Ilahou Jean-Claude, l'auteur du crime, actuellement en cavale, a également blessé grièvement par balles, sa concubine, son enfant et un élève gendarme, Doucky Lekosso Rodrigue, qui a réussi à arrêter le carnage, en arrachant l'arme de guerre que détenait l'assassin, une mitraillette de type M 16.
LES riverains du quartier Louis resteront a jamais marqués par le crime commis samedi dernier aux environs de 22 heures, par Jean-Claude Ilahou, Gabonais, révoqué de la Garde républicaine il y a quelques années pour braquages. Nicelle Pomo (23 ans) et Corinne Roubouet (29 ans) ont payé de leur vie, les soupçons de leur beau-frère, qui les accusait de complicité dans l'inconduite de leur sœur, Nicole Azoua, concubine de sieur Ilahou. Ce dernier soupçonnait sa compagne d'entretenir des rapports coupables avec son neveu.
Vendredi 26 mars denier à 21 heures, alors que les chrétiens, se rendaient dans les églises pour la veillée pascale, et le quartier Louis en pleine effervescence, Rodrigue Doucky Lekosso élève gendarme, qui se trouvait aux alentours de la statue de Mgr Raponda Walker, est interpellé par trois jeunes femmes. Dames Pomo, Roubouet et Azoua lui font savoir que l'une d'elles à savoir: Nicole Azoua, était en danger.
Le gendarme remarque aussitôt que le visage de cette dernière est tuméfié. A la question de savoir ce qui s'était passé, il apprend que dame Nicole Azoua a été victime, la veille, de violence de la part de son concubin. Le gendarme remarque d'ailleurs qu'elle saigne au niveau de l'oreille droite. Corine Roubouet et Nicelle Pomo expliquent au gendarme que leur soeur serait partie de son domicile conjugal, situé à Belle-vue, il y a deux jours, pour fuir un tant soit peu, la colère et la violence de son compagnon qui la soupçonne d'entretenir des rapports intimes avec son neveu.
En fuyant, Nicole Azoua laisse à Belle Vue les quatre enfants qu'elle a eus avec son concubin durant les dix ans de leur vie commune, espérant rejoindre son foyer aussitôt la sérénité revenue. Elle va se réfugier chez l'une de ses soeurs, au quartier Louis. Mais très vite, Jean-Claude Ilahou retrouve la trace de sa dulcinée. Quelques heures plus tard, le militaire révoqué ira déposer les quatre enfants chez leur mère, tout en promettant d'y revenir pour en finir avec sa dulcinée et ses soeurs.
C'est donc parce qu'elles craignent pour leur vie, a expliqué Rodrigue Doucky Lekosso sur son lit d'hôpital, que les trois femmes ont sollicité la protection du militaire pour les accompagner au camp de gendarmerie de Gros-Bouquet, afin d'y porter plainte contre Jean-Claude Ilahou, pour coups et blessures volontaires sur Nicole Azoua. Ce que l'agent de sécurité accepte.
Résidant également dans Les environs du quartier Louis, le gendarme se charge de raccompagner les trois soeurs chez elles, de retour de Gros Bouquet, avant de poursuivre son chemin par la suite. Mais l'ancien garde républicain qui avait promis, la veille, de revenir pour en finir avec la famille de sa concubine, se trouvait déjà sur les lieux; prêt à commettre son forfait.
ARME DE GUERRE. Portant un manteau sous lequel il avait dissimulé une mitraillette de type M16, il va se poster contre un mur et attendre le retour des trois soeurs. «Il les croyait sorties pour des ballades nocturnes», nous a dit un membre de la famille des victimes, rencontré sur le lieu du drame.
La surprise de Jean-Claude Ilahou sera grande quand, aux environs de 22 heures, il entre dans la concession et trouve sa concubine et ses soeurs, accompagnées du gendarme. Jaloux invétéré, son sang ne fera qu'un tour. Il sort rapidement sa mitraillette et tire, à bout portant, sur Nicelle Pomo et Corine Roubouet, ses deux belles-soeurs. Sous la décharge, celles-ci s'écroulent et meurent sur-le-champ.
Au moment ou il tente de diriger le canon de son arme vers sa compagne, le jeune gendarme interpose, mais l'ancien garde républicain, un repris de justice qui a déjà séjourné à deux reprises en prison, réussit à tirer une balle au niveau de la cheville de sa concubine. Dans le même temps, l'in des fils du couple est également atteint au bras.
Dans la lutte qui s'ensuit entre le jeune gendarme, qui tente de désarmer J.C. Ilahou; l'agent de sécurité est touché par deux balles, l'une à l'épaule et l'autre au bras droit. Mais. il réussit toutefois à vider le chargeur de la mitraillette et finalement à se faire. arracher l'amie de guerre. Arès avoir commis son forfait, J-C. Ilahou prend la poudre d'escampette, à bord de sa voiture de couleur blanche, sans immatriculation, selon les parents de sa concubine. Jusqu'à hier, le meurtrier, activement recherché par les forces de l'ordre était toujours en cavale.
Ce drame, un de plus dans notre pays, même s'il traduit un fait passionnel, n'en est pas moins le résultat d'une légèreté dans la gestion de l'arsenal militaire de nos forces de sécurité. D'autant qu'on ne peut pas comprendre qu'un agent révoque de son corps puisse être en possession d'un qui plus est, une arme de guerre. Toute chose qui participe à la montée en puissance de l'insécurité.