Ghislain Loubouga, un jeune compatriote dune trentaine d'années, a envoyé ad patres sa compagne Adeline Ngani qu'il soupçonnait de sortir avec son cousin.
GHISLAIN LOUBOUGA, un jeune compatriote dune trentaine d'années, résidant à Mandji, chef-lieu du département de Ndolou, vient de commettre un crime passionnel. Avant-hier, il a abattu sa concubine Adéline Ngani, à l'aide d'un fusil à double canon scié. Le jeune homme accusait sa partenaire d'entretenir une relation amoureuse avec son cousin Péter Dikoumba. Digérant mal ce qu'il considérait comme une trahison, le concubin jaloux n'a donc pas trouvé mieux que d'abattre sa compagne, âgée aussi d'une trentaine d'années.
Selon les proches du meurtrier, tout a commencé vendredi dernier à 16 heures. Ce jour-là, Ghislain Loubouga débarque au domicile familial, sis au quartier Miguébi, en face de la cité de leu le général Ismaël Mpira. II y trouve son père Albert Mouguiama, sa mère Thérèse Moutsikki, son cadet Cédric Louémba et sa compagne Adeline Ngani. II prend place et entre ex abrupto dans la discussion en cours. II est seize heures ce vendredi 1er avril. Sentant la faim le tenailler, le jeune homme décide d'aller acheter une boîte de conserve en ville, qu'il revient consommer à la maison familiale. Peu après, il entre dans la chambre. Un moment, le jeune homme qui présente quelques signes de fatigue due à la consommation abusive d'alcool décide de se reposer un peu pour se requinquer. Mais il ne parvient pas à s'endormir. En fait, des idées lancinantes naissent et s'entrechoquent dans sa tête. Un instant, il se relève, s'asseoit sur le lit pour méditer. A quoi songe t-il ? Depuis quelque temps, le devenir de son union avec Adéline Ngani le turlupine.
Il soupçonne cette dernière d'entretenir une relation amoureuse avec son cousin Peter Dikoumba, fraîchement venu de Libreville. Depuis l'arrivée du citadin, Ghislain Loubouga ne dort plus du sommeil du juste. La nuit, il lui arrive de quitter son lieu de travail, situé à l'autre extrémité de la ville, pour, aller épier sa concubine. Même sil ne l'a pas encore trouvée avec Peter Dikoumba, est convaincu que sa compagne le trompe avec son propre parent. La moutarde lui montant au nez, il se résout à renvoyer Adéline Ngani dans leur village commun de Kanana, situé à 10 km de Mandji. « Ramasse tes effets et fous le camp de chez moi. tu es une prostituée! Je ne peux plus supporter cela », dit-il à sa compagne.
FUSIL DOUBLE CANON• Devant le flegme de cette dernière, il décide lui-même de sortir ses effets. Mais ses parents se montrent réfractaires à cette décision. Une attitude qui ne contribue qu'à l'énerver davantage. Résolu à en finir avec sa partenaire, Ghislain Loubougayrend une machette et tente d'aller frapper sa concubine. Mais son cadet Cédric Louémba s'interpose. Il réussit à arracher l'arme blanche et à ramener son frère à la raison. « Il faut éviter les problèmes. Situ ne veux plus d'elle, laisse-là partir chez ses parents. Ne lui fais pas du mal » , dit-il, emboîtant ainsi le pas aux parents. Las de conseiller leur fils furieux, Albert Mouguiama et Thérèse Moutsiéki ne disent plus mot.
Revenu à de meilleurs sentiments, Ghislain Loubouga quitte le domicile familial pour rallier son lieu de travail à la Cité Bâ Oumar. II emprunte la petite bretelle qui passe par le Collège Théodore Kwaou, laquelle paraît le chemin le plus court. Tout en marchant; le jeune homme monologue et médite sur le sort à réserver à celle qui l'offense. « Cette sal...là me sentir demain », menace t-il. Quand il arrive à la résidence dont il assure la garde, le jeune homme sort une chaise et va s'asseoir au pied des arbres fruitiers plantes dans la concession où il a l'habitude de veiller et même de passer la nuit. Peu après,il s'assoupit, exténué. Le lendemain matin vers dix heures, il décide d'entreprendre une promenade intra muros.
Il prend la direction du quartier Nyambi et va s'asseoir dans un bar pour siroter allègrement du vin. Le temps passe sans qu'il ne s'en rende compte. A midi tapant, il retourne à la Cité Bâ Oumar, les yeux rouis par l'alcool et les traits tirs. Une fois arrivé dans l'appartement dont il assure le gardiennage,Ghislain Loubouga entre dans une pièce, prend un fusil double canon scié et une cartouchière remplie de munitions qu'iLenfourne dans une sacoche. Que veut-il faire avec ces équipements ? S'est-il résolu à aller à la chasse ? Rien n'est moins sûr. En réalité, Ghislain Louboug veut aller abattre sa concubine qu'il accusé d'infidélité. Sa sacoche à l'épaule, le jeune homme gagne à pied la résidence familiale.
CORPS CRIBLÉ DE BALLES * II est quatorze heures ce samedi 2 avril 2005. Un soleil de plomb darde ses rayons sur la ville atone. Toute l'énergie qu'il a déployée pour parcourir 1,800 km le fait transpirer à grosses gouttes. Après les salutations d'usage il va déposer sa sacoche dans la chambre polir que les siens ne remarquent pas la présence de l'arme qu'il dissimule. Quand il en ressort; il va s'asseoir à côté de son cadet Cédric Louemba. Celui-ci n'hésite pas à demander à son aîné des explications suite au comportement inhabituel affiché la veille. «
Te souviens-tu encore de ce que tu as fait hier ? Il ne faut plus agir de la sorte », lui dit le petit, Louemba. A ce moment, la tension monte d'un cran.
Ghislain Loubouga se lève et tonne. « C'est vous tous-là qui soutenez cette prostituée-là dans ses bêtises. Elle va se faire coucher partout et vous voulez que je la garde encore ici. Vous allez voir ça aujourd'hui ! »,. menace-t-il. Le jeune homme entre aussitôt dans sa chambre et sort le fusil et les munitions qu'il a emmenés. Revenu au salon, il se met à armer le flingue. Devant la menace qui pèse sur eux, Albert Mouguiama, Thérèse Moutsiéki et toute la maisonnée décampent aussitôt. Mais le jeune homme réussit à ouvrir le feu sur sa concubine. Touchée au niveau de la jambe gauche, Adeline Ngani s'écroule avant de se relever et d'aller se réfugié dans la maison d'une voisine. Résolu à l'irréparable, Loubouga la poursuit jusque dans chambre où elle s'est cachée sous un lit. Il l'achève alors de deux coups de fusil à l'épaule gauche et à la poitrine.
PSYCHOSE• Après avoir commis son forfait, le jeune homme prend la poudre d'escampette et va se réfugier dans la forêt qui jouxte la cité de feu le général Ismaël Mira où . a décidé d'en découdre avec tous les passants. Informés, les éléments de la brigade de gendarmerie de Mandji se sont rendus sur le lieu du drame. Mais ils n'ont trouvé qu'un corps criblé de balles, gisant dans une mare de sang ainsi que des douilles de cartouches à chevrotines. Ce crime passionnel a provoqué une véritable onde de choc à travers la petite ville. La famille de la victime a décidé de venger celle-ci. Le pire est à craindre. Car, le criminel a promis d'abattre plusieurs personnes. Devant cette menace, les Manois restent cloîtrés chez eux. Depuis samedi après-midi, la vie Y tourne au ralenti. Les habitants qui vivent dans la psychose depuis lors ne se rendent plus à leurs champs de crainte de tomber sous les balles de Ghislain Loubouga
Les proches de l'assassin disent n'être pas surpris par son acte. Car, soutiennent-ils, le jeune homme entretenait des, relations tumultueuses avec sa compagne. Le 16 août dernier, il l'avait sauvagement battue au point de l'envoyer dans un coma profond. Elle n'avait dû son salut qu'à la diligence des médecins d'une uni#é sanitaire de la capitale où elle avait été aussitôt évacuée. De même, ils soutiennent que le criminel consomme régulièrement du chanvre indien, lequel le rend souvent irascible et violent. Les populations de Mandji espèrent qu'il sera vite neutralisé par les forces de sécurité afin de leur permettre de continuer à vaquer librement à leurs occupations. Mais cette mission s'annonce difficile au regard du manque de moyens dont souffrent les trois gendarmes en service à Mandji. Au moment où nous mettions sous presse, nous avons appris l'arrivée dans la ville de trois autres agents pour tenter de mettre l'assassin hors d'état de nuire.