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Un officier de la Garde républicaine tué aux charbonnages
Auteur:  L'Union  | Date: 18 Février 2005  | Réactions ()
Section: Faits Divers  | Source: L'Union

L'adjudant-chef major Gustave Ngouénini a été abattu alors qu'il se portait au secours de sa sœur, agressée à domicile par des bandits.

IL voulait sauver sa sœur qui était en danger, et l'a payé de sa vie. L'adjudant-chef major Gustave Ngouénini, de la Garde républicaine (GR) a été abattu froidement par deux bandits, entrés par effraction dans la maison de Mme Honorine Obagayélé, une employée de LeRoy Gabon et sueur de la victime. Les criminels ont tué l'officier après avoir détroussé leur victime.

Selon les témoignages des proches du disparu, les faits remontent à hier vers 3 h du matin. Deux individus opérant à visage découvert et munis respectivement d'un fusil calibre 12 et d'un pistolet automatique font irruption au domicile d'Honorine Obagayélé, sis derrière le "Lac Bleu", aux Charbonnages. A cette heure avancée de la nuit, le quartier est profondément endormi. Un moment propice pour les braquages. Après S'être assurés que toute la maisonnée dort, les malfrats se mettent à découper les antivols à l'aide d'une scie métallique.

Une fois les barres de sécurité démontées, ils cassent -la vitre pour s'introduire dans la maison. Mais le fracas du verre en tombant réveille Honorine Obagayélé. Vêtue d'un peignoir, la jeune dame sort de sa chambre pour aller voir ce qui passe à la fenêtre. Quelle n'est pas sa surprise d'apercevoir deux hommes armes de fusils de guerre, tentant de s'infiltrer dans son appartement. «Madame, si vous bougez ou dites un mot, je vous abats»,- crie l'un d'eux, en pointant son fusil vers sa tête. Effrayée, par ces menaces, la jeune dame s'immobilise, en tremblant comme. une feuille sous la tornade.

Après avoir jeté un coup d'oeil furtif aux alentours, les malfrats lui intiment l'ordre de les conduire à sa chambre. Pourtant, Honorine Obagayélé a fermé sa chambre à clé avant de sortir. Pour y accéder, les deux bandits défoncent la porte et entraînent leur victime à l'intérieur afin qu'elle leur donne les sous qu'elle y garde.

«Donne-nous tout ce que tu as' comme argent ici», tonne l'un des braqueurs. Mais la jeune dame lui répond qu'elle n'a rien du tout. Une réponse qui ne satisfait pas les voleurs. «Prends le sac noir qui est là-bas», dit un braqueur à son acolyte..

Ce dernier s'empare du sac contenant, entre autres, des pièces d'identité de la victime et une somme, de 150 000 francs. Le grabuge fait par les voleurs a fini par réveiller les enfants d'Honorine Obagayélé, qui dormaient dans les chambres voisines. Se sentant en danger avec leur mère, les deux enfants pleurent à haute voix pour attirer l'attention des voisins.

Réveillés par les pleurs de son neveu et de sa nièce, l'adjudant-chef major Gustave Ngouénini décide d'allèr voir ce qui se passe à la maison de sa sueur, en vue de la secourir. Dans une ville devenue un véritable coupe-gorge, les cris nocturnes ont de quoi inquiéter. Après s'être habillé, le militaire prend son fusil calibre 12 et sort de sa chambre. « Ne pars pas, Gustave ! » supplie sa femme, Germaine Epami, inquiète.

VRAI COUPE-GORGE• «Non, j'arrive. Il doit se passer quelque chose chez Honorine. Je ne peux pas croiser les bras. Ce sont les cris de secours de ses enfants», réplique l'agent de la GR. Muni de son fusil; il sort et se dirige vers la maison de sa soeur d'où fusent des cris. A peine a-t-il fait quelques mètres qu'il se trouve nez à nez avec les malfrats qui viennent de commettre un forfait chez la jeune Obagayélé. Sans hésiter, ni réfléchir, l'un deux ouvre le feu sur Gustave Ngouénini.

Ce dernier n'a pas le temps de riposter et s'écroule pour ne plus se relever. Lorsque la jeune dame sort, elle trouve son frère aîné gisant dans une mare de sang. Dans un premier temps, elle ramasse son fusil et le pointe vers les criminels. Mais ceux-ci s'évanouissent vite dans la nature.

Pour essayer de sauver son frère, la jeune dame décide de l'amener à 'hôpital. Mais il rendra l'âme en chemin. L'adjudant-chef major Gustave Ngouénini a reçu une rafale au niveau du flanc gauche. Le sac emporté par les bandits a été retrouvé hier matin dans un bac à ordures de la Société de valorisation des ordures ménagères du Gabon (SOVOG), au quartier Derrière l'Ecole norme supérieure (ENS).

Les braqueurs s'en sont débarrassé après avoir récupéré la somme de 150 000 francs qu'if contenait. II n'y ont laissé que les pièces d'identité de leur victime.

Selon toute vraisemblance, les bandits ont opéré sans véhicule. Ils auraient emprunté la petite passerelle située en face du Lac Bleu après avoir commis leur forfait. Selon Honorine Obagayélé, il pourrait s'agir des nationaux et non d'expatriés comme cela a souvent été le Cas.

Cet assassinat intervient une semaine après celui de l'officier de l'armée de terre, Vincent de Paul Nzigou, abattu lui aussi à son domicile la semaine, dernière. Il pose à nouveau le problème de l'insécurité qui revient au galop dans la capitale et interpelle les autorités compétentes sur la nécessité de mener une action plus résolue et efficiente, afin de sécuriser la première ville du pays, laquelle tend à devenir un véritable coupe-gorge.

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