans les écoles et universités gabonaises sévissait désormais un état de jungle qui ne dit rien de bon sur la psychologie schizophrénisée d’une jeunesse gabonaise abandonnée à elle-même. Pire encore, Omar Bongo et ses sbires incompétents semblent interpréter les violences observées sur les campus universitaires et les cours d’écoles comme des phénomènes isolés, alors même que l’humeur générale du pays laisse entendre le contraire. En cela, les champions de la médiocrité gouvernementale que sont Omar Bongo et ses acolytes ont encore montré leurs limites : ils sont incapables de faire le lien entre les violences observées dans les établissements d’enseignement scolaire et les agressions multiformes que subissent chaque jour les Gabonais dans tout le pays et à tous les niveaux de leurs vies insupportablement miséreuses.

Dans tous les recoins de Libreville, on ne compte plus les cas d’agression, de viols, vols et assassinats perpétrés par des criminels en tous genres, criminels qui font aujourd’hui de Libreville l’une des capitales les plus insécurisées du monde, sans que l’état Bongo soit capable de combattre ces crimes par des mesures gouvernementales appropriées et crédibles. A l’intérieur même du pays, les fameux cas d’agression par les « maquisards » se sont multipliés, et les pauvres populations de notre Gabon profond ne savent plus ou donner de la tête. Et comme si cela ne suffisait pas, les criminels qui sévissent à Libreville n’hésitent plus à s’attaquer à l’état lui-même. Ce mois d’avril a par exemple vu le bureau même du Procureur de la république sis au palais de justice dévalisé par des cambrioleurs. L’année dernière, le fameux vice-président fantôme de la république bongoïste se serait, aux dires de Jeune Afrique, fait agresser par les citoyens de Mouila qui auraient barré la piste à son avion pour l’empêcher de décoller. On peut citer des dizaines de cas d’agression similaires dans tout le pays, sans que l’on sache où se trouve l’état dans tout cela. Les fameuses opérations de sécurisation de Libreville annoncées à grandes pompes par Ali Ben Bongo se sont toutes soldées par des échecs cuisants qui ont fini par rendre ridicule et pitoyable toute initiative prise par l’état Bongo.

C’est dire que le pays vit dans un tel état d’abandon que l’on se demande s’il y a encore un gouvernement au Gabon capable de résolutions porteuses. Quand un gouvernement ne peut plus assurer la sécurité de ses citoyens, c’est qu’il n’y a plus, à vrai dire, d’état. Et quand un gouvernement se met à chercher des boucs émissaires politiques pour expliquer son incompréhensible échec dans la gestion d’un état aussi facile à gérer que le Gabon, c’est que le comble de la médiocrité gouvernementale a été atteint.

Il est par conséquent tout simplement inadmissible que le régime Bongo, pour expliquer les violences qui règnent partout au Gabon, rende les universités et les écoles gabonaises responsables de son échec à assurer la sécurité des personnes et des biens dans un pays d’à peine un million d’habitants. Pourquoi le régime Bongo n’arrive-t-il pas à comprendre que les violences dans les universités et écoles gabonaises ne sont que le reflet des agressions généralisées auxquelles font face quotidiennement les Gabonais, dans un pays sans police et sans foi ni loi ? Pourquoi Omar Bongo ne comprend-il pas qu’il insulte l’intelligence des Gabonais quand il réunit des conseils de cabinet et de ministres dont le seul but, en dehors de nominations kilométriquement intarissables, est de dépister de supposés manipulateurs et agitateurs politiques tapis dans l’ombre au sein des étudiants et écoliers pour les pousser au désordre et à la rébellion?

Bongo croit-il réellement que les étudiants gabonais ont besoin d’un agitateur politique en leur sein pour savoir qu’ils vivent dans des conditions d’études difficiles parce que les quelques milliards qui auraient pu améliorer leurs conditions de vie et d’études ont été détournés par Omar Bongo et sa clique de brigands d’état ? Bongo croit-il que les professeurs gabonais qui se révoltent dans les lycées et les universités ont besoin d’agitateurs politiques pour comprendre que l’argent qui aurait pu leur assurer des conditions de travail optimales est allé se perdre à Paris pour acheter les robes à 1 million de Francs CFA que porte Edith Sassou ? Bongo croit-il que le Gabonais qui voit son frère dépecé avec une cruauté animalière sur une voie ferrée par des criminels jamais arrêtés ni poursuivis a besoin d’un manipulateur politique pour comprendre que ce crime fut commis avec la complicité de certains membres du régime Bongo, dont certains ont été promus par Bongo lui-même au lieu d’être envoyés en prison ? Bongo croit-il que la maman qui, faute de médicaments à l’hôpital, voit son enfant crever sous ses propres yeux aura besoin d’un fauteur de trouble politique pour comprendre que c’est à cause de Bongo en personne et de ce qu’il a fait du Gabon que cet enfant se meurt ?

Pour qui donc, en fin de compte, Omar Bongo prend-il les Gabonais ? Omar Bongo ne comprend-il pas encore que ce pays qu’il essaie en vain d’épouvanter et qu’il croit encore contrôler lui échappe déjà des mains et que bientôt les Gabonais de toutes les provinces du pays s’uniront pour mettre à la porte, dans une explosion sociale jamais vue au Gabon, tous ceux-là qui avec Bongo auront impitoyablement assassiné, violé, volé et animalisé les Gabonais pendant 38 ans de satanisme mafieux ?

Les signes ne trompent pas. Le régime Bongo est essoufflé et respire en ce moment ses dernières bouffées d’air pourri par 38 ans de génocide impitoyable contre son propre peuple.

Non, Monsieur Bongo. Ce n’est pas le BDP qui manipule les étudiants et les jette dans la rue. Ce qui les jette dans la rue c’est votre gestion désastreuse du Gabon, une gestion qui a animalisé toute une nation et l’a conduite à l’individualisme, à l’immoralité, à la loi de la jungle, au manque d’esprit patriotique et au crime comme seule voie de salut. Quand un Gabonais meurt sur un campus universitaire tué par des étudiants à bout de nerfs parce que bestialisés par les conditions de vie stressante dans lesquelles ils vivent, il faut y voir non pas la main du BDP, mais la main d’Omar Bongo et de son état mafia. Quand un Gabonais se voit contraint de devenir cambrioleur parce que, sans emploi, il ne peut subvenir aux besoins les plus élémentaires de sa famille, il faut y voir la conséquence de l’incompétence bongoïste et non le BDP. 

Ce n’est donc pas en s’attaquant au BDP par mots voilés que les problèmes d’insécurité, de santé, d’emploi, d’économie et de stabilité seront résolus au Gabon. Cette tendance du régime à rechercher des boucs émissaires politiques plutôt que de résoudre les vrais problèmes du Gabon est une honte pour notre pays, et demande qu’Omar Bongo accepte le simple fait qu’il ne peut plus rien faire de bon pour le Gabon et que le temps de partir est venu. C’est là le seul service que Bongo puisse encore rendre aux Gabonais. Tout autre acte, tout autre discours entrepris par Omar Bongo ou par ceux qui le soutienne animalièrement dans le but de se maintenir au pouvoir ne servira qu’à précipiter la fin d’un régime devenu véritable meurtrissure dans la vie des Gabonais. Et cela, les Gabonais ne l’accepteront plus pour très longtemps.

Dr. Daniel Mengara
Coordonnateur, BDP-Gabon Nouveau
Premier Ministre, Gouvernement gabonais de salut national en exil.


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