COTONOU, 1er sept 2001 (AFP) - 14h34 - Le trafic des enfants béninois vers le Gabon se poursuit et devient une "activité quotidienne des passeurs qui inventent de nouvelles stratégies au fil des jours", a indiqué à l'AFP une source officielle.
"Le trafic des enfants vers le Gabon est une activité quotidienne des passeurs. Les enfants victimes du trafic continuent toujours d'arriver dans ce pays. Tous les jours, les bateaux débarquent des enfants au Gabon", a déclaré à l'AFP, Codjo Sodokin, président de la section gabonaise du Haut Conseil des Béninois de l'Extérieur (HCBE).
"Le phénomène est très complexe. Ceux qui sont impliqués dans ce trafic inventent chaque jour de nouvelles stratégies pour tromper la virgilance de la force publique", a-t-il ajouté.
Président de la section gabonaise du HCBE, Codjo Sodokin dirige également l'ONG "Vidomègon" qui lutte contre le trafic des enfants au Gabon. Son centre d'accueil accueille quotidiennement des enfants qui ont fugué ou qui lui sont confiés par l'Ambassade.
"Nous recevons en moyenne trente enfants par mois qui sont pour la plupart des Béninois. Parmi les enfants recupérés par notre centre, une centaine ont été déjà rapatriés au Bénin", a-t-il expliqué.
Selon lui, il s'agit pour la plupart d'enfants interceptés par la police ou qui vont se plaindre à l'ambassade, parce qu'ils sont maltraités.
"Au départ le mot a choqué, mais aujourd'hui, nous devons reconnaître que ce sont réellement de petits esclaves. Il n'y a pas d'autre terme aujourd'hui pour désigner ces enfants", a-t-il dénoncé.
"Ce sont des enfants placés par des passeurs dans les ménages pour des prix qui varient entre 50.000 et 60.000 F.CFA (600 FF, 91,46 Euros)", a-t-il affirmé.
"Ce n'est pas de l'émotion, ni de la passion, mais la réalité crue. Vous verrez de petits enfants béninois au marché, au bord des routes avec des bagages sur la tête. Certains se réveillent à 4 heures du matin, alors qu'ils se sont endormis à une heure voire deux heures du matin".
"On en trouve même qui portent des marques de plaques de fer à repasser sur la tempe ou sur le sein, des griffures sur le visage et sur le corps", a-t-il expliqué.
Le Bénin est considéré depuis quelques années comme la plaque tournante du trafic des enfants mineurs en Afrique de l'ouest.
Pour des sommes allant de 15.000 à 25.000 CFA des parents confient leurs enfants à des passeurs qui promettent de prendre en charge leur éducation.
Ces enfants sont ensuite cédés à des exploitants agrioles pour des sommes qui avoisinent 200.000, voire 300.000 CFA.
Plus de 5.000 enfants ont été interceptés par la police béninoise aux différentes frontières ces cinq dernières années.
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