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19 novembre 2008
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Pensée du jour 
A travers la palabre se dessine la constitution d'un espace public, et plus généralement d'un état d'esprit qui ne conçoit pas la vérité sous un seul angle. La palabre met en scène le pouvoir, met en ordre une société et donne du sens au langage.
Jean-Godefroy Bidima, Docteur en philosophie.
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Mort pour quatre chèvres: Le sentiment de l'homme de la rue entre approbation et condamnation
Auteur:  L'Union  | Date: 16 Mars 2005  | Réactions ()
Section: Faits Divers  | Source: L'Union

Question sans doute de contexte, une bonne proportion de Librevillois interrogés hier comprennent et considèrent même comme légitime la réaction des victimes des cambriolages. Mais pour d'autres, l'Etat de droit s'honore à rendre la justice par les instances prévues à cet effet. Florilège.

Alix-Diane Mfaah- (Stagiaire au CFPP Basile Ondimba) «Je pense qu'il appartient à la justice de faire son travail étant donné que nous sommes dans un pays. De droit. Mais, si la popu lotion de Nzeng-Ayong a agi ainsi, cela prouve à suffisance que cette justice, à un moment donné, ne remplit pas sa mission. Ceux qui sont coupables de braquage dans nos différents quartiers, sont souvent libérés quelques jours après leur arrestation. Je crois que c'est à ce niveau r chacun se fait soi-même sa justice. Toutefois, je réaffirme que nous sommes dans un Etat de droit. »

Dither Megnié (Habitant de Nzeng-Ayong) : « Les populations de Nzeng-Ayong victimes de vols en permanence, sont obligées de se faire justice elles-mêmes. Tout simplement parce que, chaque fois qu'on arrête un bandit et qu'on le conduit au commissariat, celui-ci se retrouve immédiatement dehors. Et lorsque le malfrat revient chez vous, il se prépare en conséquence, soit avec ses amis, soit avec des armes. Je pense que c'est la meilleure façon de réagir pour nous les habitants des bas quartiers pour où il n'y a pas d'agents des forces de l'ordre.»

André Devernard (Agent comptable): «En principe, il n'est pas normal de se faire justice soi-même. Mais, lorsqu'on vous met le dos au mur, vous êtes obligé de réagir, comme l'ont fait les riverains de Nzeng-Ayong. Tour faire face à l'insécurité qui persiste dans la colle de Libreville, les autorités doivent mettre en place un encadrement permanent. La police et la gendarmerie doivent être proches de la population. Une ville comme Libreville, avec .six arrondissements, ne doit pas seulement avoir une police municipale au compte de la marrie centrale. Pourquoi cette police ne peut pas aussi exister dans les arrondissements . Il fout obligatoirement mettre à la disposition des mairies d'arrondissements ces mêmes forces de l'ordre pour assurer la sécurité des biens et des personnes dans les différents quartiers ou sévit plus d'insécurité. Ces derniers doivent avoir à leur disposition des véhicules pour se déplacer jour et nuit, faire des rondes dans les bas quartiers, en voiture comme à pieds. Par ailleurs, le vrai bandit est toujours en règle. Il est dans une belle voiture, bien habillé, mais il attend le. moment propice pour opérer. »

Eric Moussinga (Enseignant à l'université) : «je pense que dans un Etat de droit, la question .de la justice relève des instances judiciaires. Tout ce processus est accompagné par une activité claire en matière de police, de gendarmerie, etc. En arriver donc à ce cas de figure où les gens se font justice eux-mêmes, est une façon d'avaliser plutôt l'anarchie. Je pense qu'on est dans un Etat organisé. Il va falloir que désormais les uns et les autres prennent leurs responsabilités. On peut aussi comprendre qu'on ne doit pas seulement analyser ce qui est arrivé aujourd'hui à Nzeng-Ayong. Les populations se rendent compte d'une certaine léthargie des forces de-l'ordre. Cette manière réagir interpelle les autorités compétentes, qui sont en mesure de résoudre ce genre de problèmes et d'appliquer la loi. »-

Clément Medene Obiang (Bénévole au parking, de Mbolo) : « Je donne tout à fait raison aux habitants de Nzeng-Ayong d'agir de la sorte. Parce qu on ne peut pas continuer à agresser, à tuer impunément des personnes dans une ville où on ne vit plus tranquille. Nous n'arrivons même plus à bien dormir chez nous. Et je pense que ce qui est arrivé d Nzeng-Ayong permettra aux autres quartiers de suivre cet exemple. Ce que nous, populations, regrettons, c'est le fait de revoir ces meures bandits dans la ville 48 ou 72 heures après leur arrestation, en dépit du fait qu'ils ont été remis aux forces de l'ordre.

Si la population est maintenant dépassée, c'est normal qu'elle agisse de cette manière. La loi n'étant plus appliquée dans notre pays, tout simplement parce qu'il y a trop de corrompus, il est temps que chacun de nous fasse ce qu'il peut dans son quartier»

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