Décédé dans la nuit du 12 novembre 2004, l'édile de Makokou a été inhumé dimanche dernier non loin de la tribune de la place de l'Indépendance. Sa tombe et celle d'Alexandre Sambat, ornent désormais cet espace public des fêtes. Récit.
DEPUIS son décès survenu il y a presque deux semaines, à quelques kilomètres de Ndjolé, et ce jusqu'à son enterrement avant-hier, dans sa ville natale de Makokou, la disparition brutale par accident de la circulation à hauteur du pont Alembé, du maire Jean-François Ekouaghé Mba continue d'être sujette à diverses interprétations.
Dans cette ville où la communauté fang, en particulier et le tout Makokou en général, continuent de pleurer un de leurs illustres fils, personne ne semble croire en une "mort naturelle". Tout haut ; on accuse et on pointe un doigt vengeur en direction des conseillers municipaux, à l'origine de la "fronde des 22" qui combattaient et boudaient ouvertement sa gestion au sein du Conseil municipal de Makokou.
Une attitude de tension en sourdine que les différents orateurs qui se sont succédé ont préféré prévenir en prêchant le bien et le bon, demandant à l'ensemble des fils et des filles de la province consternés par la disparition tragique de privilégier en de tels moments de détresse l'unité et la cohésion au lieu d'entretenir la flamme de la haine, dont par ailleurs, personne n'ignore les retombées. Pour le pasteur Emane Minko, président de l'Eglise évangélique du Gabon, les enfants de Makokou, en dépit de leurs différences, sont et resteront jusqu'à la nuit des temps, un et indivisibles.
"Pleurons simplement notre frère au lieu de remuer le couteau dans la plaie en recherchant derrière ce décès un quelconque coupable parce que la mort dans nos traditions. est difficilement naturelle" a conseillé le pasteur.
CALME ET CONSTERNATION • Pourtant, contrairement à ce que d'aucuns redoutaient, c'est dans une atmosphère calme, mais aussi de profond abattement ayant gagné tout Makokou, que Jean-François Ekouaghé Mba a été conduit à sa dernière demeure. Il a été inhumé à quelques mètres de la tribune de la place de l'indépendance. Non loin du mausolée d'un autre illustre fils, feu Alexandre Sambat, qui fut, de son vivant, le principal porte-étendard des Ogivins dans leur ensemble.
La cérémonie d'inhumation, tout comme l'office religieux dans la grande salle polyvalente retenue pour contenir l'assistance nombreuse, s'est déroulée en présence des cadres originaires, dont le gouverneur du Haut-Ogooué, Ndzé Thomas Débouillon.
Pascal-Désiré Missongo et Bernabé Ndaki, en plus du secrétaire général du ministère de l'Intérieur, Lambert-Noël Matha, de l'inspecteur général et directeur général de l'administration et du directeur général de la décentralisation ont constitué le gros de la délégation qui était conduite, au nom du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, et du gouvernement, par lé ministre Clotaire-Christian Ivala, en vue de rendre un ultime hommage républicain à Jean-François Ekouaghé Mba qui laisse derrière lui, un "grand vide difficile à combler", des enfants, mais aussi des parents, amis et connaissances envahis aujourd'hui par un "océan de tristesse et de douleurs".
HOMMAGE. Aujourd'hui, aucun mot, aucune expression ne peut traduire fidèlement l'émotion qui a envahi Makokou, depuis l'annonce de ce décès. " Rassurez-vous, chers parents, cet émoi sans pareil est ressenti au plus haut niveau des institutions de la République, au premier chef desquelles se trouvent le président de la République, le gouvernement et toute la classe politique nationale. Jean-François, des voix silencieuses, plus autorisées que la mienne en cette circonstance rappelleront mieux au fond d'elles-mêmes ce que tu as été comme citoyen, comme fils, comme frère, comme époux et comme ami. Va en paix et puisse Dieu le Tout Puissant t'avoir en Sa sainte garde" dixit Clotaire Christian Ivala.
Bon footballeur, titulaire d'un DEA des sciences sociales, puis d'un DESS en administration des entreprises, études couronnées par un Doctorat, Jean-François Ekouaghé Mba a été aussi un leader politique qui a crée en 1997 l'Union pour la démocratie et la liberté (UDL1 après avoir démissionné du RDP d'Alexandre Sambat, dont il était un des membres fondateurs. Marié, il laisse une veuve et quatre enfants.