Spécialisés dans le trafic de faux actes de naissance et passeports, le groupe constitué de Congolais et de Gabonais a été démasqué par les services de la direction générale de l'Emi-Immigration et déférés devant le parquet vendredi dernier.
UNE bande de six faussaires, spécialisée dans le trafic d'actes de naissance et de passeports gabonais et étrangers, a été mise hors d'état de nuire depuis quelques jours, Puis Présentée au juge, vendredi dernier, par les éléments des services de l'Emi-Immigration. Ce coup de filet a été réussi grâce à l'infiltration de la bande par un agent des forces de police nationale qui s'est fait passer pour un démarcheur. Son rôle fictif au niveau de l'aéroport de Libreville consistait à faciliter les formalités d'embarquement des voyageurs, moyennant finances.
Les informations recueillies par cet agent ont permis de tendre une souricière sur le site aéroportuaire, le 9 novembre dernier, vers 23 h. Jour où dame Didine Sandrine Koulone, une Congolaise, devait voyager pour Paris, avec un passeport diplomatique au nom de Mongo Lydie-Florence, une prétendue fille d'un haut représentant personnel du président de la République.
Alors quelle se trouvait déjà en salle d'attente pour le départ, Dame Koulone a été interpellée par les services de l'Emi-Immigration. Interrogée, elle passe rapidement aux aveux en citant ses complices dont la présence discrète sur le site de l'aéroport était déjà signalée, parce qu'ils voulaient s'assurer du départ effectif de leur cliente sur Paris, avec le faux passeport diplomatique gabonais qu'ils lui avaient fourni.
Pris dans l'étau, le concubin de la dame, un Congolais du nom de Mayambika, a reconnu avoir initié des démarches auprès de son compatriote, un certain Fabrice Matoka, en vue de l'établissement d'un passeport diplomatique gabonais, moyennant la somme de 1 million de francs cfa. Seulement, avant l'obtention dudit passeport, l'amant de Didine Koulone avait entrepris d'autres démarches pour l'obtention d'un visa Schengen à sa moitié, cette fois avec un passeport de réfugié.
Comble de malheur pour Mayambika, le dossier a été rejeté par l'ambassade d'Espagne. Nullement découragé, il se rapproche à nouveau de Fabrice Matoka, considéré par les policiers comme le cerveau de la bande, pour l'établissement de trois passeports ordinaires gabonais, sous de fausses identités. Au bénéfice respectivement de son colocataire, Jean Bedel Onganga, actuellement en fuite, de sa concubine, Koulone sous le nom de Manfoumbi Didine Sandrine et, enfin, de lui-même, sous le nom de Jean Daniel Ngoma.
VISAS • Pour l'établissement de ces différents passeports, ils auraient dépensé 1 300 000 Fcfa, sans pour autant que les dossiers de demande de visa Schengen introduits cette fois-ci auprès du consulat de France n'aboutissent.
Matoka Fabrice, alias Claude, qui a reconnu les faits, a toutefois tenté de se disculper, en affirmant avoir agi en complicité avec un certain Papy, activement recherché par les enquêteurs. Celui-ci serait, selon les policiers, l'une des chevilles ouvrières de la production des faux documents saisis.
Si le passeport diplomatique gabonais aurait subi, selon les services de l'Emi-Immigration, une falsification au niveau de l'identité du légitime bénéficiaire, les trois passeports ordinaires gabonais ont été, quant eux, établis à partir des dossiers comportant des fausses attestations d'actes de naissance, entachées d'irrégularités. Lesquelles ont été délivrées par la mairie du 2e arrondissement de Libreville.
Deux agents de cette collectivité locale seraient d'ailleurs impliqués dans cet usage de faux. Ils auraient été contactés par un collègue en service à ,état civil de la mairie du 6e arrondissement de Libreville, agissant au profit de Saint François Mayambika, l'amant de Koulone. Les enquêteurs précisent que le collègue en question aurait imité la signature du maire du 6e arrondissement et fourni des fausses informations sur des volets d'actes de naissance encore vierges, mais déjà frappés du sceau de la mairie du 2e arrondissement. Pour effectuer cette opération, on indique que les agents municipaux indélicats auraient reçu la modique somme de 80 mille francs Cfa, qu'ils se seraient partagée.