Jeudi dernier, Eric Edou Ebang et Ibrahim Aboubakar, tous deux âgés de douze ans, élèves à l'Ecole pilote, ont été retrouvés morts respectivement à la plage située en face de l'Intercontinental Okoumé Palace et de celle appelée "Tropicana". Les corps de ceux adolescents présentaient des signes mutilations. Cinq jours après le crime crapuleux, les auteurs de ceux-ci sont toujours introuvables. Une enquête menée auprès des familles des victimes nous a permis de reconstituer les derniers moments de leur vie.
MERCREDI 2 Mars 2005. Il est 7h30 mn du matin. Le petit Eric Edou Mba arrive à son école, accompagné par son père Jea Elvis Ebang Ondo et sa mère Esther Nfoumou Mba, dans leur Toyota Corolla. En le déposant, la mère remet la somme de 500 francs à son fils pour acheter sa glace pendant récréation et prendre le taxi à midi pour rentrer à la maison. Sans le savoir encore, le couple venait de voir son enfant pour la dernière fois. Muni de son sac, le petit Eric franchit le portail et s'élance pour rallier la cour de l'établissement où jouent déjà ses condisciples, en attendant le début des cours.
Comme chaque matin, il préfère se rejoindre à son camarade Ibrahim Aboubakar, arrivé un peu plus tôt avec ses deux sœurs Salma et Balkis, son frère cadet Ousmane et ses neveux Garba, Youssouf et Baba. Eric habite Alibandeng tandis que son compagnon Ibrahim, lui, vit à Batavéa. Très souvent, son camarade arrive à l'école avant lui du fait de la proximité de son domicile. Huit heures sonnent et les deux enfants entrent en classe pour suivre les cours, comme tous autres leurs élèves de l'Ecole Pilote. Le fait de s'asseoir sur un même banc renforce leur camaraderie et leur permet de faire discrètement de petits jeux intimes. Ce mercredi, un ardent soleil darde ses rayons sur la capitale. Le temps passe lentement.
INVITATION•A midi tapant, Eric et Ibrahim sortent de la classe. Le premier décide d'accompagner le second à son domicile pour ressortir ensemble. Ils ont projeté de sortir dans l'après-midi pour répondre à une invitation dont ils n'ont pas informé leurs parents respectifs. En arrivant à la maison a Batavéa, Eric reste chez Diallo, l'épicier du quartier, en attendant le retour de son ami parti changer de tenue et déposer son sac d'école. Aïssata Bouka, la mère d'Ibrahim, a pré paré du riz et de la viande, qu'elle propose à sa progéniture, de retour des cours. Mais tous les enfants boudent le menu du jour, préférant du pain au chocolat. Leur tante Aicha Bouka cède à leurs objurgations en leur donnant de l'argent pour acheter des morceaux de pain au chocolat.
La jeune fille, âgée d'une vingtaine d'années, sort un billet de cinq mille francs et, décide d'envoyer Ibrahim lui acheter du riz tchieb au restaurant afin d'obtenir la monnaie qu'il leur remettrait pour acheter le pain au chocolat qu'ils réclament. Le petit garçon boude, relevant que son camarade piaffe d'impatience chez l'épicier du quartier. «Ton ami est-il plus important que moi ? Va m'acheter ce que je t'ai demandé !» tonne Aicha. L'enfant obtempère. Une fois le riz tchieb acheté, Ibrahim récupère la somme qui lui revient et donne le reste ainsi que le plat à Baba qui l'a accompagné au restaurant. Comme tous les mercredis, il n'a pas cours dans l'après-midi. Ce qui lui permet ainsi d'accompagner son camarade Eric à Alibandeng et de répondre à la fameuse invitation qui leur a été faite.
Une fois devant le domicile de son camarade, l'adolescent s'immobilise devant le portail. En fait, il ne voudrait pas être vu par les parents d'Eric qui se sont toujours montrés réfractaires aux visites des enfants étrangers à la famille. Il est quinze fleurés, ce mercredi 2 février. A la vue de son fils, Esther Nfoumou Mba demande à ce dernier pourquoi il rentre si tard à la maison. « On m'a volé mon argent de taxi en classe. J'ai été obligé de marcher jusqu'au niveau des Affaires étrangères », répond t-il à sa mère. En réalité, il a perdu du temps en accompagnant son camarade chez lui. Mais la mère avale ce mensonge sans broncher. Quelques minutes vont encore s'égrener avant que l'enfant ne sorte subrepticement par la porte de derrière. Il rejoint son camarade resté devant la maison et l'emmène chez son oncle André Minko. Il est un peu plus de quinze heures et la faim tenaille les deux enfants.
MENACES • Eric entre dans la cuisine du cadet de sa mère. Il y trouve du riz et de la viande préparés. Il se sert, fait la table et mange en compagnie de son condisciple. Le repas terminé, les deux enfants débarrassent la table et balaient le salon. Pendant ce temps, André Minko prend sa douche. Il s'apprête à aller à la répétition de la chorale dont il fait partie. Quand il est prêt à sortir, il montre aux enfants comment fermer la porte au moment de s'en aller. Eric suit attentivement les consignes. «Fais-vite, on va partir» lance Ibrahim. A 17h 30, les adolescents quittent la maison d'André Minko après avoir fermé tous les volets et toutes les portes. Ils se dirigent vers le lycée d'Etat où ils vont s'asseoir à l'ombre des sapins plantés en face de l'établissement. C'est là qu'on les verra vivants pour la dernière fois. Intriguée par la présence des deux enfants sur ces lieux, Sylvie Eyang, la tante d'Eric, qui travaille au Camp de Gaulle ne s'est pas privée de leur poser des questions.
Mais ils lui donné une réponse évasive. Pourtant des menaces pesaient sur eux. Le lendemain matin, les deux élèves de l'Ecole pilote ont été retrouvés morts respectivement à la plage située en face de l'hôtel Okoumé Palace et à celle appelée "Tropicana". Le corps du petit Ibrahim présentait de signes de mutilation. L'appareil génital et sourcils prélevés, langue, oreille droite, lèvres coupées, tandis que celui d'Eric était vidé de son sang. Ce double crime crapuleux pose derechef le problème de l'insécurité qui règne à Libreville. Les plages de la capitale notamment sont devenues de véritables coupe-gorges. Un jour après l'assassinat des deux adolescents, une autre fille du collège Quaben y aurait été envoyée ad patres dans les mêmes conditions.
Un enfant meurt calciné au PK 7
UN incendie d'une rare violence, a consumé une maison d'habitation au PK 7, a tué un enfant d'à peine 3 ans. L'infortuné est mort calciné par les flammes, qui ont tout dévasté sur leur passage. Selon la mère de la victime, une certaine Mireille, elle avait enfermé son enfant dans la chambre à coucher et est sortie prendre un verre dans un bar tout proche.
A son retour, elle n'a eu que ses yeux pour pleurer devant la violence des flammes, qui ont littéralement tout brûlé dans la chambre à coucher où se trouvait l'enfant. Elle a tout de même reconnu qu'elle venait d'acheter une bougie qu'elle a laissée sans l'allumer dans la chambre où dormait la jeune victime.