Jean, un jeune compatriote d'une trentaine d'années, a été battu à mort par des jeunes qui l'ont surpris en flagrant délit de vol de bétail à l'école publique de Nzeng-Ayong,4.
IL voulait voler les chèvres du directeur de l'école publique de Nzeng-Ayong 4, mais il l'a payé de sa vie. Jean, un jeune compatriote d'une trentaine d'années et dont le patronyme n'a pas été identifie, a été bastonné mortellement par des jeunes qui l'ont surpris en flagrant délit de vol sur bétail, en compagnie de son ami Rodrigue Mouélé, un autre compatriote de 23 ans. Ce dernier s'en est tiré avec des blessures graves.
Selon les témoignages du jeune Rodrigue Mouelé, le survivant, tout a commencé lundi dernier. A midi, Jean qui habite le quartier Plaine-Orety, débarque à Mbolo. En baguenaudant à l'a devanture de l'hypermarché, il rencontre le petit Mouélé, une vieille connaissance. Les deux compères abordent les problèmes liés à leur vécu quotidien à Libreville. Rodrigue Mouelé informe son acolyte qu'il gagne sa vie comme laveur de voitures et vendeur de babioles.
Après avoir écouté religieusement celui qu'il considère comme son petit frère, en raison de leurs on es ethniques communes, Jean propose une alternative à ce dernier pour gagner un peu plus d'argent. J'ai un business important. Si ça marche, on aura assez de pognon aujourd'hui. Je ne peux pas t'en dire plus pour le moment. Attends le soir. Mais il' y aura du bon », dit-il.
Appâté, Rodrigue Mouélé décide défaire route avec son camarade. Toits deux passent tout l'après-midi ensemble, en attendant ce qu'ils considèrent comme un sésame. Quelques heures vont encore s'écouler avant que la nuit ne tombe sur la capitale.
Jean laisse toujours planer le suspense et Rodrigue se demande bien de quoi il peut être question. A la tombée de la nuit, il -invite le petit Mouélé à l'accompagner au quartier Nzeng-Ayong. Ils empruntent alors un taxi qui les laisse aux feux tricolores ,situés à l'entrée de cette agglomération. Estimant qu'ils ont encore assez de temps devant eux, les deux compagnons décident de rallier le carrefour "GP" à pied. Rodrigue Mouélé, qui habite le PK 12 ne regrette pas de rentrer tout droit chez lui. Bien que n'étant pas fixé sur la nature du business payant dont lui a parlé son camarade, le Jeune homme jubile â l'idée' de savoir qu'il rentrera avec un peu d'argent chez lui. Car, en ce milieu de mois, il tire le diable par la queue.
Une proposition à même de lui rapporter un peu de sous ne peut donc qu'être la bienvenue. Après un quart d'heure de marche, les deux amis arrivent au célèbre carrefour GP. Il est plus de 20 h. En attendant l'heure propice à leur business, les deux amis traînent d'abord dans un bar appelé "New Jack". Question de passer le temps.
Jean commande une bière. Son compagnon; lui, prend un jus de fruit. Las du suspense, Rodrigue demande à Jean de quoi il est réellement question. Mais ce dernier. s'abstient de lui dire la vérité, estimant que le lieu n'est pas approprié pour de telles confidences. «C'est un business important dont on ne peut pas parler ici. Pourquoi t inquiètes-tu ? Il y aura du bon. Je ne peux pas t'emmener ici pour rien» lui aurait-il simplement déclaré.
Le jeune homme de 23 ans décide donc d'attendre encore. Mais au fur et à mesure que le temps passe, son coeur bat la chamade. Il commence à se poser des questions. II ne comprend pas ce élire de transaction rentable qui se passe â une heure aussi tardive.
JUSTICE POPULAIRE • À 23 h, la gérante du bar annonce la fermeture imminente du bar et invite ses derniers clients â vider leurs verres car il se fait tard. Jean et Rodrigue se plient à l'injonction après avoir vidé leurs bouteilles,ils paient leurs consommations et se retirent. «Nous allons maintenant nous rendre à l'école publique de Nzeng Ayong 4. C'est la-bas qu'il y a le business dont je t'ai parlé. Il s'agit de quatre chèvres que nous attraperons pour aller les revendre à quelqu'un que j'ai contacté », explique Jean-Mouelé.
A l'annonce de cette opération malhonnête, Rodrigue marqué un arrêt et fait part de son doute quant au succès de l'opération. «J'ai peur qu'on, nous attrape» marmonne-t-il. Mais jean dissipe ses craintes. Arrivés à l'entrée de l'école publique de Nzeng-Ayong 4, les deux acolytes s'immobilisent pour s'assurer qu'il n'y a aucune présence humaine. A cette heure de la nuit, le logement du directeur n'est plus qu'une masse ri grisâtre noyée dans la pénombre. Il ne donne aucun signe de vie.
Après avoir jeté un regard inquisiteur aux alentours, les deux camarades escaladent la barrière et s'infiltrent dans la concession scolaire.
Ils montent à l'étage et s'assoient dans une salle de classe pour dérouler les cordes avec lesquelles ils entendent attacher lès chèvres. Jean avait prévu le déroulement de l'Opération à 2 h du matin, lorsque tout le voisinage serait endormi. Il sait que le moindre cri des bêtes peut réveiller leur propriétaire et l'amener à sortir voir ce qui se passe.
Pourtant, à cette heure de la nuit, des jeunes gens veillent encore dans la concession voisine. Ils ont vu les deux filous escalader la barrière de l'école et suivent leur moindre mouvement. A mesure que le temps passe, les "vigiles" se rapprochent de l'établissement pour en savoir un peu plus.
Jean et Rodrigue descendent pour aller attraper les chèvres dans l'enclos qui jouxte le bâtiment scolaire. Ne sachant pas qu'ils sont épiés, ils s'infiltrent, munis de leurs cordes. L'exiguïté de l'espace leur permet de mettre facilement la main sur une chèvre. Mais celle-ci ne se laisse pas faire. Elle se débat et ses bêlements incitent les guetteurs à agir.
Quelques-uns se postent au portail de l'école et d'autres y pénètrent pour aller débusquer les voleurs. Acculés puis maîtrisés, jean et son acolyte reconnaîtront qu'ils étaient venus attraper les chèvres pour aller, ensuite, les revendre à un particulier. La sentence de la justice populaire ne s'est pas faite attendre: les deux compères ont été roués de coups par les riverains. Jean a succombé à la bastonnade, tandis que Rodrigue s'en est tiré avec des blessures. Il a été immédiatement conduit dans une unité sanitaire de la place pour suivre des soins intensifs. Quant au meurtre, la police judiciaire a ouvert une enquête pour démasques les auteurs de cet acte répréhensible.